‹ Traité de la paralysie générale des aliénés [electronic resource]Chapitre 78 sur 137 · INFLUENCE DU MILIEU SOCIAL · texte numérisé non relu

INFLUENCE DU MILIEU SOCIAL

kl IVéqiience relative de la folie paralytique. « Ce n'est plus, dit Calmeil, ce n'est plus dans la proportion d'un ([uinzième, qui me paraissait déjà considérable autrel'ois, mais bien dans la proportion d'un quart à un tiers que les cas d'encéphalite chronique diffuse se comptent parmi les hommes qui entrent chaque jour dans les asiles d'aliénés de nos grandes villes ; il en est à peu près de même, d'après les renseignements que j'ai pu recueillir, dans la plupart des grands établissements d'Angleterre.

Ainsi, d'après Calmeil, sur iOO admissions il y aurait environ 30 cas de folie paralytique ; mais remarquons qu'il base son calcul sur les admissions des hommes et dans les établissements des grandes villes.

Or, voici les chiffres que Bertillon (1) a extraits d'une trèsbonne monographie de Dufour (^2). Par 10,000 habitants de chaque sexe et de chaque catégorie d'état civil , on trouve : chez les célibataires mâles, 3.95 aliénés; '2.17 chez les hommes mariés, et 3 chez les veufs. De même, par 10,000 femmes, on trouve 3.4 folles chez les fdles, 1 .9 chez les épouses, et 3.13 chez les veuves. Si l'on prend les deux sexes ensemble, les trois rapports précédents deviennent : 3.68 chez les célibataires, 2.0^2 chez les époux, et 3.01 pour les veufs et veuves. Ainsi, la préservation que l'association conjugale exerce contre la folie est si puissante, qu'elle réduit le danger à près de moitié (environ dans le rapport de 0.55), quoique l'âge d'élection pour la folie soit précisément l'âge probable des époux. Il y a là, au profit du mariage, une influence préservatrice évidemment très-considérable, mais ({ue le manque d'ensemble dans les documents nous empêche malheureusement de mesurer avec précision.

Il est surtout fâcheux, au point de vue qui nous occupe, que la statistique n'ait pas différencié l'une de l'autre les diverses formes de folie; c'est un travail à faire, qui montrera sans doute que la paralysie générale est de beaucoup plus fréquente chez les célibataires ou chez les veufs que chez les hommes mariés. Le suicide, qui n'est souvent que le dénoûment d'une maladie mentale,

(1) Bertillon, article Mariagi; du Diclionmire ilc Dochumbrc.

dj Dufour, De reiicomlireinenL des asiles d'aliénés, p. 14. Paris, 1870. — ConsuUez : Compte rendu du Congres niéd. de Lijon, 18G4, et Gm. hebd. 1864-, p. 738.

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est deux fois moins fréquent ctiez les individus mariés que chez ceux qui ne le sont pas.

C'est tout ce que nous savons de précis sur cette importante question.

Marcé est encore porté à élever le chiffre proportionnel; il le fixe à tout près de 50 sur 100, mais il ne parle que des hommes et il défalque de ses relevés statistiques les idiots et les épileptiques.

Les statistiques belges indiquent les proportions suivantes. Sur 100 cas de folie il y en aurait :

14 de folie paralytique pour l'asile d' Ypres; 1 6 pour celui d'Anvers ;

19 pour celui de Froidmont (population exclusivement masculine) ;

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