‹ Traité de la typographie (volume 2)Chapitre 46 sur 124 · ALINÉA · texte numérisé non relu

ALINÉA

Quoique ce mot s'explique de lui-même, et semble n'avoir pas besoin de délinition , il est nécessaire toutefois de faire connaître les variations qu'il peut recevoir, tant dans sa valeur même , que dans sa disposition typograpliique.

L'alinéa sert à marquer dans le discours une pause

plus prononcée, plus définitive que le point, qui est dans la ponctuation le signe de la plus grande valeur. Ainsi , lorsque l'on passe d\in fait ou d'un raisonnement à un autre, ou d'une partie de sujet à une autre partie, il ne sufTit pas d'indiquer que la phrase est terminée ; il faut encore séparer non-seulement par un point d'arrêt pins marqué , mais même par un certain intei'valle, les différentes péi'iodes du discours : tel est le but de l'alinéa.

Dans la pi-ose, il sert bien, comme son nom le fait entendre, à reporter à une autre ligne la suite du sujet que l'on traite; mais il serait peut-être convenable qu'il eût, pour la poésie, mie dénomination différente, pu'sque chaque vers commence de fait une nouvelle ligne. Quoi qu'il en soit de son impropriété dans ce dernier cas, admettons-le ou plutôt mamtenons-le ici comme un terme de convention, tout en regrettant le mot couplet (déjj'i reçu, en ce sens, dans le langage littéraire ) , ou quelque mot analogue qui nous semblerait plus exact et plus conforme à ce genre de texte.

Dans les ouvrages en prose et dans les pièces de vers de même mesure , la première ligne des alinéas est renfoncée d'un cadratin. Quelquefois, lorsque cette ligne est trop serrée, on se permet de prendre quelques points sur le cadratin pour jeter un peu plus d'espace entre les mots. Il est, en effet, moins ridicule de voir ce blanc un peu diminué que des mots trop rapprocliés les uns des autres; cependant c'est encore une licence dont il faut s'abstenir le plus possible.

Dans les pièces en vers libres , où les renfoncements

indiquent les dilTérences de mesures , on marque les alinéas par une ligne de blanc. Dans la poésie divisée par strophes, ou par stances, on les sépare par un nombre plus ou moins grand d'interlignes déterminé par la longueur de la page , mais approchant autjmt que possible de la valeur d'iuie ligne.

Quelquefois dans la prose même on sépare certains alinéas par une ligne de blanc , lorsque l'ordre du discours exige une transition plus marquée.

On ne commence pas une page par la dernière ligne d'un alinéa , à moins qu'elle ne soit pleine.

Il y a dans la typographie plusieurs espèces de titres. Les trois principales sont le titre proprement dit ou frontispice , \e faux-titre , et le titre courant.-

Le titre ou frontispice d'un ouvrage est une page qui se place au commencement d'un volume , pour faii-e connaître et la dénomination de l'ouvrage , et la matière qu'il traite , et le nom de son auteur. Cette page est naturellement la plus remarquable de tout le voliune , parce que c'est sur elle que se porte d'abord l'attention et qu'elle insiste le plus , tant pour le fond que jx)ur la forme. Comme c'est le titre d'un ouvrage qui, sous ce double rapport, en donne au lecteur la première idée , et que cette sensation primitive , soit qu'elle flatte, soit qu'elle offusque l'esprit ou les yeux, y laisse souvent une impression plus ou moins durable , l'auteur et le tj'pographe doivent réunir leurs efforts pour opérer une prévention favorable. L'un , par la simplicité

et la brièveté qu'il mettra dans la rédaction du titre , doit donner une idée complète autant que [«ssible du conLenu de l'ouvrage, en s'altacbanl toutefois à stimuler la curiosité du lecteur; l'autre, par l'heureuse combinaison des lettres et l'Iiabile disposition des lignes , doit offrir à l'œil du connaisseur un aspect régulier sans monotonie , et agréablement varié. Sans élever nos prétentions jusqu'à vouloir doimer aux écrivains des préceptes de style , nous nous permettrons , à titre de conseil ou simplement d'observation , de leur recommander, seulement pour les titres de leurs productions, la précision et la clarté. Souvent la forme de cette page, qui au fond est d'un intérêt très-secondaire, acquiert une importance majeure par l'influeiace qu'elle exerce sur celte masse de lecteurs frivoles qui n'achètent des livres que pour satisfaire leurs yeux, ou qui cèdent à la séduction du titre.

Ce conseil ne saurait s'appliquer , sans doute , aux productions du génie , consacrées par le temps et par un mérite incontestable, et dont le succès est indépendant de ces faibles considérations ; mais il s'adresse surtout aux auteurs qui , déljutant dans la carrière littéraire , et privés des avantages d'une grande réputation , livrent à un public léger et généralement mal prévenu la frêle existence de leur premier-né. Pour nous, que Texpérience a instruits à juger ces différents effets, qui sommes continuellement à portée de passer en revue et d'envisager d'un œil indifférent et impartial les ouvrages de tous genres auxquels nous procurons les honneurs de la publicité, nous nous permettrons de leur

interdire cet amas de inots ambitieux , cet étalage de titres et de qualités, qui donnent souvent au livre un vernis défavorable ; et nous les engagerons à se renfermer dans les bornes d'une modestie bien entendue, quant à ce qui les concerne persomiellement, comme à ne rien dire au-delà de ce qui est rigoureusement nécessaire pour faire connaître au lecteur l'objet de leur tnivrage.

Quant à la pai'tie lypograpliique du titre , quoiqu'on ne puisse guère lui appliquer une tbéorie invariable à cause de la grande diversité et des diflicullés nombreuses qui s'y rencontrent , nous nous efforcerons néanmoins de réunir et de présenter ici les différentes ilispositions sanctionnées par Tusage et par le goiit, afin d'en former , s'il est possible , un corps de principes pour cette partie. Si cette méthode ne peut suppléer entièrement au tact qui manque souvent aux ouvriers chargés de composer les titres et aux correcteurs qui négligent d'en rectifier les défauts, nous espérons que les uns et les autres y jmiseront des préceptes généraux qui , s'ils veuleiit bien s'en pénétrer avec c[uelque attention, les empêcheront du moins de s'écarter des premières notions du Iwn goût. Nous allons donc éUiljlir et développer les pi-inci pales règles qui concernent la disjx)sition des titres.

Le premier soin d'un ou%Tier qui a nn titre à comlioser doit être 'de lire attentivement la matière qne ce titre doit contenir, et, après s'être pénétré du degré d'importance de chactme de ses parties , de distribuer les motâ, et de former les lignes de manière à faire émaner de l'importxmce apparente de ces indications

rimporlaiice réelle des idées qu'elles présentent , le lecteur de^ ant naturellement proportionner son attention à rinipression transmise à son esprit par Forgane visuel. La disposition que nous prescrivons ici est souvent contrariée par la nécessité de se conformer aux usages de la tj^pograpliie, ou au moins de respecter des règles dont on ne s'est jamais écarté. Dans des cas semblables (et ces cas se reproduisent fréquemment, surtout dans les petits formats où la gêne de l'ouvrier à cet égard est encore aggravée par le défaut d'espace) , le grand talent du compositeur , ou de celui qui le dirige dans ce travail, est de concevoir et d'exécuter une distribution de lignes telle que les mots que renferme chacune d'elles offrent un sens complet autant que possible , et y figurent suivant Timportance de leur objet , en conservant toutefois un aspect agréable et régulier : il condliera ainsi l'utilité du titre avec l'intérêt de l'art,

11 serait impossible de prescrire une niarclie invariable pour la composition des titres. La diversité des matières, celle du nombre de lignes, et beaucoup d'autres circonstances de tout genre s'opposent à ce que rarement deux titres soient faits d'après les mêmes bases; aussi seiait-il ridicule de prétendre indiquer comme règles les caractères et les dispositions à adopter pour chaque format. On ne peut donner à cet égard que des préceptes ixégatifs, c'est-à-dire signaler les défauts qu'il convient d'éviter , tou tes les fois qu'il n'en résultera pas, sous d'autres rapports, des effets trop choquants.

On se gardera donc : i» de commeiicer un titre par

tme ligne pleine ou par celle qui offrirait les plus gros caraclères de la page; dans le cas de nécessité absolue, il faut cherclier à prévenir cet inconvénient en plaçant l'article seul en ligne perdue, si cela est possible, ou par tout autre moyen auquel on pourra recourir; 2° de composer du même caractère deux ou plusieurs lignes consécutives, à moins qu'elles ne forment lui sonuuaire ; car dans im titre soigné , on n'emploie jamais deux fois le même caractère, lorsqu'il y a moyen de s'en dispenser ; 3'^ de faire deux ou plusieurs lignes consécutives ou rapjirochées de même longueur , si ce n'est encore dans un sommaire ; or , il est toujouis possible d'éviter celte faute en grossissant ou en affaiblissant les lignes suiv ant le besoin ; 4° de doiiner à trois lignes consécutives, ou plus , la forme d'un culde-lampe, c'esl-à-dire d'un cône droit ou renversé. Celle disposition n'est supportable que pour la partie inférieure de la page, laquelle peut se terminer en pointe, La foi*me ovale est celle qu'il convient de donner, autant que possible , an contour du titre.

Pour qu'un titre soil bien fait et qu'il flatte Fœil du lecteur, ou plutôt de Tamaleur, il ne suffit donc pas que la combinaison des différents caractères soit telle qu'elle doit être d'après les règles de la typographie, et que les lignes considérées isolément, offrent toutes les convenances relatives; il faut encore que la réunion de ces lignes présente, par une distribution agréable et bien conçue , un ensemble harmonieux , semblable à ces productions des beaux-arts qui excitent en nous une admiration spontanée et font naître dans

notre imaginalion le sentiment du beau. Or , pour arriver à ce degré de perfection ovi doivent tendre les efforts d'un typographe zélé, il y a deux conditions essentielles à observer , ce sont la proportion des caractères , ■relativement au format et à leur position respective; puis la répartition bien combinée des interlignes et des espaces.

Il serait superflu, ainsi que noiis venons de le dire , d'indiquer les caractères à employer pour les titres dans les différents formats. La force des caractères est détenninée et par la largeur des pages et par le contenu des lignes; seulement on doit toujours avoir soin de ' les approprier les uns aux autres, de les espacer con- A'enablement , et de conserver entre les lignes ma intervalle raisomiable. Leur proportion réciproque exige la même attention; elle doit tovijours être réglée par le degré d'importance relative des idées exprimées par chacune des lignes. L'iisage et le goût suppléeront à l'impossibilité où l'on est de donner à cet égard des règles positives et invariables, à cause de la multiplicité et de la diversité des circonstances qui peuvent se présenter, et dont l'influence inévitable, en y apportant autant de changements et de modifications , détruiraient cette théorie.

Les distances des lignes entre elles doivent aussi être proportionnées au nombre de lignes du titre, mais toujours de façon que les différentes parties dont il se compose soient bien distinctes , et qvie leur séparation soit indiquée par un blanc un peu plus fort. Nous entendons par ces mots parties du titre, les divers

membres de phrases susceptibles cVêlre présentés isolément comme servant de transition d'un objet à un autre. Tels sont le titre proprement dit, ou la dénomination de Touvrage; les idées accessoires qui s'y rattachent, comme les sommaires ou développements dont il est souvent accompagné; le nom de l'auteur et ses qualités; celui de l'éditeur , aimotateur ou traducteiu" ; la cote du volume; le lien et la date de l'impression; le nom de l'imprimeur ou du libraire-éditeur; le millésime, etc.

Lorscju'un titre est cliargé , c'est-à-dire quand la matière en est abondante , il faut , pour le sixnpliGer à l'œil autant que possible , ne mettre en lignes saillantes et détachées des autres que les mots qui doivent indispensablement ressortir , et réduire en sommaires les paities d'un intérêt secondaire , tels que les développements du titre placés ordinairement sous la rubrique d'un de ces mots : précédé, accompagné , suivi , etc. Cette mi Ihode a le double avantage de conserver les espaces nécessaires , et de faciliter la lecture en réunissant dans un seul caractère un certain nombre de lignes qui , étant distinctes l'une de l'autre et paraissant offrir chacune un intérêt particulier, fatigueraient et la vue et l'esprit. De même que l'auteur ne doit dire que ce qui est strictement nécessaire, et en outre l'exprimer avec toute la brièveté possible; de son côté, le typographe doit centraliser les idées de même catégorie , les resserrer d;ms le cadre le plus étroit possible, et, de concert avec l'auteur, s'attacher à ne présenter à l'œil que des sommités.

Dans le cas contraire, c'est-à-dire lorsque la rédaction

justification, soit à cavise de la longueur des mots dont elle se compose, soit par leur trop grand nombre, il vaut mieux allonger un peu la justification , si toutefois cette licence suffit pour donner à la ligne mie apparence convenable.

On laisse ordinairement dans un titre vme séparation entre sa partie supérieure , qui se compose du titre proprement dit , de ses développements , de la tomaison du volume , etc. , et sa partie inférieure. L'usage est de remplir ce blanc par un fleuron ou par un filet. Ces ornements , quels qu'ils soient , se placent à égale distance des deux parties du titre. On ne doit toutefois employer de fleuron que lorsque la place est suffisante pour c|u'il ne soit pas trop resserré entre les deux lignes (ju'il sépare, ce qui exige une distance d'au moins un cadrât de Parangon. Il faut , en outre , que les attributs f^vi'il renferme soient autant que possible appropriés à la nature de l'ouvrage que le titre annonce. Lorsque le titre est chargé , on doit s'en tenir à un filet anglais , ombré ou orné. Quelquefois on y place le chiffre , c'està-dire les initiales entrelacées , du libraire ou de l'imprimeur. Autrefois ce dernier y plaçait sa devise jointe à l'emblème qu'elle accompagnait.

Le verso du titre doit toujours être entièrement blanc. Cormne les lignes du titre sont toutes différentes entre elles, ce qui rend impossible d'établir au tirage un registre comme pour les pages de matière , le contrefovilage, porlanl parfois sur les intervalles des lignes,, donnerait au titre un aspect désagréable.

Nous pensons avoir fait connaître ici sur la compo-

silion du titre toutes les données typographiques susceptibles d'être généralisées et érigées en préceptes el avoir présenté une théorie assez complète à cet égard. Il est vrai que leur application , soumise à une multitude de circonstiuices modilicalives , rencontre beaucoup de difficultés ; mais c'eût été un ti'avail aussi inutile que pénible de vouloir offrir des exemples qu'on n'aurait pas trouvé l'occasion d'imiter. Nous croyons , d'ailleurs, en avoir dit assez ]>our mettre sur la bonne voie les personnes à l'instruction desquelles cet ouvrage est consaci'éj et, si nous n'avons pu leur apprendre a bien faire , nos conseils serviront au moins à les détourner de faire mal. Pour acquérir la connaissance des règles de l'art et le talent de l'exéculion, l'expérience et l'étude des bons modèles leur seront d'un plus grand secours que le système le mieux établi. Dans cet état, comme dans tout autre , il est des ouvriers chez lesquels le tact et le soin suppléent à l'étude, et qui saisissent avec rapidité ce que d'au 1res plus expérimentés ne conçoivent que lentement.

lue faux-titre est la première page d'un livre ; il précède le frontispice, et contient simplement la dénomination de l'ouvrage, avec la cole du volume, qui en est séparée par un petit filet. 11 sert en quelque sorte d'aïuionce au grand titre , et se place presque au milieu de la page , avec un peu moins de blanc en tête qu'en pied. Son utilité n'est réelle que pour les collections , parce que dans ce cas-là il sert de titre général , tandis que le frontispice porte seulement le titre du ^ olume en tête duquel il est placé, avec une tomaison également

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parlielle. On fait usage néanmoins du faux-titre pour tous les livres un peu volumineux, quoiqu'il soit purement de luxe en toute autre circonstance. On se dispense d'en mettre im aux brochures , toutes les fois que son placement peut entraîner quelques dérangements, ou à moins qu'il ne reste deux pages pour compléter une feuille. On place ordinairement à son verso le nom de rimprimeur ou celui du liljraire , c'est-à-flire celui de ces deux noms qui ne doit pas être mis au bas du frontispice. On y place aussi quelquefois les errata , avis au relieur , ou autres remarques de ce genre sur lesquelles il est nécessaire de fixer d'abord les regards du lecteur. Les titres courants sont les lignes de tête dans lesquelles on fait entrer, avec le folio , le titre de l'ouvrage, que l'on répète à chaque page du volume. On comjKJse ordinairement ces lignes en petites capitales du même corps que le texte de l'ouvrage , ou , ce qui est mieux encore, en grandes capitales, quand on a la place nécessaire. Ils se mettent au milieu de la justification. On espace les lettres d'un point ou d'un poiut et demi quand la matière le permet, et les mots d'un demicadratin environ , en ayant soin qne les folios en soient toujours séparés au moins par un cadratin. Si le titre peut entrer dans luie ligue, on le place aux pages paires, c'est-à-dire aux versos; et si l'ouvrage est coupé par chapitres , li^ res , chants ou autres divisions , on les indique en tète des rectos. Une pièce de théâtre porte pour titres courants , au verso son titi-e, et au recto le imméro de l'acte et de celui de la scène. Ces noml:)res se mettent toujours en chiffres romains.

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On doit toujours faire en sorte que les titres courants soient complets le plus possible, sous le rapport des indications (lu'ils doivent contenir.

Lorsqu'un volume se corn {«se de plusieurs parties bien distinctes , il faut avoir soin (|ue les titres courants changent en même temps que ces diirérenles parties, lorsc[u'elles ne font pas corps avec l'ouvrage. Par exemple , supposons un livre composé d'une préface , de la matière proprement dite, dénotes et de tables; les titres courants devront nécessairement porter successivement chaque nom de ces grandes divisions de l'ouvrage. Ce renouvellement doit avoir lieu à fortiori dans les volinnes collectifs et qui se composejit de parties entièrement séparées. Bien que, dans les cas ci-dessus énoncés, les caractères soient variés suivant l'importance de cliacune des parties , et qu'ainsi ceux du texie soient plus petits que ceux de la préface et plus gros ([ue ceux des notes et des tables , cependant on les maintient toujours, soit en petites capitales, soit en grandes capitales du caractère du texte , suivant la marche adoptée d'abord. La même régularité s'observe pour les chiffres des signatures.

Il est à remarquer que les ouvrages qui portent aux rectos les numéros de leurs divisions prennent ordinairement ceux de la fin de la page. Ainsi , ])ar exemple , un dictionnaire , qui indi<[ue en tète de chaque colonne la première syllabe ou le radical des mots qu'elle contient, dans le cas où cette syllabe peut varier dans le corps de la colonne , adopte pour titre courant celle qui commence le dernier mot qui s'y trouve.

Telles sont, pour les titres courants , les dispositions Jes plus généraleineut usilées. U en est encore d'autres qui sont déterminées souvent par le goût des auteurs, quelquefois par la nécessité, ou par une utilité réelle; mais il est ijnpossible, vu leur grande diversité, de les faire connaître; nous ajouterons seulement que tous les procédés, à cet égard, peuvent s'employer toutes les lois qu'ils ne blessent ni le bon sens , ni les principes typographiques qui font règle pour cet objet et qui viennent d'être indiqués.

On donne généralement le nom de titres à toutes les phrases qui , dans le cours d'un volume-, se placent en ligne perdue, soit pour marquer des divisions, soit pour en faire connaître la matière. Lorsqu'ils excèdent une ligne, ils prennent le nom de sounnaires.

La table d'un ouvrage en est une espèce de résumé , plus ou moins succinct , suivant les points de vue sous lesquels elle le présente. Ou elle n'est que la simple énumération des parties dont il se compose, avec l'indication sommaire du contenu de chacune d'elles ; ou l)ien elle est analytique , dans un ouvrage d'une certaine étendue et susceptible d'être l'objet de fréquentes recherches à cause de l'abondance des matières qui s'y trouvent i-enfermées ; alors elle offre le tableau complet de tous les sujets différents qu'il a pu traiter , et embrasse , à la fois les époques , les faits , les noms des lieux et ceux des personnes dont il fait mention.

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La premièi'e tle ces espèces de tables est suffisante eu général pour les ouvrages purement littéraires et du domaine de l'imagination, ouvrages écrits pour Fimivei^salilé des lecteurs. Quant aux traités de sciences ou d'arts, et tous autres livres descriptifs ou didactiques, comme ils ont une destination spéciale qui influe sur la langue en créant de noi>veaux termes ou en modifiant la valeur de ceux qui existent, Tauteur doit éclairer le lecteur sur toutes ces iimovations, et placer à la table des définitions nouvelles , ou renvoyer aux endroits susceptibles de donner les explications nécessaires. De plus , conune la plupart des ouvrages de ce genre doivent jxjuvoir être consultés jiartiellement , même après lecture complète , le relevé exact de tous les points divers qu'il embrasse et leur indication isolée deviennent une condition importante de son existence typographique. Elle doit donc porter sur le fond de FoinTage et sur sa forme, c'est-à-dire être à la fois un vocabulaire et une analyse des faits.

Un ou^^lge qui forme plusieurs volumes doit avoir à la fin de chacun d'eux une table particulière qui indique les divisions qu'il comprend, indépendamment de la table raisonnée que l'on renvoie à la fin de l'ou- ^ rage , si toutefois il en demande une. Une iMe , de riuel([ue nature qu'elle soit, est d'une grande utilité dans un volume; mais cette commodité cesserait d'exister et deviendrait même pour le lecteur une source d'inconvénients, s'il ne la trouvait doublement exacte, c'està-dire complète dans sa teneur, et fidèle dans ses renvois.

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Les tables simples se placent soil en tète du volume, soit à la fin, mais se tirent toujours en dernier lieu, excepté dans le cas de réimpression identique. Chaque article renvoie à la page, et suit la progression ascendante des folios. S'il contient plusieurs lignes, on le dispose en sommaire. L'indication de la page est toujours rejetée au bout de la ligne, et l'intervalle est rempli par des points. Le mot page s'exprime une seule fois, Soit au premier folio cité, soit au-dessus et dans l'alignement des chiffres. Les grandes divisions du volume se mettent en capitales et en lignes perdues. On emploie ordinairement pour ce genre de composition un caractère inférieur au texte de deux degrés au moins. Lorsc[u'une table forme plusieui's pages , il est convenable de la mettre en recto; mais souvent on la place suivant le besoin local.

Les tables analytiques de matières se disposent dans l'ordre alphabétique. Elles renvoient au tome et à la page. Quelquefois on substitue à ce dernier renvoi celui du chapitre, paragraphe, bu autre partie de l'ouvrage , pourvu que les tilres courants en portent l'indication , et que cette division soit assez fréquente pour ne pas occasioner de longues recherches : ce système est préférable, en ce qu'il épargne lors de la réimpression le soin de renouveler les folios , et qu'il préserve des erreurs qui naissent de ces changements. Pour éviter de répéter à chaque article les mots tome , page, ou autres qui peuvent accompagner les chiffres de renvois, il convient de différencier les signes des nombres. Par exemple, celui du tome peut être placé en premier lieu e(

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exprimé en grandes capitales, celui de la division adoptée dans Touvrage en petites capitales, et le folio en chiffres arabes. Voilà trois espèces de chiffres dont la différence peut faire distinguer la valeur des objels sous -entendus qu'ils indiquent. Quelque marche que Ton suive pour ces abréviations, le lecteur doit toujours en être pi'évenu par un avis placé en léle de la table.

Lorsqu\me table a une certaine étendue , on la met à deux colonnes, dans les in-octavo et formats supérieurs , même aux déjîens de la justification. II en résulte un double avantage. D'abord on gagne une partie du blanc que nécessite dans les grandes lignes la multiplicité des articles ; ensuite cette disposition permet d'employer un plus petit caractère. Les articles se mettent également en alinéas ou en sommaires : dans le premier cas , on épargne la perle d'espace exigée par les rentrées; dans le second, la première ligne de chaque article est mieux détachée et plus saillante. Le mol qui commence rarticle et qui en fait le sujet doit être, ou en italique , ou en petites capitales. On sépare les colonnes par un filet régnant dans toute la hauteur, ou par un simple blanc.

On appelle ainsi la partie de copie qui fait le fond d"'un ouvrage. On lui doimie toujours ce nom, de quelque nature qu'elle puisse être, pour la distinguer des parties accidentelles , telles que les noies , additions , titres, sommaires, ou autres accessoires quelconques.

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Comme le texte est généralement la portion dominante d'un livre, et même comme il en embrasse souvent Il totalité, c'est la base sur laquelle en repose Timpression. Ainsi , lorsque le caractère et la justification du texte ont été adoptés eu égard au forinat et aux considérations diverses qui peuvent y avoir quelque influence, l'arrangement du reste est déterminé par cette donnée principale , suivant des règles établies par l'usage et des proportions indiquées par le bon goût.

Texte est encore synonyme d'original. On dit : Placer la traduction , rimilation, en regard du texte.

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