CHAPITRE CGGYL
En peinture , In première chose qui commence à disparaître , est la partie du corps laquelle a le moins de densité.
Entre les parties du corps qui s'éloignent de l'œil , celle qui est la plus petite disparaît la première , d'où il s'ensuit que la partie la plus grande sera aussi la dernière à disparaître ; c'est pourquoi il ne faut point qu'un Peintre termine beaucoup les petits membres des choses qui sont fort éloignées , mais qu'il se comporte , en ces occasions , suivant les ré-
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gles que j'ai données. Combien voit -on de Peintres , lesquels en peignant des villes et d'autres choses éloignées de l'œil, font des dessins d'édifices aussi finis que si ces objets (étaient vus de fort près , ce qui est contre l'expérience ; car il n'y a point de vue assez forte et assez pénétrante pour discerner dans un grand éloignement les termes et les dernières extrémités des corps ; c'est la raison pourquoi un Peintre ne doit toucher que légèrement les contours des corps fort éloignés de la vue , sans autre chose que les termes ou finimens de leurs jn'opres superficies , sans les faire durs ni tranchés : il doit aussi prendre garde , en voulant peindre une distance fort éloignée j, de n'y pas employer un azur si vif, que par un effet tout contraire , les objets paraissent peu éloignés et la distance fort petite : il faut encore observer dans la représentation des batimens d'inie ville dans un lointain , de n'y faire point paraître les angles , parce qu'il est impossible de les voir de loin.
DE LA PEINtURE. ;*79