TOUCHE
La touche est le travail de celui des deux imprimeurs qui est chargé de prendre l'encre , de la distribuer , et d'en enduire la forme. Cette fonction est d'une grande importance, et demande, l'attention la plus soutenue. Il
est telles opérations du tirage qui ne requièrent que des soins momentanés, entre autres la mise en train; mais la touche exige une surveillance infatigable. Elle doit donner pour résultats une couleur ferme, pure , et toujours égale; telle enfin que la lettre soit entièrement couverte, et en même temps que les moindres traits viennent dans toute la finesse de leur gravure. L'ouvrier qui touche ne doit jamais laisser tirer plus de quatre feuilles sans examiner le tirage , afin de voir si la couleur se soutient , s'il doit prendre de l'encre , s'il n'y a pas de lettres à nettoyer , ni d'espaces ou de cadrats à baisser.
La touche s'opère, soit avec les balles, soit avec le rouleau.
Si l'on se sert des balles , il faut passer fréquemment le broyon sur l'encre , que l'on étale en petite quantité an bord de l'encrier; si l'on emploie le rouleau , il suffit de tourner la manivelle du cylindre, pour renouveler la couche d'encre qui s'y attache.
Quel que soit celui des deux procédés dont on fasse usage, il faut, avant de commencer le travail, faire bien prendre les cuirs ou le rouleau , les décharger sur une feuille de papier collé lorsqu'ils sont trop encrés , les distribuer sans relâche , et prendre l'encre en petite dose et à de fréquentes reprises.
La forme doit être parcoui*ue trois ou quatre fois par l'instrument qui sert à toucher , et davantage , lorsque sa plénitude l'exige spécialement.
TIBAOE PROPREMENT DIT.
Tandis que Tun des ouvriers s^occupe à prendre Tencre , à la distribuer et à toucher la forme , Fautre est chargé du tirage proprement dit.
Ce dernier prend sa feuille sur le pupitre, la place sur le tympan, abaisse d^un seul mouvement la frisquette et le tympan, roule le train sur la platine, tire le barreau , déroule le train , relève le tympan et la frisquette avec la main droite , et de la main gauche soutient la feuille , quUl reprend ensuite de la main di*oite lorsqu'^elle est dégagée, et la remet sur le banc.
dette opération demande de Tunité dans le mouvement , qui est exécuté avec promptitude. La feuille doit être placée bien exactement sur la marge; si c^est dans les trous des pointures , ils ne doivent pas être élargis , ce qui ferait varier le registre. Le moulinet doit être fait avec précision , pour que la frisquette ne s^abatte pas sur la forme. Le train doit être roulé au même point pour que la platine porte également sur le tympan ; il Ile doit être déroulé qu^autant que cela est nécessaire au relevage du tympan , afin que la frisquette conserve son inclinaison.
RETIRAT ION.
La retiration (> ) est le tirage du second côté du papier. Lorsque Touvrage tiré est imposé par demi-feuille,
(^) Le mot rettratioH est ëridemment le substantif riitération , corrompu par le langage technique. Les Anglais le traduisent par nitervkon, ce qui Tient i l'appui de notre remarque.
le papier se met en retiraticm sur la même forme , soit après la totalité du tirage en blanc , soit après une partie seulement, si le tirage est trop considérable. On doit éviter , quand on le peut , de mettre du papier trop promptement en retiration; mais d'un autre côté il est bon de ne pas Py remettre plus tard que le surlendemain du jour où il a été tiré en blanc.
Quand tout le papier a été tiré d'un côté, l'imprimeur l'enlève du pupitre , et le retourne dans le sens requis par le format.
Pour l'in-douze, le papier se retourne dans le sens le plus étroit, ainsi que l'indique d'ailleurs la position des pointures.
Pour l'in-octavo et tous les autres formats , le papier se retourne dans le sens le plus large, excepté dans certaines impositions combinées , où il doit être retourné in-^ouze. Dans ce cas le prote doit en prévenir l'ouvrier.
L'imprimeur donne tierce de la seconde forme , l'arrête dansia même position que la première, examine le registre , vérifie la garniture, et diminue d'un tour de vis le foulage de la presse.
Il place sur la marge une feuille de papier de décharge. Le but de cette feuille est de recevoir une partie de l'encre du premier côté qui se détache infailliblement à la retiration par l'effet du contre-foulage. Cette feuille doit être renouvelée par l'imprimeur , dès qu'il peut craindre qu'elle ne macule la feuîUe imprimée. On emf^ie ordinairement pour cela im papier fin et égal de fabrication pour qu'il ne nuise point au
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tirage, moelleux pour qu^il ménage la lettre, et légèrement collé , afin quHl ne lâche pas Tencre trop facilement.
La feuille de décharge se glisse sous les pointures, qui la maintiennent. On la colle ordinairement du bas, et on l'écorne comme la marge, pour éviter qu'elle ne s'enlève avec la feuille que l'ouvrier prend sur le tympan.
Ces dispositions faites , l'imprimeur apporte à la mise en train les modifications que demande la nouvelle forme.
Les feuilles se pointent au lieu de se marger. dette opération demande de l'attention. Si la feuille n'est pas bien fixée dans les pointures, elle peut glisser, ou les trous peuvent s'agrandir , ce qui détruit la justesse du registre.