‹ Traité de la peintureChapitre 227 sur 298 · CHAPITRE CCLXXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCLXXVI

Quelle peinture est la plus parfaite»

La plus excellente manière de peindre est

DE LA PEINtURE. -5f

celle qui imite mieux , et qui rend le tableau plus semblable à iobjet ualurel qu'on représente : celle comparaison du tableau avec les objets nalurels , fait souvent honte à certains Peintres qui semblent vouloir réformer les ouvrages de la nature , comme k>nt ceux qui représentent un enfant d'un an , dont la télé nest qu'un cinquième de sa hauteur, et eux ils la font d une huitième partie; et la largeur des épaules , qui est égale à la longueur de la tête , ils la font deux fois plus grande, réduisant ainsi la proj)ortion d'un petit enfant d'un an à celle d'un liomme qui en a trente. Ces ignorans ont tant de fois pratiqué et vu pratiquer ces fautes, qu'ils se sont fait une habitude de les faire eux-mêmes, et celle habitude s'est tellement fortifiée, qu'ils se persuadent que la nature , ou ceux qui l'imitent , se trompenten suivant un aulre chemin.

CHAPITPtE CCLXXYII.

QiLel doit être le premier objet de la principale intention d'un Peintre.

La première intention du Peintre rst de fr.ire que sur la superficie plate de son table<iu , il paraisse un corps relevé et délaclié de son fond; et celui qui, en ce point, surpasse les autres ,

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mérite d'être estimé plus habile qu'eux dans s« profession. Or, celte perfection de l'art vient de la dispensation juste et naturelle des lumières et des ombres , ce qu'on appelle le clair-obscur, de sorte que si un Peintre épargne les ombres où elles sont nécessaires , il se fait tort à luimême , et rend son ouvrage méprisable aux connaisseurs, pour s'acquérir une fausse estime du vulgaire et des ignorans , qui ne considèrent dans un tableau que l'éclat et le fard du coloris , sans prentlre garde au relief.

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