ADDITIONS
Les additions sont des espèces de notes placées à la marge extérieure de la page , sans renvoi , et alignées en tète avec le commencement de la matière à laquelle elles ont rapport. Le but ordinaire de ces notes marginales, dont l'emploi se remarque le plus fréquemment dans les livres d'iiistoire , est de rapporter les dates , de présenter le résumé très - succinct des événements, et de faire connaître, par le nom des auteurs ou le titre des ouvrages, les sources auxquelles on a puisé. Leur utilité ne se réduit pas à cette seule classe de livres; les voyages , les traités de sciences et d'arts , et généralement les ouvrages de faits, lorsqu'ils sont accompa-
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gnés d'additions , offrent au lecteur un avantage universellement apprécié , celui de mettre sous ses yeux toutes les sommités d'un ouvrage, et de lui en faire concevoir i-apidement la marche et le dessein.
Les additions , prenant sur la marge naturelle d'une page, doivent être composées dans un caractère assez fin pour que la justification puisse en être très-resserrée, et que, dans le cas où plusieurs d'entre elles seraient susceptibles de quelque développement, elles ne forment pas plus de huit à dix lignes. On doit employer pcwir les additions, loi-sque rien d'ailleurs ne modifie cette règle , lui caractère qui soit à celui des notes comme celui-ci est au caractère du texte. Ainsi , supposons un texte en cicéro; les notes seront en petit - romain , et les additions en petit-texte. Leur justification se prend , non sur des interlignes, car il en existe rarement d'aussi coui'tes, mais sur des cadi-ats , soit de gros-canon, double-canon, ou autres corps supérieurs, afin de remplir avec leurs cadrats les intei'\"alles plus ou moins grands qui séparent les additions. Ordinairement on n'interligne pas les additions ; cependant , si l'on juge que c«la doive produire un meilleur effet , il est facile de jeter entre leurs lignes des espaces égales , du même corps que les cadi'ats qui sers'ent de justification.
Pour isoler la colonne dCadditions de la page qu'elle accompagne , on se sert d'interlignes ou de réglettes. Quant à l'épaisseiu- de cette séparation , elle doit être proportionnée à la grandeur du format et à la largeur des additions : pour l'in-octavo , par exemple , elle est eu général de quatre à six points.
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Lorsque la justification de Vaddition n'a pas plus de trente à cinquante points , comme cela arrive toujours pour l'in-douze et pour l'in-octavo , quelquefois même pour l'in-quarto , au lieu de disposer chaque addition en forme d'alinéa , ce qui occasionerait une foule de divisions et des espacements larges ou serrés d'iuie manière ridicule, il est préférable alors peur le coup d'oeil de distribuer les mots en lignes inégales et placées en vedettes, ce qui leur donne l'aspect d'un titre.
On peut couper une addition d'une page à une autre, pourvu toutefois qu'on ne soit pas forcé de ne rejeter qu'uaie seule ligne. L'alignement de Vaddition avec le bas de la page a plus d'irriportance.
Au-dessous du format in-douze il n'est gïière possible de placer des additions , en raison de l'exiguité des marges dans les formats inférieurs.
Autrefois on abusait de l'emploi des additions , et Ton plaçait en marge les notes que l'on rejette maintenant au bas des pages ou à la fin des cliapitres. Il en résultait pour le lecteur une confusion qui est peutêtre la cause du discrédit dans lequel elles sont tombées. Les difficultés typographiques communément attachées à ce travail , tant pour la composition qvie pour le tirage des feuilles , ont pu contribuer aussi à cette défaveur. Sous le rapport de la facilité des recherches, nous nous plaindrons toujours , avec la majorité des lecteurs , de voir cet usage se perdre de jour en jour.
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Il est à remarquer que dans la plupart des anciens livres les notes se meltaient en additions, c'est-à-dire à côté du te^te et à sa marge extérieure. Celte méthode, qui défigurait les pages et les rendait irrégulières et inégales entre elles , a été sinon rejetée absolument , du moins considérablement modifiée. On ne Ta maintenue que pour les cas où il était nécessaire que l'œil se portiît , en même temps que sur le texte , sur certains ajoutés qu'on ne s'abstenait d'y réunir que pour ne pas entraver la marche du discours. Nous avons examiné , dans l'article précédent, les différentes occasions dans lesquelles les notes devaient rester marginales ; nous éviterons donc d'en parler de nouveau, et nous nous bornerons à indiquer celles qui en doivent être distinguées , et les modes divei"s que leur disposition peut subir.
Indépendamment de la différence qui existe entre les additions et les noies proprement dites , il est bon de diviser ces dernières en plusieurs genres particuliers. Les unes portent sur un mot ou sur im fait ; telles sont, par exemple, les remarques grammaticales ou chronologiques, les rapprochements historiques ou httéraires. Les autres , d'un objet plus étendu , ont le caractère de dissertations , et embrassent l'ensemble d'un ou\Tage, ou du moins ses principaux points de vue. Les premières , devant suivre immédiatement dans l'esprit du lecteur le mot, l'expression, la locution ou la phrase qui. y a donné heu, se placent en bas de la
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page. Quant à celles qui par leur développement pourraient nuire à la rapidité de la lecture , il faut les ranger dans la seconde classe , et les reporter à la fin de l'ouvrage, ou de l'une de ses divisions, si elles lui sont particulièrement relatives.
Le caractère des notes doit toujours être d'environ deux points au-dessous de celui du texte. Toutefois ce rapport , applicable aux caractères moyens et les plus usuels, varie pour les plus petits ainsi que pour les plus gros.
Voici , sauf les modilications que la nécessité peut y apporter, les projwrtions que l'usage a consacrées à c«t égard.
Gros-Romain. . Saint-Augustin.
Gros-Texte. Cicéro.
Saint- Augustin. Philosophie.
Cicéro. Petit-Romain.
Philosophie. Gaillarde.
Petit-Romain. Petit-Texte, Mignonne.
Gaillarde. Nompareille.
Petit-Texte et 3Iignonne. Parisienne.
n existe des caractères intermédiaires quant à l'œil , et que l'on distingue des caractères primitifs , ainsi que nous l'avons déjà dit , par la qualiOcatiou de gros-œil ou petit-œil. N'en pouvant faire mention à cause de leur diversité tout-à-fait arbitraire , nous ne pouvons que recommander , dans les nombreuses anomalies qu'elles occasionent, de se rapprocher le plus possible des principes énoncés ci-dessus.
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Les noies au bas des pages se séiwrent du texte soit par un filet maigre régnant , soit simplement par un blanc assez fort pour empêcher toute confusion. Lorsque ces notes sont très-abondantes , et qu'on veut employer, jxiur gagner de l'espace , un caractère plus fin qu'à l'ordinaire, on les met à deux colonnes : on peut alors se dispenser de les séparer du texte par un filet; elles s'en distinguent facilement. Cet usage ne peut guère avoir lieu que pour les grands formats.
Les notes rejetées à la fin commencent en page ou même en belle-page; et, dans ce dernier ras, elles sont quelquefois précédées d'un faux-titre. Cette disposition doit avoir pour base l'étendue et l'importance des notes , et en même temps être assujettie à la marche adoplée pour le volume relativement au besoin de diminuer ou do multiplier les blancs.
On appelle renvoi un signe placé dans le texte pour coiTes|x)ndre à une note précédée du même signe.
On peut se servir, pour exprimer les renvois, de chiffres , de lettres , ou d'astérisques. Les chiffres ou les lettres sont plus généralement usités. Les astérisques ne peuvent s'employer que pour des renvois très-rares ; et si, par exemple, il doit y en avoir plus de quatre, ce qui force à placer cinq astérisques de front, cette disposition est de nature ;\ occasioner des erreurs ; elle est en outre d'un mauvais effet , si les notes ne font qu'une ligne. Quelques ouvrages, portant des notes de différents genres , admettent différentes séries de renvois.
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Ces signes, pour ne pas opérer de confusion dans le discours , sont , ou renfermés en tre parenthèses , ou placés en supérieures. Le premier de ces arrangements est préférable lorsque les notes sont reportées à la fin , parce que, n'étant pas lues immédiatement , leui's renvois doivent se présenter facilement à l'œil qui parcourt rapidement les pages. L'autre disposition est préférable quand les notes sont au bas , en ce qu'elle interrompt moins la lecture. Elle est particulièrement convenable pour les vers, où l'espace est précieux et doit toujours être ménagé.
Le renvoi doit suivre la plirase , la partie de phrase ou le mot auquel s'applique la note. Cette position est nécessairement invariable.
Le renvoi peut précéder ou suivre la ponctuation; mais on le place plus ordinairement avant elle. Nous remarquerons seulement que la méthode adoptée d'abord doit toujours servir de règle pour la suite.
On ne rejette jamais un renvoi au commencement d'une ligne. Il tient à ce qui le précède , comme la ponctuation.
Les séries de renvois pour les notes du bas recommencent ordinairement à chaque page.
On ne doit jamais transporter une note liors de la page dans laquelle est placé son renvoi. Ce rejet n'est admissible que dans un ouvrage à deux textes en regard l'im de l'autre, dont un seul porte des notes; dans ce cas il peut arriver que Ton soit forcé de contrevenir à l'usagç. Ce sont les dernières notes qvi'il faut chasser et toujours sur la page correspondaaite.
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