‹ Traité de la typographie (volume 3)Chapitre 47 sur 128 · SIGNATURE · texte numérisé non relu

SIGNATURE

La signature est une marque particulière à cliaque feuille d'un volume , et qui sert tant pour les assembler et les classer dans leur ordre , que pour les ployer conformément à l'imposition adoptée pour leur format.

Ce signe est représenté , soit par une letti*e , soit par rm nomljyre, mais toutefois suivant une marche uniforme , et une série, alphabétique ou numérique, correspondant à celle des folios.

Les signatures se mettent au bas de certaines pages de la feuille; elles sont insérées dans la ligne de pied, vers son extrémité droite. L'usage est , si Ton se sert de lettres, d'employer les grandes capitales du cai*actère du texte de l'ouvrage ou , s'il en admet plusieurs , de celui qui y domine } et , si l'on se sert de nombres , de les représenter par des chiffres arabes du même corps. Cependant , comme il n'est aucunement nécessaire que ce signe ressorte beaucoup à la vue , et que sa position isolée le rend suffisamment visible, il est permis de le mettre dans un caractère inférieur , ce qui , loin d'être un défaut, est même une chose de convenance en typographie.

L'emploi des signatures est déterminé par le fpcmat : toutefois il est de règle que c'est toujours aux pages impaires, ou recto, qu'elles sont placées, et jamais aux pages paires , ou verso. On verra que leur nombre est également dépendant du format de la feuille , condition d'après laquelle elle en prend tantôt une seule, tantôt plusieura; majjs dans tous les cas, quelle qu'en soit la

quantité voulue, la première page d^une feuille porte toujours une signature. Quant aux autres , lorsqu'il y en a , leur disposition est relative au format.

Lorsqu'un ouvrage se compose de plusieurs volumes , la série des signatures recommençant toujours pour chacun d'eux au nombre i ou* à la lettre A, afin d'éviter la confusion que pourrait occasioner la répétition plus ou moins fréquente des feuilles portant mêmes signatures, on indique à la première pag6 de chaque feuille la tomaison du volume auquel elle appartient. Cette seconde indication se place au commencement de la ligne de pied , c'est-à-dire à l'opposite de la signature ordinaire 'j on la met indistinctement en romain ou en italique, avec ou sans le mot tome; seulement, dans ce dernier cas , il est à propos de mettre le numéro àxi tome en cliiffres romains , pour que cette signature, qui est celle du volume entier et qui se répète à chacune de ses feuilles , ne se confonde pas avec leur signature particulière.

Si l'on imprime une collection de plusieurs otivrages , dont chacun forme au moins un volume, il est bon que la signature porte le titre de chacun d'eux en paiv ticulier , et sa tomaison à la suite , quand il doit comprendre plusieui^ volumes. Ces précautions, qu'il est facile à l'imprimeur d'apporter à la composition des ouvrages, sont souvent d'une très -grande utilité pour l'assemblage des volumes, et servent à établir l'ordre dans les magasins où se déposent les impressions.

La signature d'une feuille a cela de particulier qu'elle lui donne son nom ; et, pour spécifier telle ou tdle feuille

COMPOSITION, ii3

d^an volume, on n'emploie jamais d'autre désignation. £Ue est aussi l'indice le plus certain pour faire reeonnaître son format.

Lorsqu'une signature est répétée dans une feuille ce qui arrive pour une partie des formats, on la fait suivre d'abord d'un point , pïiis de deux , etc. , ou d^im chiffre supérieur indiquant son degré de répétition.

Les formats dont les feuilles sont divisées en cahiers renouvellent leurs signatures tantôt par cahiers , tantôt par feuilles.

Voici quel est , suivant les différents fonsats , le nombre et le placement des signatures de la feuille.

Avant de commencer cette énumération, il est bon de rappeler, comme un principe général et invariable poor tous les formats , que la première pe^e de la feuille porte toujours une signature. Nous nous bornerons donc â indiquer les cas et les pages où elle est répétée.

L'in-folio n'en a qu'une.

L'in-quarto n'en a également qu'tme. Quelquefois on la répète à la page 3 ; mais ce redoublement est entièrement inutile à la ployure; on ne le conserve que pour l'imposition, comme point de repère^

Celle de l'in-octavo est également simple.

La signature de l'in-douze est tantôt simple et tantôt double, suivant son imposition. Lorsqu'on impose le petit caliier en-dehors du grand , l'un et l'autre prennent quelquefois une signature différente; ces deux dispositions sont tout-àrfait arbitraires. Lorsque le cahier «'impose en enoart , la fignature est simple; dans ce cas

lié PARTIE I, CHAPITRE III.

on la répète à la page 9, qui est la première de Fencart.

La signature de rin-«eize est la même qne celle de rin--octavo , lorsqu^il s'impoee par demi-^Teuille , ce qui se fait (Mrdixiaireinent. Dans le cas où. elle s'impose par feuille , en un seul cahier , on met une signature à la page du cahier intercalaire qui forme la page 9 de la feuille entière. S^il s'impose par feuiUe , et en deux cahiers séparés , on met une signature différente à chacun d'eux, et vm la place comme à la demi-feuille.

L'in-dix-huit se compose de trois cahiers, de la pages chacun , qui éqtdvalént à la demi-feuille in-douze , et qui ont chacun une signature particulière. Elle se répète à l'encart de chaque cahier.

L'usage veut que les feuilles qui à la ployure se divisent en plusieurs cahiers portent im nombre de si' gnatures égal à celui des cahiers; mais il en résulte qne , lorsque le volume est broché et que son format ne se fait pas reconnaître sur-le-champ , on éprouve, pour distinguer chacune des feuilles , des difficultés auxquelles il eût été facile d'obvier. A cet effet nous voudrions qu'une feuille, quel que fût son format, n'eût qu'une seule signature , mais modifiée en autant de manières différentes qu'elle comporterait de cahiers , par des signes qui indiqueraient leur ordre. L'in-dix-huit, par exemple ( puisqu'il est question maintenant de ce format), porterait à son premier cahier la signature i ou A suivi d'un I supérieur , au second cahier la même suivie d'un a supérieur, et d'un 3 au troisième cahier. Cette mesure une fois adoptée pour tous les formats établi-

COMPOSITION. ii5

rait cette tmifonnité de syslème^à laquelle on dent toujoan tendre dans un genre de travail quelconque , poûqu'en simplifiant le procédé elle diminue le nombre des difficultés et des erreurs. Elle ferait aussi disparaître cette confusion qui nait de Fimpossibilité de donner à chaque feuille une indication particulière , et rembarras qui en résulte fréquemment tant pour Fimprimeur que pour le libraire. Si donc la force de Thabitade ne devait pas prévaloir, il serait à souhaiter que cette métliode pût se généraliser.

Autrefois on avait Fhabitnde de mettre une signature à diaque carton de la feuille , quel qu'en fût le format. Outre Tinutilité carni^ète de cet arrangement, pour l'emploi auquel il est destiné , la multiplicité de signes semblables, et modifiés seploment par d'autres signes que Toeil ne pouvait saisir rapidement, devait oocasîoDer une confusion presque inévitable parmi les cartons de la feuille , et de nombreuses interruptions dans la série des folios. C'est donc une heureuse inno* vation que la réduction des signatures au strict néces> saire.

Gomme les formats inférieurs à ceux ci-dessus men* donnés n'en sont que des subdivisions , il serait inutile d'insister plus longuement sur leurs signatures*, puisqu'elles présentent une identité parfaite avec celles des formats dont ils senties multiples.

Noos terminerons nos observations sur les signatures en remarquant que , toutes les fois que dans un ouvrage on a à recomposer soit une feuiUe , soit une demi - feuille , soit un carton , soit enfin une partie

Il6 PARTIE I, CHAPITRE III,

quelconque de la lénifie f pour éviter toute espèce de confusion ou d'embarras dans le discernement du tirage qui doit servir, il faut avoir soin d'ajouter à la signatare de cette partie reccttnposée un astérisque ^ qui fait reconnaître de suite ce que Ton pourrait chercher longtemps en vain.

De même, lorsqu'on veut joindi*e à un volume- une partie séparée ou imprimée après coup, ce qui oblige à recommencer la série des signatures et celle des folios , il faut avoir soin de différencier les uns et les autres de ceujL employés dans le corps de Touvrage. Par exemple, si Ton a employé primitivement pour les signatures la série des nombres , il faut recourir en second lieu à celles des letti*es. L'usage est maintenant de se servir en pareil cas de lettres de bas -de -casse italiques.

Gomme nous n'avons pu consigner ici toutes les observations relatives aux signatures soit int^nles , soit partiales , des différents formats , on pourra toujours recourir, en cas d'omission de notre part , au tableau des impositions , où l'on trouvera l'application universelle d'un système de signatures que nous avons régularÀsé.

Pour s'assurer de la correspondance exacte de la signature et du premier folio d'une feuille , il suffit de multiplier le nombre de pages contenu dans la feuille , suivant son format , par le nombre qui lui sert de signature; on doit trouver pour produit le dermer folio de la feuille. Si la feuille porte deux ou trois signatures, il faut prendre la moitié ou le tiers du produit.

Le tableftn d-après présente la sérîe des signatures pour chaque format, avec les folios qui y correspon-. dent jusqu'au plus grand nombre de feuilles probal?le pour un volume. Nous avons adopté pour Tin-douze la signature simple.

Une pareille table, dont Pusage est aussi fréquent dans rimprimerie que œlui du Barème dans le comment et la finance, devrait être placardée dans les ate- Kcre et figurer dans le rang de chaque compositem*. Ce serait wa. moyen sûr d'éviter les erreurs de calcnls qpi se commettent souvent dans les ouvrages sujets à des interruptions, et que les correcteurs omettent de relever.

Page 1