‹ Traité de la typographie (volume 4)Chapitre 43 sur 84 · FLEURON · texte numérisé non relu

FLEURON

i Parmi les difierents genres de vignettes dont nous

venons de parler , il en est un qui mérite une mention

spéciale à cause du disceri^ement qu'il exige dans sou emploi.

Les JUwm sont des ornements gravés , soi» sur acier, soit sur cuivre , soit sur buis ^ ou , ce qui est

! plus fréquent encore, polytypés eu fonte, et ajustés

sur du bois«.

Us. ne sont pas montés sur des forces de corps

connues; mais on les justîtir avec différentes épaisseurs de cadrais et d'interligues.

lis demandent , au tirage , des soins particidiers. 11 faut en général dégarnir les bords , qui , à cause de l'isolement du Jlcn.ronYAx rapport aux caractères, sout exposes à venir lourds* On doit aussi veiller à ce que les ombres soient bien marquées , et qu'en général les différents tons soiént observés comme à 1 impression en taille-douce. Ce genre de tirage doit être l'objet d'une étude particulière ponr l'ouvrier, et d'une surveillance attentive de la part de celui qui dirige les travaux.

Les Jîeurons que i'ou emploie dans un livre doivent aussi être toujours en harmonie avec son format, comme avec le blanc dans lequel ik sont placÀ. Us

COMPOSJTlOiH. 183

ne tle vr aient jamais excéder en largeur les deux tiers de la justiiication^

* GtJL*DB-LAIIPE.

On doimait autrefois ce nom à certains ornements dont la forme se terminait en pointe, et que l'on

plaçait à la fin des voliinies ou de certaines divisions du livre. 11 arrivait même quelquefois que Ton fît prendre cette forme aux dernières lignes de la ma^ tière. Le goût , en s'épurant , a fait justice de cet usage Ijizîirre , et le cul -de-lampe y ou tout autre arrangement analogue, est maintenant un défaut que l'on évite aveç soin y et auquel on remédie autant qu'on peut le fiure. 11 n'est supportable qu'au bas d'un frontispice , qu'il termine assez agréablement^

FII;BTS.

11 faut distinguer deux sortes de JiUls; les uns, qui servent le plus généralement à la confection des tableaux , à la séparation des colonnes entre elles , à Tencadrement , etc. ; les autres, tlunt le but est d'isolfer différents titres consécutife ou un titre d'avec la matière qui le suit. La forme et le but de ces deux espèces de filets diffèrent assez entre eux pour mod^er la distinction que nous en iaisous ici.

Dans la prcnûère catégorie nous placerons tous les filets qui se fondent par lames , lesquelles se coupent

à volonté. Ce 8<Hit les^Uts maigre y demi-gras , gras , doubie^maigre ou gouttière ^ gras-' maigre » tr^le, azuré.

Le maigre est celui de tous qu'on émploie le plus fréquemment. Dans les tableaux il sert à séparer les colonnes dont les têtes conservent entre eltes nne cer« taine affinité, telles que celle des francs et celle des centimes. 11 sert encore à séparer les notes du texte , et dans mille autres cas particuliers qu'il est inutile d'énumérer.

Le demi-gras et le gras ne s'emploient que dans le& tableaux pour marquer des séparations plus ou moin» foArtes*

Le double-maigre sert au même usage que les deux précédsots; il est un degré de plus, dans cette pro« gressîon. On s'en sert aussi oomnfè de ^fiUi régnant au-dessus des litres de matière , ou comme d'encadré* ment pour les ouvrages légers.

Legras^ma^rie est celui qui sert le plus généralement à rencadrement des tid>leaux et des vignettes.

Le Jilef triple se compose d'un gras entre deux maigres. 11 sert comme montant , et pour mmquer les deux moitiés d'un tableau qui admet cette division.

Ces différents ^7^/5 sont fondus sur les forces de corps de troi&y quatre , cinq ou six points , suivant leur destination.

Les JlleU maigres se fondent aussi sur deux points et même sur un au besoin ; les JiUls de cadre voxit jusqu'au corps de Cicéro..

Les JiUu azurés servent à l'impression des papiersvaleurs , tds que les actions , obligations , lettres de change , l)iilcLs à oi Ji e, elc. Ils se fondent sur divers corps y d^uis le Cicëro jusq[u'au Petit-Cauou.

Pour avoir des ^Uis maigres d'un œil très>fin , on iaît filtrer des lames de cuivre. Ce mëtai ayant plus de consistance que Talliage qui sert à la toute des caractères , l'œil du Jilei ne court pas le risque de s'émousser , ni par conséquent d'altérer la pureté du tirage.

L'autre espèce de comprend tous ceux qui se fondent d'une seule pièce, et servent de séparations

dans les titres ou dans la matière , cL cjui liiarqucnt les fins de chapitres ou autres divisions d'un ouvrage. Ce sont les Jileis anglais, ombrés et ornés. Ces JiiHs sont fondus d'après une échelle de proportion , de même que les accolades. Les Jilets ombrés et omës doivent toujours être tournés de manière à ce que le jour se trouve à la partie supérieure. Du reste , le fuiideur doit savoir placer le cran en conséquence, QxA^Hs sont ordinairement fondus sur nompareil^é ; ils se justifient avec les espaces et les cadrats'de ce corps, et dans le milieu de la ligne.

Les JiUu tremblés sont des espèces de festons qui se mettent ordinairement en tète des principales divisions d'un livre. Ils sont fondus assez ordinairement sur corps de nompareiile^ et par pièce de trois demicadratins, qui ne laissent apercevoir entre elles aucune solution de continuité.

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