CHAPITRE CCXYHI
Des attitudes des figures.
Un Peintre doit remarquer les altitudes et les mouvemens des hommes immédiulcment
après qu'ils viennent d'ôlre protiuils par quelque accident subit , et il doit les observer sur-le-champ , et les esquisser sur ses tablettes pour s'en souvenir , et n'attendre pas , par exemple , que l'îiction de pleurer soit contrefaite par quelqu'un qui n'aurait point sujet de pleurer , pour en étudier l'expression slu' ce modèle, parce qu'une telle action n'ayant poi[it ime A éritable cause , «lie ne sera ni prompte ni naturelle ; mais il est fort avantageux d'avoir auparavant remarqué chaque action dans la nature même , et ensuite de faire tenir un modèle dans cette même disposition, pour s'ajyder un peu lïmagination , et tâcher d'y découvrir encore quelque chose qui fasse au sujet , et puis peindre d'après.
Par exemple, si l'on pose le modèle dans l'action de tirer à lui un corps ou de le rcpousseï-, toutes les puissances qui agissent et que le modèle prononce dans de pareils efforts , ne sont visibles qu'autant qu'il en peut soutenir la fati^'uo ; car , Liontôt après les muscles se relâchent ;; peu à peu l'action disparaît, alurs le modèle ne présente plus qu'une pose insicniliante.
Ainsi on voit qu'il y a des cas où l'on ne doit jamais perdre de vue une première esquisse d'après le modèle. Tels sont les actions d'efforts dont il résulte une contraction dans les muscles qui x\'est visible qu'un Niumcut.
2o8 TRAITE