‹ Traité de la typographie (volume 4)Chapitre 24 sur 84 · IN-CENT-VINGT-HIJIT · texte numérisé non relu

IN-CENT-VINGT-HIJIT

Dmi - Feuille , composée de huit cahiers d'une feuille

in-étkvo chacun.

Dans la série de modèles que nous venons de présenter pour Y imposit ion des diflerents formats , nous avons néïï^ligé ceux qui sont tombés en désuétude , ou dont Tapplication devient de pVus en plus rare , quoiqu'ils aient été conservés jusqu'à ce jour dans les ouvrages didactiques. Telles sont les impositions par feuille entière des formats au-dessous de l'in-vingtt|uatre , c'est-à-dire de l'in-tr ente-deux , de l'in-lrente-

éi PARTIE I, CHAPlTUt: II.

six , etc. Le fait est que c'est toujours par il e mi-feuille que ces formats s'imposent actuellement ; et cette nouvelle méthode , exempte de tout inconvénient , présente beaucoup de facilités et même d'avantages. Les facilités qu'elle t)frre sont : pour le compositeur, de diminuer les chances d'erreurs où l'expose le placement d'un plus grand nombre de pages ; pour l'imprimeur, de faire son registre sur la même forme, sans avoir à craindre l'inégalité des châssis ou celle des garnitures. Quant à ses avantages , ils ne sont pas moins positifs ; elle épargne à l'établissement la moitié de la lettre (jui serait nécessaire si l'on tirait par feuille entière , sans que la marclie^|6 impressions én soit aucunement ralentie ; mesur^îouvent très - utile à 1 l'économie des ateliers. En un mot, elle est également I favorable au travail de l'ouvrier et au profit du maître. I

Nous avons préféré , dans l'intérêt de l'art , donner 1 de plus grands développements à certains formats \ (jui non-seulement sont plus usités que les autres , mais j encore qui leur servent de base. Tels sont l'in-octavo V et l'in-douze , auxquels se rattachent tous ceux qui 1 viennent après eux, et qui n'en sont que des fréquen- j tarifs. Nous avons donc présenté sous tous les points f •de vue possibles , soit intégraux , soit partiels , l'imposition <le ces deux formats radicaux , tant pour leur application qui est continuelle, que pour la connaissance de ceux qui en dérivent. - •"

De la comparaison que nous avons faite de ces différents genres (\^ impositions , il résulte quelques

obsei'vatioiis communes que leur généralité cou- ▼eriit en règles, et que nous allons énoncer comme tteUes.

^ Lorsque la forme d'une page est dans les mêmes proportions que celle du papier ployé selon le format auquel cette page appardent ( ce qui doit toujours se faire si aucune coiisiclcratiou pai liculière ne s'y oppose ) , le blanc du fond et ceiui de la tète doivent être les mêmes ; celui du pied et la marge extérteiire doivent aussi être égaux entre eux. Les premiers sont ordinairement aux seconds dans le rapport de deux à trois.

Dans les 'petits fomints , àJSômmencer de rin-di\<* huit , les parties de^Reuille où se (ont les coupures doivent être marquées par des liiels , parce que la marge y est précieuse , et que la ployure se ^t ainsi plus exacteibent. Dans l'in * douze , l'endroit où le carton se coupe est marqui: par les trous des pointures.

Nous avons indiqué les imposUwm suivant It si | ueiles la feuille devait se retourner comme pour rinnlouze. La plupart d'entre elles se retournent ip-octayo ; aussi a avons-nous considéré et signalé les premières que comme des cas d'exo^tion.

Un volume ne peut être bien broché , et les feuilles ne peuvent conserver Tégalité de leurs fonds y si elles De sont divisées en cahiers égaux. Aussi, dans les modèles que nous avons offerts , nous sommes-nous attaché à l'observation de ce principe.

Il faut éviter, notamment pour les petits lurmaLs,

les cahiers trop voluiniiicux. Ce& iLivifiioufi sout peutêtre plus faciles ; mais ce faible avaotage ne s'acquiert qu'aux dépens de la marge du fond , que Ton doit

ménager le plus possUii^:.

DES SOINS À PRBsn^e s;k imposant.

Airaui cte cuouuencer une imposiùpn nouvelle , et afin d'éta)>lir les garnitures de teUe sorte ^u'ii n'y ait plus rien ou au moins fort peu de chose à y changer, il faut se munir d'une feuille du papier dcstuié au tirage de l'ouvrage qu'on impose. Les dimensions des papiers sont tellement.*? ariabl^Jusque dans le même format, que la connaissance ^SP celle dernière condition ne doit p^ di^n$er d'uioe précaution ai^i essentielle.

Lorscpie les pages ont été placées sur le marbre ,

suivant la disposition requise par leur format , on doit vériiier cet s^m^^mmtf aiia de remédier âur-lechamp aus transpositions ou aux autres erreurs , que l'imposition rendrait plus difficiles à rectifier. Si c'est une ieifille que l'on impose ^ les deux chàssiis servant à ses deux formes doivent être pai^tment a^rtts quant aux dimensions, et nota]jnnieut quant à Yéfttà^ seur de la bai re. S'il existait entre eux la moindre différence à cet égard , il faudrait la faire disparaître au moyen d'interlignes égaleypen( distribiiées aux deux côtés de la plus faible des deux barres ; on comprend facilement que la jMstesse du registre au tirage dépend

en grande partie de cette conformité. Les porte-pages doivent être enlevés , pour pins de facÙité , avant que

le châssis soit couché sur le inarbre. On ne doit délier les pages que lorsque la totalité des garnitures est plaeèéè'^^'et eii^iûftti^ des inséaiii. -Sâiàè tiné |>af^^ prè^tttiàk';' it àMv«hdt; que , les pâf^ë»' tï*ët«iit pa^ maintenues également de toutes parts , des lettres s'en détacheraient, et ralentiraient ic travail de Y imposition» ji|Mkl^l^'ficètt«s^^ tei^à^otttâtëitàtfles è tfk<4» V^il*fetft , poirf rÉMètier lès gairiit^rNdè éllleé pages vers la tele et la barre du châssis , pousser en if(ttM»tM[||Mt les deux bi^eau^ de chacttn de ^ côtés. €ilMriéfNérfetiOri ëttu^fahè av^ soiA, on choisit les coins , on les place ^Çerement , et on serre alternativement çhacim des châtre côtés de la forme où sont

|li»Ai4e»^bisttim!É ; 1^ n'empioj^int y»às d'aàiei^^ tïop

OPife m ^i^t'émm éoins V et iBDLiié'tmsmAt

que plus lard au décognoir. ' • 1

'^^ii^position des mivrages de viUe n'est assujettie à Éimiiill i lj.a>giMfad<y variété dia m jMvftik exigé <iËIMi9MiMt#%f ddê' "édinMKies de bittes tes diiiDtèiièiOiliis. Les garnitures ne lël*Venl en pareil cas qu'à remplir llflîi|ililifr^T ii;tniitnTriiii la cô]n|K>sition. \\ est seule- <iiitll)i<iiiii <yté» doit tonjcmrft l^iqxM^ dam

le coté gauche du châssis , qui est celui du premier coup de la platine pour les anciennes presses.

\J épreuve est le premier tirage (jue subit une forme après son imposition. Cette opération se réitère à différentes reprises ayant Timpression définiUre ^ suivant la quantité des changements apportés successiTe* ment par les auteurs aux feuilles qu'on leur présente..

La première éprevm d'ime feuille doit être iae à Timprimerie par un correcteur qui la eollationne avec la copie pour voir si le comjMJsiteur s'y est exactement conformé , en même temps qu'il relève les fautes qui peuvent ewter sur l'original i^^jp^* Cette opération faite , on remet Vépreuve au compositeur , qui doit exécul,er ponctuellement toutes les corrections indi<piées9 puis faire tirer une deuxième éprtuve. Si Fouvrage dônt la feuille fait partie n'est qu'une réimpression {Mire et simple , à laquelle il ne doive être fait aucun changement , on se contente de faire relire cette seconde à l'imprimerie , et le tirage définitif peut se faire après cette dcmîèf e lecture. Quant aux ouvrages d'auteurs vivants , qui spnt susceptibles yde subir entre la composition et i'impresskm des modifications plus ou moins importantes, plus ou moins multipliées, il est nécessaire de faire pour chaque feuille autant à'épremes successives qu'il se présente de nouvelles corrections à exécuter, et jusqu'à ce que l'auteur rédîtenr, ou toute autre personne qui en ait le droit , autorise le tirage.

Daiib tous le$ cas, et quelle que soit la quantité d'épreuves cpii se tire sur une même feuiUe » l'imprimeur ne doit que deux lectures. L'uue a toujours Heu

pour la première de toutes \cs cpreiivcs , qu'on appelle

première / i/pograpJjii^iu ; l'autre pour la lieruière , qui

est le ètm à tirer, ♦

Il existe encore une autre espèce d'épreuves postérieure à celles ci-dessus iiieuliouuees. Elle s'appelle Uerce. La tierce est le premier exemplaire tiré au moment de Timpression et dès que la forme est sous presse. Elle sert à vérifier les dernières corrections faites au don à tirer y et à s'assurer s'il ne s'est , pas commis de nouvelles fautes , ou s'il n'est pas tomtié quelques lettres pendant le transport ou le lavage de la forme. Quelquefois la tierce ne se relit pas entièrement , et Ton ne fait qu'y jeter . un coup d'cçil rapide; cependant, comme il est malheureusement \rdi de tlire qu un volume sans tache est une perfection idéale , et qu'on ne saurait revoir trop souvent les épreuves pour purger un livre des fautes qui peuvent encore y rester , on ne doit pas considérer comme une opération inutile la lecture (les tierces, La correction cl'un livre étant la plus réelle et la plus durable des qualités qu'il peut réunir , on ne doit négliger aucun soin, aucun sacrifice , poui lui assurer ce genre de mérite..

Le tirage des épreuves est assez, important dans ses r^ultats pour que l'on y apporte plus de soin qu'on ne le fait généralement. La facilité de leur lecture

d^end de cette conclitioii; et comme beaucoup d'autres causes exposent le travail du correcteur. au risi|ae d'être pluh ou moins négligé , on ne doit point lui refuser cette chance de perfectionnement. Le lii ag^e des épreuves doit être fait sur mie presse affectée ù cet usage y et par un ouvrier soigneux et expérimenté. La consefT)Eit)on des formes dépend beaucoup des précautions qu on y apporte.

DE LA correction!^

L'opération qui succède à l'imposition et au tirage en épreni^e est la lecture de la feuille ; mab ^ comme ^!e sort dcfis attffbntions de la composition , nous en parlerons dans une autre partie de ce traité , dont elle formera une drmion spéciale. Nouamous contenterotas y pour faire connaître ici au 'lecteur h progression t {luiplcte et la liaison de ces différents procédés, de dire que l'épreuve de la feuille , ayant été tirée et lue 9 revient dans les màins du compositeur , qui s'oeeupe sur «le -champ de sa eorrÉditm. Toici ét quelle manière il s'y prend.

Il place sur le marbre les deux fbrmes de la feuille ; il les desserre y en relâdlant les coins' de manière à ce que les lettres puissent être enlevées facilemcnr. Jl examine si les corrections sont intelligibles , c'est-àdire^ Aon-seulém'ent si elles sont clairèment indiquées, mais encore si leurs résultats présentent le sens que le correcteur a eu 1 intention d'y donner. Ce n'est

qu'après de semblables précautions qu'il doit commencer à corriger.

Il lève ensuite dans un (composteur toutes les lettres nécessaires à l'exécution de ses corrections.

La ligne dans laquelle doivent être faites une ou plusieurs corrections doit être élevée au moyen de la pointe , qui presse l'une de ses extrémités , et de la main gauche, qui dirige l'autre. Cette ligne se trouvant plus haute que le reste de la page , on a toute la facilité nécessaire pour ajouter, changer ou retrancher ces lettres ; cela se fait , soit en diminuant ou en augmentant les espaces , soit en rejetant des mots de ligne en ligne, ce qui très -souvent nécessite un remaniement pour tout le reste de l'alinéa. Si les corrections ne portent que sur un mot de la ligne , on peut ne lever que ce mot , en glissant d'un côté la ^ -j^

pointe et de l'autre le doigt dans le blanc laissé par les espaces.

On se sert habituellement d'une pince pour enlever les lettres à la correction. Dans ce cas , il faut faire la plus grande attention à ce que les deux branches de la pince , glissant sur le talus de la lettre , n'aillent se rejoindre sur l'œil , qu'elles endommageraient. Alors ^ la lettre serait perdue, et devrait être jetée à la fonte. " * "i

Les formes étant corrigées , le compositeur serre légèrement les coins avant de ta^pier ; puis il les enfonce , \ davantage à l'aide du décognoir et du marteau. Si la feuille demande une nouvelle épreuve , il la porte à ' la presse destinée à cet usage ; sinon , il remet les • *

formes aux ouvriers imprimeurs qui doivent les tirer.

Quant au\ soins que la correction exige de la part de l'ouvrier, ils se bornant, 1" à prendre tous les ménagements nécessaires pour que les lettres placées ou enlevées par cette opération soient conservées intactes ; 2** à faire en sorte que la composition ne souffre en rien des remaniements que les borrections ont pu nécessiter, et qu'elle soit en pareil cas repassée au composteur ; 3** à vérifier sur le plomb , en les collationnant avec l'épreuve , les corrections qui y sont indiquées.

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