‹ Traité de la peintureChapitre 213 sur 298 · CHAPITRE CCLYIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCLYIL

Des mouçemeus qu'on fait en riant et en pleu^ rant, et de leur différence.

Entre celui qui rit et celui qui pleure , il n'y a guère de différence aux yeux, à la bouche, ni aux joues ; mais il y en a dans l'enflure et la roideur des somxils, qui se joignent dans celui qui pleure , et qui sont plus hauts et plus étendus dans ce'ui qui rit. On peut faire encore que celui qui pleure déchire ses habits , et fasse d'autres actions semblables ou différentes, selon les divers sujets de son affliction; parce que quelqu'iui pourrait pleurer de colère , un autre dappréhensioA; l'un de tendresse et de joie, ji'auitre par soupçon; quelqu'un de douleur et par le sentiment de quelque mal , un autre par compassion et de regret d'avoir perdu ses parens ou ses amis: les expressions de douleur, de tristçsse, de chagrin , sont fort différentes quand on pleure; ainsi, faites que l'un paraisse entièrement désespéré , que l'autre montre plus de modération , qs/un autre se contenle de pleurer et de ^jtTSCr'des larmes, tanilis qu'un autre fait

<les cris; que qiielqLies-m>s ièveiit les yeux versle ciel, a}ant les bras j)eiic!ans jnecdes mains jointes et les Joigls enlrelacés, et que tl'aiitres, pleins d'appréliension , haussent les épaules jusqu'aux oreilles : c'est ainsi qu'il l^iut varier l'expression de la même passion, suivant les tiifférens sujets que vous avez à trailer. Celui qui verse des larmes hausse les sourcils verj 'eur jointure , et les approche l'un de Faulre , et Ibrme des rides sur les côtés et au milieu de la bouche élevés, et les sourcils droils et bien étendus.

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