‹ Traite de la propriete par m. Ch. ComteChapitre 29 sur 192 · DE LA CONVERSION DE · texte numérisé non relu

DE LA CONVERSION DE

ramifications îles montagnes. Le poisson se place habituellement dans le tronc et dans les hranrlies principales; jamais il ne s’élève jusqu'à l’extrémité des rameaux. Le gros gibier, le seul qui puisse fournir à un certain nomlire de Familles des aliments suffisants pour subsister, se place dans les vallées, parce que ce n’est que là qu'il trouve d’abondants pâturages , et de l’eau pour se désaltérer. Les hommes se fixent là où la nature a attaché leurs subsistances.

Tant que la terre est abandonnée à sa fertilité naturelle, et qu'elle n’est utile aux hommes que par les aliments qu'elle fournil à certains animaux, il ne peut donc se former aucune propriété territoriale individuelle.

L'espace dont chaque famille a besoin pour subsister, est tellement étendu, qu'on ne saurait le clore de manière à prévenir la fuite des animaux qui s’y trouveraient renfermés; et par conséquent, la jouissance du territoire entier reste commune à toutes les familles dont la horde ou la peuplade se compose.

Non-seulement la jouissance en est commune, mais les individus ne parviennent à se procurer des subsistances qu'autant qu'ils vont ensemble à la poursuite du gibier. S'ils ne sr réunissaient pas pour le cerner, le poursuivre, ou l’engager dans détroits défilés, jamais ils ne parviendraient à s'en rendre maîtres. àlème dans l'état le plus barbare, les hommes ne peuvent se conserver qu'au moyen d’associations , dans lesquelles ils mettent en commun leurs forces, leur adresse et leur intelligence (1).

On a vu, par ce qui précède, que, dans l’état de barbarie, il faut à un homme pour subsister un peu plus d’une lieue carrée de terrain; et qu'il en faut, par conséquent, à une peuplade un peu nombreuse une étendue immense ; que chaque peuplade s’arrête naturellement devant les barrières qui servent de limites à ses subsistances , et qu'elle parti) Mackcnsic, t.I, p. 395. — Uearne, chap.ix, p. 299. — Uennepin, p. 122 et 125.— Robin, t. Il,

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