TYPE MALHEUREUX DE MARS
Les mauvais martiaux ont la face ronde, courte et large; le front bas et penché en arrière; des sourcils épais, durs et dressés, abaissés sur des yeux de chat sauvage, sanglants et enfoncés; un regard affreux, fixe, farouche et menaçant, qui semble épier le moment pour attaquer ; un nez court, au bout large et carré; des narines très larges, épaisses et très dilatées ; une grande bouebe grinçante, et presque sans lèvres, aux coins fortement abaissés; le teint d’un rouge aduste; la face marquée de nombreuses taches couleur de tan; les cheveux rouges, ou d’un brun roussi. Leur voix est rauque, brutale et grondante. Leur tète, enfoncée dans de
très larges épaules herculéennes, s’avance par instants, comme s'ils guettaient une proie. Leur aspect est sinistre et terrible; ils marchent à grands pas, les poings fermés, en balançant leurs épaules, et jetant à droite et à gauche un regard furieux, insolent et provocateur. Ils sont criards, grossiers et agressifs. Ils ont sans cesse l’insulte et la menace à la bouche. Chercheurs de noises, de querelles et de rixes, ils se plaisent dans le désordre, les agitations et les troubles. Ils bousculent et frappent ceux qui se trouvent sur leur chemin, et qui font obstacle à leur marche. Joueurs enragés, tricheurs et voleurs, ils rouent de coups leurs adversaires lorsque ces derniers gagnent. Excitateurs de combats, ils sont aussi redoutables par leur force que par leur férocité, et par leur acharnement sanguinaire.
Inhumains et meurtriers par nature, ils se réjouissent à la vue du sang et du carnage. Impies et blasphémateurs, ils insultent à Dieu publiquement. Leur colère est horrible à voir ; ils hurlent, rugissent, écument de rage, et se mordent la langue dans leur fureur. Ils voient rouge, frappent aveuglément de tous côtés, et tuent sans pitié tous ceux qui leur tombent sous la main. Ils mangent avec excès et avec voracité. Ce sont des piliers de cafés, de cabarets, de tripots infâmes, dont ils sont la terreur et l’effroi. Ils sont obscènes en paroles, d’une lubricité cynique et bestiale, se vautrent dans le vice et dans la débauche, et se complaisent dans les orgies. Il en est parmi eux qui sont souteneurs de fdles perdues, dont ils sont la terreur et qu’ils rouent de coups, quand le gain honteux de ces malheureuses ne satisfait pas à leur odieuse exigence. Ces sinistres malfaiteurs assomment et dépouillent l’homme dépravé qui fréquente les lieux de tolérance. Gens de révolte, ils se plaisent dans les séditions. Quand une révolution se déchaîne sur le monde, ces orateurs populaires de places publiques apparaissent, l’œil en feu, menaçant et sanglant. Ils vocifèrent et appellent le peuple a la révolte, au pillage et au meurtre. Célèbres démagogues,
idoles redoutables et passagères du peuple, ils répandent partout l’épouvante et la terreur, et font couler des Ilots de sang.
Ils méprisent et insultent tout ce qui est au-dessus d’eux, et Dieu même, qu’ils méconnaissent. Ils vivent en lutte ouverte avec la société. Confiants dans leur audace, dans leur force brutale, et dans la terreur qu’ils inspirent, ils se battent de l’impunité de leurs scélératesses, et se rient de la justice des hommes, qu’ils méprisent hautement. Cependant beaucoup d’entre eux portent leur tête sur l’échafaud, en punition de leurs crimes.