CHAPITRE PREMIER
C^BBldémlloBB généralcfli'. Unité morbide de \n paralysie générale.
La paralysie générale des aliénés, folie inflammatoire ou folie paralytique, est une affection inflammatoire de l'appareil cérébrospinal caractérisée anatomiquement par de la méningite, des adhérences cérébro-méningées, du ramollissement de la substance grise, des lésions des vaisseaux et de la substance neigeuse et symptomatiquement par des troubles des facultés intellectuelles, de la parole, par Tataxie des mouvements, un délire ambitieux, mélancolique ou hypochondriaque, des attaques apoplectiformes et épileptiformes, un affaiblissement général et de la démence.
Les lésions que nous étudierons, portant sur un appareil aussi délicat et à fonctions aussi multiples, entraînent des troubles variés.
L'étude de la paralysie générale est tellement complexe que certains auteurs la croient infructueuse.
La paralysie générale, pensent-ils, doit disparaître du cadre nosologique ; c'est un groupe morbide qui doit, pour être bien connu et bien étudié, être dissocié et dont les divei's éléments doivent être étudiés séparément.
« 11 est, disait un des plus savants à un de ses cours, il est aussi peu scientifique d'admettre une maladie méritant le nom d'encéphalite généralisée^ qu'il serait absurde d'admettre une maladie qui atteindrait à la fois tous les organes contenus dans la cavité thoracique : les divei-ses parties de l'encéphale ont en effet des
A. VOISIN. Paralysie. 1
2 CONSIDÉRATIONS GÉNÉIULES.
fonctions aussi différentes que les divers organes contenus dans la cavité Ihoracique. d
Pour ces auteurs, l'encéphalite est destinée à être exclue du cadre nosologique, lorsqu'on connaîtra mieux la physiologie de l'encéphale ; il est réservé à rencéphalile le sort de cette prétendue unité pathologique qu'on appelait la myélite : au fur et à mesure qu'on a mieux étudié ce qui s'appelait autrefois la myélite, on a reconnu qu'il y avait lieu d'étudier séparément l'inflammation des cordons postérieurs, celle des cordons antérolatéraux, celle des cellules antérieures de la substance grise; bref, on a de plus en plus restreint le cadre de la myélite, et, à force d'élaguer, on a fini par ne plus avoir qu'un tronc informe destiné sans doute lui-même à subir encore des 'morcellements.
En est-il bien de même relativement à l'encéphalite? Nous ne le croyons pas, et voici pourquoi. Les lésions inflammatoires de la moelle ont une tendance spéciale à se localiser et à prendre domicile dans tel ou tel segment de l'organe en laissant les autres intacts , tandis que ce processus s'observe d'une façon beaucoup moins nette dans les cas de lésions inflammatoires de l'encéphale; dans l'encéphale en effet le processus est plus diffus, quelquefois toutes les parties de la masse encéphaHque sont, et de prime abord, le siège d'une violente congestion ; il se fait dans tous les vaisseaux un raptus sanguin, qui est même quelquefois assez violent pour amener une mort prompte ; c'est ce que Calmeil désigne sous le nom de congestions encéphaliques intenses à durée temporaire. Le plus souvent, il est vrai, la lésion initiale n'est pas aussi diffuse, et nous démontrerons qu'au début là fluxion peut être localisée, mais elle ne reste pas longtemps à la même place: elle a la mobilité qui caractérise tous les phénomènes fluxionnaires, elle quitte un département du cerveau pour en atteindre un autre et ensuite revenir à son point de départ, si bien que tous les segments de la masse encéphalique peuvent être le siège de cette fluxion initiale. Et quand la lésion prend définitivement domicile, il est bien rare qu'elle n'ait pas atteint ou effleuré les diverses parties de l'encéphale : de là, la variété et la variabilité des symptômes. Il est impossible de rapporter à tel ou tel sié>ge anatomique les troubles fugitifs qu'on observe dans le cours de la paralysie générale ; il est impossible de dissocier ce qui est uni par la