‹ Traité de la paralysie générale des aliénés [electronic resource]Chapitre 54 sur 137 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

niagnostic.

La connaissance des symptômes de la pai^^lysie générale, des diverses formes cliniques qu'elle peut revêtir, des complications qui en traversent le cours, peut permettre de reconnaître la para-

lysie générale confirmée, h quelque période qu'elle soit de son évolution ; nous avons aussi insisté suffisamment sur les phénomènes prodromiques et sur ceux de la période intermédiaire qui permettent à un observateur exercé de prévoir l'invasion prochaine de la maladie ; nous n'avons donc pas à insister beaucoup sur le diagnostic proprement dit. -

Nous nous contenterons de répéter que la paralysie générale est caractérisée par deux groupes de manifestations qui coexistent toujours, mais qui peuvent être plus ou moins saillantes : ce sont des manifestations d'ordre psychique et d'ordre somatique.

Causes de la difficulté du diagnostic. — Il est un certain nombre d'affections qui ressemblent plus ou moins à la paralysie générale, soit à l'état simple, soit à l'état de compHcation ; le diagnostic alors est souvent difficile, il est même quelquefois impossible; et comme il est très-important, il nous semble nécessaire d'étudier avec soin tout ce qui concerne le diagnostic différentiel.

Si la maladie revêt la forme chronique, trois cas peuvent se présenter :

1° Ou bien les troubles psychiques prédominent, et on sera alors exposé à confondre la paralysie générale avec d'autres formes d'aliénation mentale.

2" Si les troubles d'origine médullaire sont les plus saillants, il peut arriver qu'on méconnaisse la paralysie générale, et qu'on songe à une maladie de la moelle, plus ou moins bien déterminée.

3" Enfin, si les troubles psychiques et somatiques coexistent, on peut encore être embarrassé ; ainsi, dans l'encéphalopathie syphilitique on peut observer simultanément des troubles psychiques et somatiques.

On voit donc combien est difficile ce diagnostic différentiel et combien son étude est variée, puisque, pour bien reconnaître la paralysie générale, il faut connaître à fond toute la pathologie mentale, les affections de la moelle, les accidents syphilitiques tertiaires, etc., sans compter les tumeurs cérébrales de toute nature.

Quand la paralysie générale revêt la forme aiguë, il est encore nécessaire, pour la reconnaître, de bien savoir la pathologie

CAS on IT. Y A PRÉDOMINANCE DES TROUBLES PSYCHIQUES. 263

interne; on pourrait en effet confondre, soit avec le rhumatisme cérébral, soit avec la fièvre typhoïde, soit avec l'alcoolisme aigu, soit même avec la pneumonie avec délire. Bref, tout s'enchaîne en médecine, et pour bien connaître la pathologie, il faut nécessairement connaître le chapitre de la paralysie générale ; réciproquement, pour bien connaître la paralysie générale, il faut bien savoir le reste de la pathologie.

Ces préliminaires établis, voyons d'abord les cas où la paralysie générale est chronique; ce sont de beaucoup les plus fréquents. Dans un certain nombre, disons-nous, les troubles intellectuels prédominent tellement, qu'on peut se croire autorisé à considérer les malades comme des aliénés ordinaires ou aliénés par vésanie; dans d'autres cas la démence prédomine ; dans une dernière catégorie les troubles somatiques sont dominants.

Il y a donc à étudier ces trois groupes :

Groupe 1"''. — Ou bien les troubles inleliectuels revêtent la forme d'un véritable délire, et alors on peut se figurer avoir sous les yeux des malades atteints de vésanie ;

Groupe 2^ — Ou bien les troubles intellectuels consistent dans r affaiblissement de V intelligence sans délire proprement dit, et alors il y a lieu de différencier la paralysie générale d'avec la démence ;

Groupe 3^ — Ou bien les troubles somatiques dominent, satis paraître être accompagnés de troubles intellectuels ni de démence.

Page 1