CHAPITRE CCCIf
Açcriissement touchant les liimlcres et les ombres.
Prenez garde qu'où les ombres finissent il paraît toujours une demi-ombre, c est-à-dire , un mélaniie de lumière et dombre ; et que l'ombre dérivée s'unit d'autant mieux avec la lumière , que cette ombre est plus éloignée du corps qui est dans l'ombre ; mais la couleur de cette ombre ne sera jamais simple. Je l'ai prouvé ailleurs , par ce principe , que la superficie de tout corps participe à la couleur de son objet , quand même ce serait la siqierficie d'un corps transparent , comme l'î ir , l'eau , et d'autres semblables ; parce que l'air reçoit sa lumière du soleil , et que les ténèbres ne sont autre chose que la privation de la lumière du soleil. Et parce que l'air n'a de lui-même aucune couleur , non jilus que l'eau et tous les corps parfaitement Iran parens, comme il est répamlu partout, et qu^'il environne lous les objets visibles, il prend autant de teintes dillérenies qu'il y a de couleurs entre les objets et l'œil qui les voit. Mais les vapeurs qui se mêlent avTc l'air dans sa basse région près de la terre le rendent
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épais , et font que les rayons du soleil vennnt k battre dessus, lui im}3rimeiit leur lumière , qui , ne pouvant passer librement au travers d'un air épais , est réfléchie de tous cutés : au contraire 5 l'a r qui est au-dessus de la basse région paraît de couleur d'azur ; parce que l'ombre du ciel qui n'est pas un corps lumineux , et quelques parties de lumière que l'air, quelque subtil qu'il soit, retiennent, forment celle couleur, qui est la couleur naturelle de l'air ; delà vient qu il a plus ou moins d'obscurité , selou qu'il est plus ou moins épais et mêlé de vapeurs.