TYPE TRIANGULAIRE FRANC
Mercure et Saturne (fig. 113). — Des traits déliés et arrêtés; un front osseux, bien développé en hauteur et en largeur, dont les bosses frontales sont bien prononcées; des sourcils bruns, fins et peu arqués; des yeux verdâtres, chatoyants, vifs et enfoncés; le regard pénétrant et mélancolique; les paupières supérieures minces; la conjonctive d’un blanc un peu jaunâtre; un nez long, droit, maigre, légèrement pointu du bout ; des narines allongées ; une bouche sérieuse, dessinée avec précision ; des lèvres déliées
et peu colorées; un petit menton, carrément dessiné; des joues maigres ; la distance du nez au menton relativement courte ; le teint très pâle; les cheveux bruns peu abondants ; la voix flexible, passant facilement de l’aigu au grave; la parole variable, tantôt vive, tantôt ralentie : ces traits in-
s’ouvre jamais entièrement. Elle est défiante, soupçonneuse, portée à voir tout en noir et au pire. Son âme est tourmentée par des tristesses, des agitations et des appréhensions secrètes souvent imaginaires. Fréquemment obsédée par d’amères pensées, accablée de tristesse et de découragement, les défaillances intérieures qu’elle éprouve lui causent le dégoût de la vie. C’est cependant une femme remarquable par sa puissance de volition, son énergie de caractère, sa persistance et son opiniâtreté caractéristique. Tranchante, arrêtée dans ses opinions et orgueilleuse, elle ne prend conseil que d’elle-même, n’agissant que par l'impulsion de sa propre inspiration. Elle ne fait rien sans avoir mûrement réfléchi, mais elle est prompte à prendre un parti, selon l’opportunité du moment. Elle ne revient jamais sur ses décisions, poursuit avec une rare persévérance ce qu’elle a une fois entrepris, se butant contre les difficultés, s’irritant
Fig. n3.
cliquent une femme d’un caractère sérieux, méditatif, mais fantasque, chagrin, mécontent et irritable. Elle n’est pourtant pas méchante, et son cœur, sans être faible, est bon et dévoué. Quoique timide, elle a pourtant certains mouvements de hardiesse.
Elle est concentrée et cependant parfois elle est susceptible d’élans d’effusion et d’expansion, mais elle ne
des obstacles, et cherchant à vaincre les oppositions, sans se laisser décourager. Désireuse d’approbation, se froissant facilement, elle supporte avec impatience les observations, les critiques et les réprimandes. Très susceptible, prompte à se fâcher sans toutefois le faire paraître, elle garde longtemps le souvenir et la rancune des froissements et des offenses qu'elle a subis. Tout impressionnable qu’elle est, elle sait se maîtriser, concentre ses émotions et conserve son calme et son sang-froid, lorsque intérieurement elle est en proie à la colère ou à la plus violente indignation. D’une nature taciturne et mélancolique, elle fuit le monde et se complaît dans la vie méditative et contemplative de la solitude. Elle est silencieuse, mais lorsqu’on la provoque à parler elle devient fort loquace, donne un libre cours à sa facile élocution, s’exalte, se passionne, et sa parole devient éloquente. Mystérieuse et concentrée, on la voit parfois s'abandonner à certains accès d’expansivité qu’elle réprime bientôt même avec ceux qu’elle affectionne le plus. Ses passions sont ardentes, profondes, constantes, bien qu’elle ne les manifeste pas, et qu’elle semble sans tendresse apparente. Elle ne prodigue pas son amour. Elle n’aimera qu’une fois dans sa vie, et si elle est déçue dans son affection, on la verra feignant une stoïque résignation, comprimer sa douleur, dévorer son chagrin en silence, tout en conservant dans le fond de son cœur le souvenir de sa passion malheureuse. Amatrice d’indépendance, elle sacrifie volontairement ses goûts aux exigences du devoir, tenant avant tout à satisfaire sa conscience. Elle observe religieusement la foi jurée, et remplit d’une manière stricte ses engagements.
Elle est chaste et d’une vertu austère. Elle n’est guère sensuelle que par l’imagination. Sa sobriété est ascétique, et elle s’impose volontairement des macérations. Elle est religieuse par le raisonnement, souffre beaucoup du doute, et se fait une religion personnelle. Elle est discrète, perspicace, bonne conseillère et d’une grande sagesse. Modeste dans ses goûts, fort économe pour elle-même, elle est large et généthaité de la physionomie humaine. 2G
reuse avec les autres. Elle garde une profonde gratitude des services et des bienfaits qu’elle a reçus, sans le témoigner par de grandes démonstrations. Sans chercher à se venger des injures, elle en conserve longtemps le souvenir. C’est une femme fort remarquable par sa supériorité intellectuelle, par sa facilité de conception, par son initiative d’idées et par son imagination ardente. C’est une raisonneuse qui aime les causeries et les disputes philosophiques, et qui ne craint pas d’affronter la lecture des ouvrages de philosophie et de métaphysique.
Elle est travaillée par la passion de l’ambition, mais elle la tient secrète. Ce n’est qu’avec peine et après de grandes déceptions qu’elle acquerra de la célébrité dans les lettres ; aussi son existence sera traversée par beaucoup de soucis et de déceptions. Elle éprouvera de nombreux chagrins domestiques, subira des deuils de cœur et verra la ruine de ses affections, et se verra séparée de tous les êtres qui lui sont le plus chers, soit par la mort, soit par l’éloignement. Née sous des influences célestes infortunées, elle est menacée de tomber dans la désespérance et dans une noire mélancolie qui pourrait la conduire au suicide. Pourtant elle n’y est pas fatalement prédisposée. Par une ferme volonté, dont elle est capable, et aidée de la grâce d’en haut, elle pourra triompher de ses mauvaises influences. En transportant son esprit dans les sphères célestes où siège la raison éternelle et où règne une inaltérable félicité, elle renoncera aux vaines et décevantes raisons de la philosophie humaine, embrassera avec ardeur le mysticisme religieux, et s élèvera a la perlection par une grande austérité de vie.