‹ Traité de la typographie (volume 3)Chapitre 74 sur 128 · GARNITURES · texte numérisé non relu

GARNITURES

Les garnitures sont les intervalles qui séparent les pages dans une forme , et qui représentent les marges du papier. EUes varient quant à l'épaisseur et à la longueur, eu égard à la diversité des formats.

On se servait autrefois ( et aujourd'hui mêine on s'en sert encore dans un certain nombre d'imprimeries ) de bois pour établir les garnitures. Cette méthode était sujette à une foule d'iuoonvénients dont il

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suffira dMndiquer les plus graves. Ces bois étaient trèsrarement assez égaux en épaisseur pour que les intervalles fassent identiques ^ et, au moment du tirage, il était difficile d'obtenir un registre parfait. Après le lavage de la forme, s'il arrivai I: qu'elle restât plusieurs joUrs imposée, les bois se séchaient et se resserraient, d'où il résultait de fréquentes décompositions des formes , notamm^it dans le temps des chaleurs. Les bois , une fois coupés pour un ouvrage , étaient rarement employés à d'autres , et il fallait les renouveler fréquemment.

L'opinion générale des impiimeurs sur l'imperfection de celle méthode engagea les fondeurs à s'approprier ce genre d'exploitation. Cette innovation fit naître différents systèmes , dont voici le résultat sommaire.

On a établi une échelle de proportion , applicable à la fois à l'épanseur et à la longueur de ces plombs. On a pris pour cela une mesure commune qui a servi d'unité, telle par exemple qu'un Saint- Augustin , ou douze points typographiques.

Il existe dans un même système plusieurs épaisseura , qui sont toutes divisibles par l'unité primitive ; du reste elles se modifient à l'aide de réglettes ou d'interlignes. Quant aux longueurs , on les forme par la combinaison de différents numéros.

Les garnitures ne varient pas seulement suivant les formats, mais encore , dans le même format, suivant la justification. Leur emploi est la partie sans contredit la plus délicate et la plus importante de l'jmposition , puisqu'elles déterminent les marges d'une feuille , ce qui

influe essentiellement sur Taspect agréable ou disgracieux d'un livre. U est presque impossible de prés^Her à oet égard un corps de principes très-complet; mais nous pouvons indiquer , comme les plus générales et les moins susceptibles, d'exceptions , les règles qui suivent.

lo. Les garnitures de tête et de fond étant invariables et indépendantes de la distribution plus ou moins égale des marges extérieures qui se fait au tirage , et les feuilles ne devant jamais être ébarbées de ces côtés-là , ces blancs sont ordinairement moindres d'un tiers que ceux du dehors qui leur correspondent.

2°. Les blancs dans lesquels il y a coupure lorsqu^on pUe les feuilles doivent être un peu élargis proportionnellement aux autres, parce que cette opération peut endommager les marges, mais cependant rester un peu moins larges que les bords de la feuille, qui sont exposés aux inégalités du papier et au placement irrégulier de la feuille sur le tympan. Cet excédant en faveur des fausses marges doit se composer de la partie destinée à être ébarbée au brochage.

3°. Les garnitures d'un labeur ne peuvent être invariablement établies que sur une feuille du papier qui doit être employé à son tirage. U y a , dans les papiers de même format, des dififérences de dimensions plus ou moins marquées , mais toujours telles qu'elles apportent à la distribution des blancs certaines modifications plus ou moins sensibles.

4°. Dans les impositions qui nécessitent des coupures là où le blanc n'est pas partagé également, toutes les fins

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qu'on n^est pas guidé par les trous des pointures, comme on Test dans Tin-douze, il est d'usage d^indiquer par des 61ets les endroits on le plioir doit passer. Ainsi , dans rin-dix-hnit, il est bon d'en mettre en tête de chacun des trois cartons intercalaires.

Les garnitures des deux formes qui composent une feuille doivent toujours être parfaitement identiques, pour que le registre puisse être fait. Cette conformité doit exister égalemenif pour toutes celles qui peuvent être établies sur un labeur ; la première, une fois faite et approuvée, doit servir de modèle à toutes les autres.

Les garnitures fondues suivant le meilleur des systèmes actuels sont percées dans la longueur à de certaines distances, et reçoivent des supports pareille^ient en fonte, ou en liège , qui, au tirage, sont d'une trèsgrande utilité.

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