PRÉPARATION DU PAPIER
La préparation dn papier est une des opérations qui ont le plus d'influence sur la qxialité de l'impression. Elle doit toujours être appropriée à la nature du papier et en même temps à celle du tirage auquel il est destiné. Cette préparation consiste dans la trempe et dans le remaniement.
Le papier doit toujours être trempé au moins vingtquatre heures a%-anl le tirage. Cet intervalle doit même augmenter en raison de l'épaisseur du papier , de son degré de collage, et des autres causes qui en rendent l'apprêt plus long et plus difficile. Le caractère et le format de l'ouvrage déterminent aussi la distance qu'on doit laisser entre la trempe du papier et son tirage. FOTJRTVIER. 12
Si le caractère n'est pas inlei'ligné , si le format est plein, le papier doit être tremiié un peu davantage j et pour qu'il s'imboive également dans toutes ses parties , il est nécessaire qu'il reste plus long-temps dans cet état de moiteur.
Le papier se trempe de plusieurs façons , suivant sa colle et son épaisseur. La plus usitée est la trempe au balai. C'est de celle manière que se trempent tous les papiers non collés ; et ils entrent pour les trois quarts au moins dans ce genre de consommation.
L'ouvrier qui procède à cette opération se place à gauclie de la bassine et devant une table placée de niveau , afin que l'eau ne se porte pas plus d'un côté que de l'autre. Il met une maculature sur la table , ouvre successivement chaque main de papier , et l'aspei'ge le plus également possible avec un balai de fougère qu'il a plongé dans la bassine. 11 fait de cinq en cinq mains à la feuille de dessus, et du même côté, un pli qui fait déborder le coin de celte feuille. Les marques , c'est ainsi que s'appellent ces points de repère , suppléent pour l'ouvrier aux indications numériques qui lui manquent après que les mains ont été confondues.
Lorsque le papier se trempe à la main , on prend de la droite la main de papier du côté de la côte, et de la gauche on maintient l'extrémité des feuilles, afin qu'elles restent serrées l'une contre l'autre. On la fait entrer dans la bassine du cô lé du dos , on la passe rapidement dans l'eau , on la laisse égouttev pendant quelques secondes, et on l'ouvre en mettant toujours en dessous la partie trempée.
La trempe à la réglette est en usage pour les papiers collés et ouverts. On se sert de deux réglettes pour maintenir les feuilles que la main seule ne pourrait pas embrasser dans toute leur dimension. Le procédé du reste est le même que celui dont nous venons de parler précédemment.
Nous avons dit que le papier se trempait une fois par main. Il arrive souvent qu'en raison de sa nature ou de sa destination on le trempe deux fois , ou même davantage. 11 faut, dans tous les cas, faire en sorte de prendre des parties égales , pour que cette régularité se reproduise à Timpression.
Lorsque le papier est trempé , on le met en presse , soit entre deux ais et chargé, soit dans un pressoir. Cette dernière méthode est incontestablement préférable. La pression pouvant être beaucoup plus forte, le papier s'imbibe plus facilement ; et comme elle porte également sur toutes les parties de la feuille , le degré d'iuunidité est toujours identique.
Le papier se remanie après quelques heures de presse. Celte opération consiste à retourner alternativement des parties à peu près égales de feuilles dans un sens opposé, pour déplacer celles qui pourraient être plus sèches ou plus humides. Le papier doit toujours être remanié au moins deux fois , in-douze et in-octavo , et quelquefois davantage, selon sa trempe et sa lenteur à s'apprêter. En général , le papier ne saurait être remanié trop souvent, excepté dans un temps où le liâle pourrait le sécher. Il faut toujours avoir soin, dans cette disposition de température , de le rafraîcJiir
sur les bords. Si au conlraire il est trop trempé, il faut l'exijoser à Pair pendant quelques minutes, et le remanier de nouveau.
Lorsque le papier est resté trempé plusieurs jours, l'ovTvrier doit se tenir sur ses gardes , et examiner fréquemment s'il ne court pas le risque de s'avarier. Cet accident est ordinairement annoncé par une odeur particulière qui s'exhale du papier. En pareil cas on doit l'étendre promptement et très-mince ; c'est la seule chance possible de conservation.
L'ouvrier reçoit ordinairement une main de plus par rame. Ce surplus s'appelle la passe ou le chaperon. 11 est destiné à parer aux défectuosités qui surviennent pendant le tirage , indépendamment de celles que rendent inévitables la marge et la mise en train.