CHAPITRE CCGXXVII
Des ombres qui se remarquent dans les corps qu'on çoil de loin.
Le col clans l'homme , ou tel autre corps que l'on voudra , qui sera élevé à plomb , et aura sur soi quelque partie en saillie , paraîtra plus obscur que la face perpendiculaire de la partie qui est en saillie , et ce corp5 saillant sera plus éclairé lorsqu'il recevra une plus grande quantité de lumière. Par exemple , dans \ixjigure i pi. 89 , le point A n'est éclairé d'aucun endroit du ciel F K , le point B est éclairé de la partie H K du ciel , le point G est éclairé de la partie G K , et le point D est éclairé de la partie F K toute entière ; c'est-à-dire , de presque la moitié du ciel qui éclaire notre hé- Uiisplière. Ainsi, dans celte figure, l'estomac tout seul est autant éclairé que le front , le nez et le menton ensemble. Il faut aussi remarquer que les visages reçoivent autant d'ombres différentes , que les distances dans lesquelles on les voit sont différentes ; il n'y a que les ombres des orbites des yeux , et celles de quelques autres parties semblables , qui sont toujours fortes ; et dans une grande distance le visage
prend une demi - teinte d'oinbre , et paraît obscur , parce que les lumières et les ouibres qu'il a , quoiqu'elles ne soient pas les niémes dans ses différentes parties, elles s'aftalblissent toutes dans un grand éloignemtnt , et se confondent pour ne faire qu'une detrii-teinte d'ombre , c'est aussi l'éloignement qui frdt que les arbres , et les autres corps paraissent [>lus obscurs qu'ils ne sont en effet ; et cette obscurité les rend plus marqués et plus sensibles à l'œil , en leur donnant une couleur qui tire sur l'azur surtout dans les parties ombrées ; car dans celles qui sont éclairées , la variété des couleurs se conserve davantage dans l'éloignement.