‹ Traité de la physiognomie humaineChapitre 42 sur 92 · TYPE MALHEUREUX DE LA TERRE · texte numérisé non relu

TYPE MALHEUREUX DE LA TERRE

Les terriens malheureux ont la tête relativement grosse et enfoncée dans les épaules; le crâne bas; le front traversé par des rides profondes; des sourcils en désordre, noirs, souvent joints et très épais, tombant sur de petits yeux glauques, très creux, au regard sombre et d’une fixité farouche. Ils ont les paupières inférieures gonflées en forme de poche; la bouche serrée et grimaçante; des lèvres fortes, saillantes et plissées; les pommettes osseuses et en saillie; un nez très court et plat, large et carré en son extrémité; le menton relativement grand, osseux et saillant ; les mâchoires épaisses, larges et anguleuses; la partie- inférieure du visage en avant; le teint terreux; des cheveux hérissés, d’un noir de suie; la voix rauque; les bras très grands et musculeux; de larges mains aux doigts noueux. Ils sont poilus; exhalent une odeur nauséabonde. Leur aspect a quelque chose de sinistre et de repoussant, une ressemblance étrange avec le chimpanzé.

Au moral, ils sont mélancoliques, sournois, jaloux et envieux du bien d’autrui. Leurs passions, violentes et concen-

trées, sont terribles dans leur manifestation. Ils sont rongés par l’envie, tourmentés par la haine. Le désir de se venger ne leur laisse aucun repos. Enfoncés dans la matière, ils ont des appétits charnels excessifs, qu’ils satisfont bestialement, ne reculant pas devant la violence pour assouvir leurs désirs lubriques. Ils ont une ruse grossière. Leur colère est sourde, sauvage, dévastatrice et parfois homicide. 11 en est qui profanent et violent les sépultures. D’autres ont des commerces infâmes avec les animaux.

Les terriennes maléfiques ont de petits yeux de chathuant, ronds, rouges et verts, enfoncés dans l’orbite, qui regardent en dessous, lançant furtivement un coup d’œil affreux, inquiet et avide; un nez petit etcamard; une bouche velue, impudente et en avant, dont la fente court en ligne droite; la lèvre inférieure débordant la supérieure et la cachant entièrement; un menton anguleux et qui saille; des cheveux d’un noir sale; le teint d’une pâleur livide; des épaules maigres et hautes; des seins plissés et velus; le dos voûté; des hanches fortes; une démarche lente, qui a quelque chose de rampant.

Elles sont très avares, dures et impitoyables, et cependant, pour tromper les autres, elles affectent une fausse sensibilité, et feignent même de verser des larmes de pitié. Selon le besoin de leur intérêt, elles murmurent des prières entre leurs dents. Ce sont des hypocrites consommées, qui ont une perversité naturelle et précoce. Jalouses, envieuses, méchantes et médisantes, elles se plaisent à mettre le trouble dans les ménages.

Elles sont d'une saleté sordide. Certaines feignent hypocritement la misère; elles rôdent sur les chemins, ou se tiennent à la porte des églises, et geignent d’un ton plaintif, pour implorer la charité des passants. Elles volent même des enfants pour en faire de petits mendiants à leur profit. D’autres pratiquent ou négocient les avortements. Il en est qui se disent sorcières, jeteuses de sorts, et qui parcourent les

campagnes, exploitant ainsi la crédulité des gens. Cependant plusieurs, par leur nature, possèdent véritablement un pouvoir étrange et malfaisant.

Elles ont en amour des commerces infâmes. Elles sont entremetteuses d’actions criminelles et sont capables de commettre les actes les plus odieux pour satisfaire leur avide cupidité et leur passion de l’argent.

Les terriens et les terriennes maléfiques peuplent les prisons et les bagnes.

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