‹ Traité de la typographie (volume 3)Chapitre 24 sur 128 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

La composition est une des principales parties de l^impression. Elle en est la plus importante par les variatians et les dffîcultés qui s'y rencontrent , en même temps que par les soins de tout genre que réclame son travail. La multiplicité des fonctions diverses qui s'y rattachent la rendent la plus compliquée de toutes. C'est elle qui, dans Fart d'établir avec des lettres mobiles des planches régulières et solides qui puissent reproduire à l'infini les copies d'un ouvrage, exécute, retouche et prépare définitivement au tirage ce travail minutieux j en un mot, elle est le grand œuvre de la typographie. G>mme elle marche la première dans l'ordre progressif des différentes opératicms qui composent cet art, elle doit naturellement figurer au premier rang dans celle dissertation.

La composition ne consiste pas seulement , ainsi que ce mot donnerait à entendre, dans la combinaison des caractères et dans la formation des pages ; mais elle em^ brasse réellement la série tout entière des opérations qui précèdent le tiragç. Ainsi la composition proprement dile, la mise en poges, V imposition , la correction et la diS' tribution,ne doivent être considérées que comme parties intégrantes de ce travail. Maintenant que nous avons fait

connaître par cette explication toute la valenr de son titre, nous allons donner une idée de son ensemble , en présentant dans leur oi'dre progressif les principaux éléments qui doivent y concourir , et qui , par la suite , considérés isolément et développés dans des dissertations particuUères , deviendront autant de divisions de cette grande section de la typographie.

Lorsqu'on entreprend l'impression d^un ouvrage , et qu'on se livre à la composition, les premières conditions à déterminer sont le format et le choix des' caractères, au moins de ceux qui doivent y dominer. Ces notions sont généralement fournies par l'auteur , le libraire ou éditeur quelconque, qui se charge de la direction de l'entreprise. Ces points une fois fixés, les mesures qui sont du ressort de l'imprimeur, quoique d''un ordre secondaire , doivent être arrêtées. Telles sont la justification, l'interlignage, le nombre de lignes, ainsi que plusieurs ^uti^es détails pour lesquels il est nécessaire de prendre dès l'abord une déteimihation immuable.

U est encore une foule d'autres circonstances que la . diversité des ouvrages multiplie à Tinfini , et que l'on doit s'appliquer à prévoir et à résoudre d'une manière générale et uniforme, dans la -crainte qu'un vice de régularité ne devienne par la suite ou impossible , ou très-difficile à rectifier. Ces détails sont en grande partie susceptibles d'être adoptés, sinon arbitrairement, au moins suivant une foule de considérations diverses. Aussi le choix des méthodes , soumises à la variété des goûts , la fixation et le classement des principes typographiques

à observer, sont-^ rigoureus^nent néceesairetf pau^ Fexéoattonde ce travaiL Ce n'est qu'après de semblables préparatifs, et avec des guides aussi iadiapensables , que ron peut oitreprendre une opération qui est exposée à de £îréqaents obstacles , et qui ne présente pas les moyens de remédier facâlement aux fautes qui peuvent s'y oontmettre.

Toutes oes diverses d(»nées doivent être déterminées ou recueillies par le prote, qui les transmet ensuite à l'ouvrier chargé de la mise en pages du labeur. Si l'im» portanoe de l'ouvrage est telle que plusieurs ouvriers doivent travailler à sa composition, le metteur en pages se charge de leur distribuer la copie et de recevoir les paquets composés. Lorsque oes paquets sont en n<Mnbre suffisant pour former une feuille , et que les fonctions de la mise en pages ont été exécutées , on impose la feuille et on en fait tirer épreuve. Les différentes épreuves ayant été successivement lues et corrigées , la feuille est alors disposée pour le tirage. Ici s'arrélent les opérations qui sont du ressort de la composition.

Nous allons maintenant donner de chacune d'elles une description circonslanciée , dans laquelle nous n^o* mettrons aucun des détails qui peuvent avoir la moindre importance , et qui méritant de figurer dans un Traité pratique.

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