‹ Traité de la peintureChapitre 275 sur 298 · CHAPITRE CCCXXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCCXXXIV

Du champ des tableaux,

La principale chose , et la plus nécessaire pour donner du relief à la peinture, est de considérer le champ des figures sur lequel les termes ou les extrémités des corps qui ont la superficie convexe , font toujours connaître leur figure , quoique les couleurs des corps soient les mêmes que les couleurs de leur fond ; cela vient de ce que les termes ou les extrémités convexes d'un corps ne prennent pas leur lumière l'e la même sorte que leur fond, quoiqu'il soit éclairé par le même jour > parce que souvent le contour sera plus clair ou plus obscur <pie le fond sur quoi il est ; mais s'il arrive que le contour ait la même coult ur que le tond, et au mêm^- degié de clurté on d'obscurité . on ne pourra di c.rn. r le contour de la figjn-e ; et celte un.lonniti' d'eNpèce> et de degrés ilans les couleurs , doit être soigneu-

3{o ■-^'^^ TRAITÉ

sèment évitée pav les Peintres jndicieux et inlelligens , parce que l'inlenlion d'un Peinlre est (le faire voir que ses figures se détachent de leur fond ; et dans celte conjoncture le contraire arrive , non-seulement a l'égard de la Peinture, mais encore dans 4es ligures qui sont de relief.

CHAPITPiE CCCXXXV.

Du jugement quon doit faire des ouvrages dun Peintre.

Premièrement, vous devez considérer si les figures ont un relief conforme au lieu où elles sont , et à la lumière queiies reçoivent. Les ombres ne doivent jtas être ks mêmes nuK extrémités et au milieu des groupes ; car il y a bien de la difrérence entre des obj 'ts qui sont environnés d'ombres , et des objets qui n'en ont qiie (\\\\\ côté. Les figures qui sont dans le milieu d un groupe sont environnées d'ombres de tous cotés ; car du coté de la lumif're , les fignres qui sont enlr elles et la lumii're leur envoient de l'ombre; mais les ligures qui sont aux extrémités des groupes ne sont dans l'ombre que d »ui coté, car de l'autre elles reçoivent la lumière. Cest au cen-

DE LA PEINTURE. 3ri

trc des figures qui composent une iîrsco're que se Iroiiv e la plus graiitle obscui iié ; la luinirre n'y peut })éuétrer, le plus grand jour est ailleurs , et il ré[)aiul sa clarté sur les autres parties du tableau.

Sëcondeiïjertt j que dans l'ordonnance ou la disposition des figures , il paraisse qu elles sont accommodées au sujet et à la représentation de l'histoire que le Ptintre a traitée.

Troisièmement , que les figures so ent atlenlives au sujet pour lequel elles se trouvent là , et qu'elles aient une attitude et une expression convenables à ce qu'elles font.

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