‹ Traité de la peintureChapitre 34 sur 298 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Avis sur Je même sujet*

Si un Peintre n'aime également toutes ïes parties 3 la peinture , il ne pourra jamais être

DE LA PEINTURE. iS

Univers?! : par exemple , si quelqu'un ne se plaît point aux paysages , sil croit que c/est trop peu de cliose pour mérilcr qu'on s'y applique, i sera toujours au-dessous des grands Peintres. Boticello, notre ami, avait ce défaut; il disait quelquefois qu'il ne fallait que jeter contre un mur une palette remplie de diverses couleurs, et que le mélanj^^e Ijizarre de ces couleurs reprc'senteront infiiilliblement un paysage.

Il est bien vrai que si on regarde attentivement une muraille couverte de pou sière, et qu'on veuille y découvrir quelque cliose , on s'imaginera voir des figures qui ressemblent à des têtes d'hommes , ou à des animaux , ou qui représentent des batailles, des rochers, des mers, des luiages , des bosquets et mille autres clioses semblables : il en est à peu près de ces murailles salies par la poussière , comme du son des cloches , auxquelles on fait dire tout ce que l'on veut. Ces murailles peuvent bien échauffer l'imagination , et faire inventer quelque chose , mais elles n'apprennent point à finir ce qu'elles font inventer. On l'a vu dans le Peintre dont je viens de parler , qui fut toute sa vie un très-mauva s paysagiste.

ï6 TRAITE

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