‹ Traité de la typographie (volume 3)Chapitre 15 sur 128 · PONCTUATIONS · texte numérisé non relu

PONCTUATIONS

On appelle ponctuation diacun des signes servant à marquer cette opération grammaticale. Ils sont âu nombre de six , savoir :

Loi virgule (,);

Le point-virgule , ou petit-qué ( ; ] ;

Le deux-points , ou comma ( : ) ;

Le point ( . ) ;

Ije point d'interrogation (?) ;

Le point d*exclamation ou d^ admiration ( ! ).

Ces différents signes sont ordinairement fondus sur une épaisseur identique , environ un cinquième du cadratin. Il y en a dUtaliques , excepté le point, dont la forme circulaire ne peut recevoir d'inclinaison.

Ce serait SQrtir des bornes que nous prescrivent nos attributions, et empiéter sur celles de la grammaire, que de prétendre donner ici les règles de la ponctuation pour tous les cas possibles. Toutefois , sans nous ériger en législateurs de la langue, nous nous permettrons de présenter en peu de mots le résumé des observations qui nous ont été fournies par Texpérience.

Rien n^est plus arbitraire par le fait que la ponctuation ; rien ne devrait être plus invariable. Chaque auteur ponctue selon qu'il coupe ses phrases en parlant, par conséquent d'une manière conforme à sa pranopcialion. Tous craignent d'enfreindre les règUs de la

syntaxe ; et la jiliipart semblent ignorer que la pcmctoatkm ait les siennes. Cependant Fune et Fautre sont parties intégrantes de la langue , et ont leurs principes également inviolables. SHl en était autrement , tel système de ponctnatum qui conviendrait à un écrivain semblerait insupportable à une partie de ses lecteurs. 11 est donc nécessaire de ramener chaque méthode parti* cnliére à une méthode uniforme, pour épargner à la lecture des entraves nuisibles ; et cette juridiction est du ressort de la typographie.

Void^ en très-peu de mots^, les principales règles que nous désirerions voir constamment maintenues.

La virgule est de toutes les ponctuations celle dont la valeur est la moindre. Elle marque les pauses les plus faibles dans le discours , les suspensions de sens , les différentes parties d'une énumération. Elle ne doit séparer le substantif de l'adjectif, du pronom relatif ou du que adverbe que lorsque ceux-ci n'en sont qu'une circonstance accessoire et non une modification essentielle. On ne la place jamais devant la conjonction «f lorsque celleci réunit les deux derniers termes d'une accumulation. Elle ne doit point s'interposer entre le sujet et le verbe qui en dépend, ni entre celui-ci et son régime, non plus qu'entre deux termes comparatifs. Les iadses se placent entre deux virgules, et s'isolent ainsi de ce qui < précède et de ce qui suit. La virgule est la plus usuelle de toutes les ponctuations ; c'est de son enrploi que dépend l'intelligence et la clarté du sens; on ne saurait donc y apporter trop d'attention.

Le point -virgule s'appelle aussi petit- que, parce

qu''autrefois dans les éditiools lalines il serrait à Fabrévia don de la oon jonction enclitique que, et qu'on imprimait ubiq ; pour ubique, La valeur de cette ponctua^ tion suit immédiatement celle de la virgule. Le point" virgule marque les différents membres d'une* {^rase , les parties d'une période et le passage de ses divers points de vue. 11 précède ordinairement les conjonctions or^ mais, car , et généralement celles qui servent à distinguer dans le raisonnement les prémi^sesde la conclusion.

Le deux-points ( ou comma ) a quelquefois la même valeur que le point-virgule. Il remplace celui-ci lorsque la particule conjonctive ou disjonctive qui devrait le suivre est sous-entendue. Il se met aussi devant un dernier membre de phrase qui sert de résumé ou de conclusion à ce qui précède, ou devant une énumération annoncée par le mot savoir ou par lui équivalent. Enfin il est signe de citation ou d^allocution.

Le point est la plus forte des ponctuations quant à la valeur. Il indique la fin de la phrase et le complément du sens. Plusieurs points consécutifs indiquent une lacune ou une suspension.

Le point doit toujours ^tre suivi d'une grande capitale , excepté dans certains cas où il est employé comme signe d'abréviation.

^ 1^ point d* interrogation et \e point d'exclamation ^ dont la valeur est indiquée suffisamment par leur dénomination respective , suivent ordinairement un acais fini. Cependant ils se trouvent quelquefois placés dans l'intérieur de la phrase, à la suite de certaines inter^ >ections. Il est encore d'autres ca9 où ces deux ponctua-

twru se mettent à la fin de simpLes membres de pliihise , de ceux notamment où cesse Pinterrogatietn ou l'exda-^ matiim ; et oonséquemment ils n'exigent point la capi* taie après eux. Par exemple , dans les périodes qui renferment certaines répétitioBS ou certaines forces énuméxatives, pour indiquer au lecteur, aTant la fin de la phrase, Tintonation qu'il doit prendre suivant que cette phrase est suivie de lUme on de l'autre de ces ponctua-' tions , elles remplaoent la virgule ou le point-virgule.

L'usage des Espagnols de faire précéder la phrase du signe retourné , indépendamment de celui qui la suit , remplit beaucoup mieux encore ce but d'utilité.

Noas regrettons de n'avoir pu accompagner d'exemples les règles que nous venons d'énoncer sommairement , et cependant aussi complètement que posnble. Ce travail ncras aurait entraîné trop loin dans un genre de dissertation qui , tout succinct qu'il est, n'en est pas moins déjà une digression au fond de notre Traité , et nous aurait exposé à des omissions plus graves que nos citations n'eussent pu être utiles. De toutes les opérations grammaticales , la ponctuation est celle qui avoisine le plus le domaine de la typographie. C'est luie des attributions de cet art que de veiller à l'observation de son analogie constante , comme de ramener l'<Mrtbographe à des principes fixes et unifuffmea. La régularité d'un ouvrage sous ce rapport , et celle de son exécution matérielle , sont deux qualités sans le concours desquelles il n'existe point de perfection. Un bon livre, quel qu'en soit l'ohjet, est une grammaire pratique dans laquelle les lecteurs doivent trouver l'application fidèle des théories

t la langue; et la plupart d'entre euxne doivent la oonr. uaissance de ses principes qu'à œ genre d'expérience.' ^ ^«ûprimerie , aux yeux d'un grand nombre de penonneft qui ne savent pas se rendre exactement onnpte de ses erreur», a un caractère d'authenticité qui fait qu'elles hésitent à les reconnaitre. Il est donc du devoir de ceux qui i exercent de prévenii* les dangers qui peuvent résulter d'une prévention aussi heureuse, ou plutôt de chercher à la consolider et à la convertir en une opinioa fondée et durable de son infailHbilité.

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