‹ Traité de la typographie (volume 3)Chapitre 43 sur 128 · PAGE · texte numérisé non relu

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La page est un assemblage de lignes déterminées , quant à lem* longueur et à leur nombre , par le format de la feuille dont elles font partie. Nous disons que les dimensions de loLpage dépendent du format , parce qu'en effet le format est la première condition que l'on arrête en commençant l'impression d'un ouvrage; mais., malgré cette influence , qui [est réelle et constante , la grandeur

lo4 PARTIE I, CHAPITRE III.

de IsLpage est soainiBe à beaucoup de circonstancié différentes qui y apportent autant de modifications. Les causes de toutes ces variatians tiennent généralement, lo ^ la diversité des goûls en matière typograpliiqne , a» à la nécessité de faire tenit dans h. page xme quantité plus ou moins grande de cope, S^ enfin au format du papier employé pour Pouvrage.

La justification sert de base aux autres dispoeitions qii''on doit suivre : une fois adoptée, elle fait connailre , par analogie , la proportion applicable à la longueur. Le rapport qui existe entre ces deux dimensions n'est pas invariable; mais les données de Pusage et du goût général permettent d'élablir en principe que la longueur de la page est à sa largeur ou à la justificatian comme douze esta sept. Cette règle toutefois ne peut pas toujours être strictement observée , attendu que les justifications existantes , et la nécessité d'interligner également toutes les lignes, y mettent souvent obstacle ; mais il est bon de s'en rapprocher autant que ces divenses conditions le permettent. La page in-quarto et la page insère font seules* exception , parce que la feuille de ]^^er ployée suivant ces formats présente une surface presque quarrée ; et comme la forme de la page en impression doit suivre , autant que possible , celle de la poge en papier , elles sont nécessairement moins longues , et leurs dimensions Boni presque égales sur les deux sens.

On appelle page longue celle dont la ligne de pied est remplacée par une ligne de matière, et qui porte par conséquent une ligne de plus que les autres. Il résulte de l'addition de cette ligne supplémentaire une

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disparate qui est im vice choquant en typographie; aussi ne doit-on user de celte ressource qu^avec la plus grande réserve, et seulement à défaut de tout autre moyen. Plusieurs imprimeurs ont voulu la bannir entièrement du système actuel de composition; ils ont tenté d^y substituer une diminution dans Tinterlignage qm permit de faire entrer dans la longueur ordinaire de la page une ligne de plus que de coutume. On ne peut pas toujours employer cet expédient; car, quelque léger que soit le changement opéré dans Tinterlignage, il ne peut jamais être moindre d^un demi-point ou dMn papier ; or cette^différence , ajoutée à elle-même autant de fois qu'il y a de lignes à la pagej produit rarement une longueur exactement pareille à la mesure ordinaire : et, dès qu^on ne peut pasamver à un résultat parfait , autant vaut conserver Finterligne telle qu'elle doit être et mettre une ligne déplus. Cette méthode a de plus un grand inconvénient; c'est que, si elle n'a pas lieu pour le recto et le vei*so du même feuiUet , les lignes ne tombent plus en registre, ce qui est un défaut capital en mati.ère de tirage.

On fait encore usage de la page longue pour éviter , soit de commencer une page par une fin d'alinéa , soit de faire une page de trois ou quatre lignes , comme à la fîn d'une division d'ouvrage ; dans ces deux cas , on allGODge autant àe pages qu'il y a de lignes à perdre : on s^en sert encore dans beaucoup d'autres circonstances , où la nécessité oblige à prendre cette mesure. Quand on l'emploie pour une page on doit avoir soin de le faire aussi pour la retiration , parce que ce défaut serait trop FOUBiriER. 7

apparent si les deia.p€tges qui tombent runesnrrantre n'avaient pasle même nombre de lignes; tandis. qu'en prenant une telle précaution , on rend cette in.'égularité moins sensible.

On appelle page courte , dans mie signification opposée, celle dont, par des motifs souvent semblables, on est obligé de retrancher une ligne. Cette imperfectian est à éviter aussi bien que celle de la page longue / les recommandations que nous avons données relativement à celle-ci sont également applicables à l'autre ; et il n^ a de même que la nécessité qui puisse en rendre Tosage tolérable.

La page blanche est celle qui ne reçoit Fimpression ni intégralement ni partiellement , comme il s'en trouve à la lin des volumes quand leur dernière feuille n'est pas complète, et quelquefois même dans le courant des ouvrages. Les pages blanches sont réellement utiles dans certains cas; mais, tant par devoir de conscience que par respect pour les règles da goût, on doit se garder d'en prodiguer l'usage. Il existe , par exemple , un principe typograpliique d'après lequel le verso du fiDntiS|nce d'un volame doit toujours être une page blanche. En effet Ton conçoit que, les Hgnes d'im titre étant toutes différentes par le caractère et autrement interlignées que le corps du volume , le moindre contrefoulage au verso déparerait un des plus beaux ornements d'un livre. Dans les ouvrages imprimés avec recherche , on en fait un usage un peu plus fréquent que dans les impressions ordinaires ; mais , en thèse générale, on doit s'abstenir de suivre cet exemple sans nécessité.

G^est principalement aux compositeurs que ces re^ Gonunandations s'adressent, et notamment à certains d'entre eux qui ne sont que trop portés à user , souvent aux dépens de Texécution de leur travail, du privilège qui leur est dévolu de se faire payer les pages blanches comme des pages de matière.

Ces pages , bien que par leur nature elles ne soient pas destinées à recevoir Timpression , doivent cependant (être représentées par une somme de cadrats, d'interlignes ou de lingots , équivalant par ses dimensions à la page ordinaire. Ce travail deviendrait inutile dans le cas où -Qn côté de châssis ne serait composé que de pages blanches. Ainsi, dans ce cas, on ne ferait pas quatre pages blanches in-octavo ou deux in-quarto, et conséquemjnent dans aucun cas on ne met de page blanche in-folio ; on laisse vide ce côté de châssis.

Faire commencer en page un chapitre, un livre, un chant, ou toute autre division d'un ouvrage, c'est la reporter en tête de la. page suivante , soit paire , soit impaire, suivant que cela se rencontre. Faire commencer en belle page , c'est reporter en tête du recto suivant. Lorsqu'on recourt à cette dernière méthode , il est convenable de faire précéder d'un faux titre la partie ainsi disposée , pour motiver le verso blanc qui peut se trouver en regard.

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