‹ Traité de la paralysie générale des aliénés [electronic resource]Chapitre 16 sur 137 · ARTICLE PREMIER · texte numérisé non relu

ARTICLE PREMIER

DES TROUBLES SOMATKjUES.

Les quatre séries de symptômes que nous avons étudiées tout spécialement à cause de leur importance majeure au point de vue du diagnostic, dans la première période, perdent cette importance lorsque la paralysie générale en est arrivée à son second degré, et ceci pour trois raisons : c'est d'abord parce que ceç quatre ordres de symptômes, qui étaient presque constants à la première période, ne le sont plus à la seconde; ainsi la fièvre ne se montre plus à la seconde période avec les caractères que nous lui avons assignés. C'est, en outre, parce que ces manifestations, quand elles subsistent à la deuxième période, deviennent tellement évidentes qu'il n'y a pas besoin d'appeler longuement sur elles l'attention de l'observateur. Ainsi, l'embarras de la parole atteint un degré tel, à la deuxième période, qu'il se fait immédiatement remarquer.

Une troisième raison qui fait que les quatre ordres de symptômes précités perdent de leur valeur relative, c'est que les symptômes que nous avons appelés « accessoires ï>, continuant. à s'accentuer, finissent, à leur tour, par acquérir une importance majeure.

C'est ainsi que la paralysie uni-latérale, que le tremblement des membres peuvent atteindre un degré considérable.

Chacun des symptômes que nous avons appelés « accessoires » peut, à la deuxième période de la maladie, prédominer d'une façon notable ; chacun d'eux peut môme atteindre une importance suffisante pour mériter le nom de complication.

dIO SYMPTOMES m tA DEUXIÈME PÉRIODE.

C'est ce que nous verrons plus loin.

De sorte que tel symptôme , qui est prédominant chez M. A..., peut être au deuxième plan ou môme ne pas exister chez M. B...

Il en résulte qu'il est impossible de tracer un tableau de la paralysie générale, à la deuxième période, qui puisse s'appliquer à tous les cas, ou même à la majorité des cas; aussi est-ce au lit du malade qu'il faut étudier, si l'on veut bien connaître la deuxième période.

Nous n'essayerons donc pas de tracer le tableau de la maladie, qui a été fait par presque tous les auteurs classiques ; nous nous contenterons de faire une analyse assez détaillée des diverses manifestations qu'on peut rencontrer.

1" Altérations de la sensibilité générale et spéciale. — a. Anesthésie et hijperesthésie. — D'après quelques auteurs, l'anesthésie qui existe quelquefois au début disparaît graduellement à mesure que l'affection fait des progrès. Suivant M. LasègUe, il n'en est rien et l'anesthésie peut se renconlj-er aussi bien à la seconde qu'à la première période.

De même l'hyperesthésie s'observe à la deuxième période au moins aussi souvent qu'à la première ; elle est rarement générale; elle a pour siège non-seulement la peau, mais encore les muscles et les viscères, et elle est l'origine de certaines conceptions hypocondriaques. C'est à elle qu'il faut attribuer l'irritation génitale qui porte certains malades à des pratiques d'onanisme effréné.

Elle est surtout en rapport avec l'hyperhémie des méninges spiiKîles postérieures, qui donne lieu à des produits de nouvelle formation dont la présence irrite et comprime les racines spinales postérieures. La sensibilité électro-musculaire est intacte, tant qu'il n'y a pas de ramollissement de la moelle.

h. Douleurs et névralgies. — Comme nous l'avons vu, elles sont fréquentes à la première période, à la période intermédiaire, et même à la période prodromique, disparaissent d'habitude, lorsque la maladie arrive à la deuxième période. Seule, une céphalalgie fronto-pari étale persiste quelquefois continue, mais peu intense; elle consiste en une sensation dépression et de plénitude due à de la congestion cérébro-méningée.

DES TKOUBLES SOMATIOUES. i\i

II y a probablement à cette période, bien plus encore qu'à la première, des troubles de la conscience muscnlaire et du sens musculaire , mais les malades en rendent difficilement compte.

c. Troubles de la vue, de rouie. — Les sens s'émoussent; la vue

Cochet . .w .NAT . issi.

FiG. 1. — Dilatation et obstruction, par un caillot, de l'artère centrale de la rétine,

surtout s'affaiblit notablement; les contours, les couleurs des objets deviennent moins distincts, il existe de la dyschromatopsie, et quelquefois l'un des yeux perd plus vite que l'autre l'intégrité de ses fonctions.

Les résultats fournis par l'examen ophthalmoscopique n'expli-

quent pas toujours l'amblyopie. C'est ainsi (i) que sur quarante examens que j'ai faits avec M. le docteur Galezowski, deux fois seulement nous avons pu percevoir une atrophie partielle de la papille, entre autres chez une nommée M... (fig. 2) (et l'autopsie

FiG. '2. — l'aralijsie yniérale. — Dilatation aiiévnjsiiiale ile l'artere centrale de la rétine, vue à Vopltlhalmoscope.

AA. Artère centrale de la rétine, P. Papille.

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