‹ Traité de la peintureChapitre 45 sur 298 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

Qu'il ne faut fas qu'un Peintre en imite senilenient un autre.

Un Peintre ne doit jamais s'attacher servilement à la manière d'un autre Peintre , parce ((u'il ne doit pas représenter les ouvrages des liommes , ma s ceux de la nature , laquelle est d'ailleurs si abondante et si féconde en ses productions, qu'on doit plutôt recourir à ellemême qu'aux: Peintres qui ne sont que ses disciples et qui donnent toujours des idées de la nature moins belles, moins vives, et moins variées que celles qu'elle en donne elle-même , quand elle se présente à nos yeux.

Dans l'étiKle on ne peut que se frayer une bonne route, en prenant pour guides Raphaël, Dominicain, le Cori-ége, les Caraches , le Poussin, etc. et d'autrrs ' esmblables.

Néanmoins, il arrive souvent que l'artiste qui s'attache trop servilement à la manière d'un autre, absorbe ses dispositions naturelles, captive son génie, et reste d'ailleurs inférieur à son guide; il perd même l'espéî'ance d'acquérir cette originalité piquante, d'où nait la variété qui est la source des progrés de l'art.

La dégénération du bon goût prend presque toujours sa source dans cette succession d'imitation.

3o TRAITE

Si on jette un coup-d'œil sur l'histoire de Tait, on. verra que ce vice dominant a été de tout temps la cause de sa décadence.

On verra des artistes , avec des productions plus faites pour plaire aux jeux qu'à l'esprit, accaparer les suffrages du public , et en l'accoutumant peu à peu à un stjle mou et peu soigné , s'écarter insensiblement du bon goût, entraînant après eux une foule d'imitateurs dont les productions confuses et outrées ne sont d'aucun fruit pour l'étude , et peu glorieuses pour la nation qui les a produites.

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