‹ Traité de la typographie (volume 2)Chapitre 65 sur 124 · VIGNETTE · texte numérisé non relu

VIGNETTE

On comprend sous ce nojn générique les cadres, fleui'ons , culs-de-lampe, ou autres accessoires qui ne servent qu'à l'embellissement d'un livre. Autrefois l'usage des vignettes était beaucoup plus répandu que de nos jours. Presque tous les livres , quel qii'en fût le sujet , portaient sur leur frontispisce et en tète de leurs parties principales des ornements emblématiques. Des dessins en festons de toute la longueur des lignes traversaient fréquemment les pages, et couronnaient les titres qvii marquaient les divisions du livre. Quant au fleuron placé sur le frontispice , celte habitude venait de ce qvi'alors les libraires et les imprimeurs prenaient une

enseigne et quelquefois une devise, et que l'un ou l'autre, en revêtant le livre de celte marque , lui donnait un caractère de propriété qui pouvait en rendre la contrefaçon plus difficile. Maintenant ils y placent simplement leur chiffre ou initiales entrelacées ; encore tous ne le font-ils pas. Il arrive parfois qu'à la fm des différentes pièces contenues dans un livre on mette quelques ornements de ce genre. Il y a plus d'iui écueil à éviter pour savoir les rendre agréables. On doit d'abord apporter un discernement scrupuleux dans le choix qu'on a à en faire , et s'allacher avitant que possible à ce que les sujets qu'ils représentent soient toujours appropriés à la matière ([tii les précède. Si cela ne peut se faire, par une raison quelconque , il vaut mieux dans ce cas employer des vignettes insignifiantes , telles que des rosaces, des arabesques, ou autres dessins empruntés à l'architecture , et qui, si elles n'ont pas le mérite de cette conformité avec le sujet, n'ont pas du moins l'inconvénient de choquer la vue par leur discordance. Il faut aussi avoir toujours soin de proportionner la dimension des vignettes k l'espace qui doit les recevoir. On les place au milieu de la justification , et on laisse tm peu moins de blanc en tète qu'en pied.

Tous les ouvrages ne sont pas également propres à admettre des ornements ; il y en a même un grand nombre dont le genre grave et sévère exclut ces frivolités qui y produiraient une sorte de contradiction. Dans tous les cas , et en supposant qu'ils ne soient pas inopportuns , il faut en user sobrement , et n'employer que ceux qui puissent satisfaire tous les yeux sous

le double rapport de leur dessin et de leur gravure.

L'usage des ornements est du reste une chose toutà-fait arbitraire , et à l'égard de latjuelle on ne peut établir aucune règle positive. C'est aux compositeui-s , ou aux cliefs qui les dirigent dans leurs travaux , à faire, relativement à leur placement, tel choix ou telle combinaison qu'ils jugeront susceptibles de plaire par luie originalité exempte de bizarrerie ou par une simplicité de bon goût.

U existe un genre de vignettes composé de dessins continus et qui servent d'encadrements. Elles sont fondues sur toutes sortes de corps, depuis la Nompareille jusqu'au Triple-Canon , et même au-delà.

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