‹ Traité de la typographie (volume 4)Chapitre 54 sur 84 · PARTIES 4>£ LA. PRESSE EN BOIS · texte numérisé non relu

PARTIES 4>£ LA. PRESSE EN BOIS

Arbrê. \J arbre de la ptesse est une pièce de fer qui descend perpendiculairement du milieu du sommier supérieur sur le sommet de la platine. Elle change trois fois de forjne et de nom durant son trajet. La première partie est la vis , celle du milieu est X arbre proprement dit , la troisième est le pivot.

h'arlre proprement dit est un morceau de fer de forme cubique , percé d'outre eu outre et . horizonta-

lement sur les quatre faces latérales pour recevoir rextrémité du barreau, qui s'y fixe et qu'il retient.

ArrfVts du berceau. Les arrêts du berceau sont deux battements placés de chaque côté de la table , et qui la tiennent dans son arrêt. Ces battements doivent être de 1 épaisseur d'un demi-pouce , et il ne doit y avoir que la force d'un cadrât de Gros-Romain de distance entre les arrêts et le bois du coffre , afin que celui-ci ne frappe point contre les battements, lorsque les crampons viennent à s'user..

Bandes. Les bandes régnent sur toute la longueur et dans le milieu des poutrelles. C'est sur elles, comme sur une coulisse, que roule le train de la pressé, armé à cet effet , au-dessous du coffre , de crampons qui servent à le maintenir et à empêcher qu'il ne ^ dévie. Les bandes excèdent les poutrelles d'un pouce au moins ; cette saillie est nécessaire pour le jeu des , crampons. '

Barûeau. Le barreau est une barre de fer, recourbée à l'une de ses extrémités , celle par laquelle il est fixé à l'arbre , et portant à l'autre un long manche de bois. C'est le levier qui met en mouvement d'abord la vis , ensuite la platine , en un mot toute la portion de la presse qui produit le foulage. Il part de l'arbre, auquel il est attaché par une vis et un écrou , forme un coude, prend ensuite une direction horizontale,

214 PARTIE II, CHAPITHE I.

et est retenu , à rextrëmilé de son manche , par le chevalet contre la jumelle ultérieure ; c'est là son état de repos. L'ouvrier qui tire le barreau lui fait parcourir une portion plus ou moins grande de la distance qui sépare les deux jumelles , suivant le degré de pression qu'il veut obtenir. Pour les formats un peu lourds , on le fait toucher à l'autre juftielle. ''^

Berceau. Le berceau est cette partie de la presse sur laquelle roule le coffre. Il se compose de deux longues pièces de bois qui régnent dans une direction parallèle et dans toute l'étendue de la presse ; elles s'appellent poutrelles. Chacune d'elles porte une bande de fer qui sert dô coulisse , et sur laquelle glisse le coffre , lorsqu'il est mis en mouvement par la manivelle. Le fyerceau porte sur le sommier inférieur : il aboutit d'un côté sur une des traverses du train de derrière , et de l'autre sur la table.

Blanchet. Le blanchel est une pièce de drap , de Casimir, ou de soie , dont on garnit le tympan pour amortir le coup de la platine. Pour les impressions ordinaires on emploie un doubla blanchet de casimir; pour les tirages soignés, ou remplace l'un de ces blanchets par deux épaisseurs de soie , que l'on place immédiatement sur le grand tympan.

Chapeau. Le chapeau , ou chapiteau , est cette forte traverse à laquelle aboutissent les deux jumelles , cl

qui couronne l'ensemble de la presse. 11 est , comme rindiqueson nom , uni à la partie supérieure et bordé par une espèce de corniche sur les quatre faces latérales.

Chevalet. 11 .y a deux sortes de chevalets , celui de la presse et celui du tympan.

Le chevalet de la presse est un petit nxorceau de bois taillé en biseau y placé le long de la jumelle ultérieure, à laquelle il tient par une vis , et qui sert à arrêter le barreau lorsque la platiné est relevée. • • ' '

Le chevalet du tympan est une barre de bois de la largeur du tympan , élevée horizontalement sur deux autres barres placées à chacune de ses extrémités dans une direction perpendiculaire , et enchcAssées dans la table de la presse. C'est lui qui , lorsque le tympan est relevé , le soutient dans une position inclinée en forme de pupitre , position nécessaire à la fois pour le maintien de la frisquette et celui de la feuille de papier, qui ne pourrait se tenir seule dans une direction perpendiculaire.

Chevilles. Les chevilles sont deux barres de bois courtes, fixées sur une planchette et formant ensemble une espèce de fourche. La planchette à laquelle elles tiennent est clouée en dehors de la jumelle citérieure, et à la hauteur de l'encrier. L'emploi du rouleau en place des balles rend inutile l'usage de cette pièce.

216 PARTIE 11, CHAPITHE I.

GoFVBB. Le efjffitt est un assemblage de quatre pièce»

de bois dans lequel est enchâsse le iiiaiLie. Sa lar^cui* djma les pressa ordinaires est telle qu'il puisse coutenir des formes de grand-raisin; au reste eUe est; déterminée par la distance d'une jumelle à l'autre , parce que le coffre doit passer iacilen^ent entre. elles» 11 est posé sur la table de la presse , et gajmi à la partie supérieure de quatre çQroières.

Gonot DU ROOLBAii* La cùràt dk rouleau sert à £ure

avancer et reculer tonr-à^nr le traui de la presse.

Elle se pusc de deux iiianières. \^ Quand la cordi est d'une seule pièce , on prend le bout qui est attacbé au petit rouleau du chevalet^ on le passe parun trou fait à la tabl6 , derrière la gouttière du tyn^pan et ensuite par ^dessus le rouleau du côté x>ù il vient, eB fiikant cinq ou six tours. -Après avoir examiné si la maBÎTelle est bien pcisée^ on fixe un bout au craoa- ^ pon attache sui' le devant du coffre , et l'on arrête l'aube bout avec une cbeville de fer > placée dans le trou dki petit rouleau. 3^ Dans le çaa où là corde est dé dèux pièces , on fait un nœud à la première , et on le £iit«itrer à moitié' dans le troù qui .est au bord du . grand rouleau , dans lequel on doit insérer la torde; ensuite oh passe le bout de cette corde par-dessus le rouleau , eu commençant du sommier inférieur , et en continuant trois fois de suite ; après quoi on fiût passer la eorde î^vt le troù de la table , et ou Tarréte au petit rouleau du chevalet. On opère de la même

manière y mais en sens inverse^ pour placer la seconde conkf et on la fixe sur le devant du coftre. On doit

toujours examiner, en faisant cette opération , si Ja position de la wanivelie est iïoune.' , - ;

GoRVi&aBS. Les eormêresj on emUotmières, sont quatre

morceaux de fer, composés chacun de deux bandes égales, soudées en angle droit, qui se ûxent s^u x quatre coins du cofiGre, el qui excèdent sa superficie, d'un ^ demi-pouce environ. Cette élévation ne doit jamais surpasser l'épaisseur du châssis , pour que la presse ait assez dépassa^* £Ues servent à maintenir la formé sur le marlnre , lyii moyen de coins- qpe l'on «place entre elles et le châssis. Les coniièrcs , étant fixées dans le boxs du coUre par des vis, se reculent au besoin, lorsque le coffre est trop petit pour la forme; ce qui se fait 'en remplissant Tintervalle par des réglettes.

GouPLKTS. Les eoùplHs se composent de deax pièces

de fer formant charnière, comme celles des portes ou des fenêtres; elles sont ainsi nommées par ce qu'elles sont prisses Fiine dans Tautre et qu'elles s'accouplent ensemble. Il y en a de deux espèces-^ dans la presse.: ceux de la JnsqaciU et ceuX du tympan.

Les coupUis d€ la fdsi^ùtu servent à fixer la .frisquette au tympàii f U -sCmt placés dâns'te bas de Tune et dans le haut de l'autre. Ils tiennent ensemble au moyen d'une brochette qui se place et<se retire à

volaii(ë y suivaut la nëces&ité d'attacher la irisquetle fttt tympan ou de l'en déuchcf. 11 sont au nombre de

deux.

Les couplets du hfmpan fix^t le grand tympan au ooffire, c'est-à*4ire aux cornières posténeores. Ik Qennent l'on à l'antre par des vis dont les télés sont

placées en dehors de la presse.

Ghampoi». lM€raimpcm sont dès morceaiâc de fer

oii de luivre, lon«*s d'un pouce et demi, larges de sept UgAes et épais de six , lesquels so^t entailles dans la longueur pour recevoir les bandes et £ûre glisser le coffre dessqs. Ils sont Ordinairement-an nombre de douze , savoir^ six de chaque côté , et à égale distauce l'un de l'aigre. Ils sont fixëa avec diss yis à la table de la presse. . « : - .

CaàPAUDiNE. La crapaudine est une espèce de boite , ronde ou carrée à rextërieur» mais arrondie dsns rinl;érieur, laquelle sert à recevoir la grenouille et à maintenir dans cette pièce l'extrémité du pÎTOt. £lle est également en fer.

ÉcAou . Vécrovt,e6l jone pièce de cuivre .qui'traverse perpendiculairemen|le milieu^ du soàiqiâr ^up^ienr, et dans laquelle s'emboltè' la ' Vécfk>u doit-avoir été fondu sur la vis même . afin qu'il n'y ait d'autre jeu que celui des £iets de l'une àxu& les cannelure» de l'autre. Vécrou est arrêté dans'le haut du sommier

TIKAGE. . 21Î)

par de petites vis au moyen desquelles il se démonte à volonté. •

11 y a plusieurs écrous employés dans la construction de la presse , notamment ceux du chapeau , des jfoinlures , du tympan, etc.

Encrier, h* encrier se compose d'une planche de seize à dix-huit pouces carrés , et d'un rebord de six pouces dans le foqd > et taillé en pente sur les côtés ; c'est dedans que se placent l'encre , la palette et le broyon. L'encrier est fixé à c6té de la jumelle citérieure à la hauteur de l'arbre , sur une planche qui recouvre le train de derrière de la presse. Il est quelquefois garni d'un couvercle , soit en bols , soit en carton , pour garantir l'encre de la poussière pendant la nuit et les heures de repbs.

Cette pièce est inutile lorsqu'on emploie pour la

touche le rouleau au lieu des balles.

Etançons. Les étcmcms sont des pièces de bois qui servent à consolider la presse en la maintenant par le haut. Ils se placent sur le chapeau de la presse et se fixent au plafond suivant une direction oblique. Cette manière d'étançonner convient aux presses isolées; mais quand il y en a plusieurs sur un rang , on emploie un autre moyen. Lorsque les presses sont bien alignées , on*fait régner deux fortes barres de fer, en travers des chapiteaux et à l'alignement des jumelles, sur toute l'étendue de la rangée. Les deux barres de

iér sont fixées dans les nroraiUes , et elles airéteot chaque presse en portant sur leur sommet.

Frisquette. La frisquetU e^t un cadre formé par cpiatre bandes de fer minces , et rempU par plusieurs feuilles de papier collées l*une sur l'autre , dont la réunion compose un cartort de peu d'épaisseur et égal dans toute son étendue. Spn usage est d'empêcher que les parties de la feuille de papier qui ne doivent pas porter (rimpression , telles que les marges , et les pages blanches s'il doit y en avoir, ne reçoivent le frottement immédiat de la formé , qui est partout également iiiiprégnée dVnCre. A *cet eflèt j parties de la frisquette correspondant à celles de la {orme qui doivent marquer au tirage sont découpées sur le papier ooUé ; et , les inttrralles et le pourtour des pages demeurant toujours pleins à la frisquette, -lé rtete de la feuille se trouve ainsi masqué et à l'abri de toute maculation. La frisquMe est quelquefois tendue en parchenûn f ce cpii lui donne plus de iBotidité et prévient ainsi les accidents, qut pourraient arriver pendant le tirage. Une presse doit être munie de deux \ trois ou quatre frisqueUei, m égard aux changements de formats. La fiisqmeUeieBk, fixée , au moyen d-une chaniiere et de deux ijrochettes , à l'extrémité Sttpférieure du grand tyn^an , sur lequel elle s'abat «près que U: feuille de papier y a été placée. Une des bandes latérales de la frisquette , cdle qui *est du cAté des chevilles de la presse , est coudée en forme de

poignée à peu près vers le tiers. C'est par cette partie que l'ouvrier la saisit lorsqu'il fait le moulinet ; on l'appelle Y oreille de la frisqueUe. ,

Godet. Le godet est une espèce d'entonnoir, incrusté dans le haut du sommier supérieur , et qui sert à introduire de l'huile entre les filets de la vis. Ce ^del est quelquefois garni d'un couvercle. Cette précaution est bonne , parce que les ordures qui pourraient se mêler à l'huile empêcheraient le jeu libre de la vis dans l'écrou.

Grain. Le grain de la grenouille est un dé d'acier creux sur lequel tourne l'extrémité du pivot.

Le grain du pivot est un petit morceau d'acier , incrusté dans la pointe du pivot , et qui tourne sur celui de la grenouille.

Ces deux grains sont faits du môme acier et s'engrènent parfaitement l'un dans l'autre , pour éviter qu'ils ne portent à faux, ce qui multiplierait encore les fréquents accidents résultant de ce qu'ils s'usent promptement et sont sujets à se casser.

Grknouille. La grenouille est un morceau d'acier creux enchâssé dans U crapaudine , dans lequel tourne le pivot sur un dé d'acier appelé grain, dont nous venons de parler.

Jt MELLES. Les jumelles sont doux longues pièces de

bois I parallèles entre elles et pe^endiçulaires au soi , qui s^élèrent des-deuA oMa de là preése et qui soutiennent les gommiers. Elles s'assemblent jiar le haut dans une forte pièce de bois qu'on appelle le chapeau, et par le bas dans deux patins mis par une traverse. £Ues s'appelaient aatrdbis les monUmts de la presse.

. MàiiiTKiXK» La mmàmik watt à ftîre toomer le rouleau , soit pour rouler, smt pour dérouler le inmi

de la presse. C'est un morceau de ier de la forme d'un demi-cercle , dont Tune des extrémités est fixée à la broche du rouleau , et l'autre porte un manche

lie bois par lequel 1 ouvrier inel le Lraiii en mouvement. L'd mamwlk, dans sa position de repos, doit oflrir rimane du €• retourné.

• Marbre. Le marbre de la presse est la pierre ou le morceau de fonte - qui est «Mïbâasé dans le creux du coffre. C^est lui qui porte la Hmne que l'on Teiit tirer. 11 est placé sur une couche de son qu on a soin d'étendre dans le fond du coffre , et il est -fixé sur les côtés avec' dés réglettes qui remplissent exacieraent les vides, afin qu il ne puisse pas se déplacer.

JlARCH^pnm. Le marekê'p^ est une espèce de

pupitre , cloué sur le plancher à 1 «ndroii où les pieds de l'imprimeur s'arrêtent iorsqu'.il tire le barreau- £n l'exhaussant y il lui donne de la facilité pour arriver au coup y et en. même temps il lui présente un point

d-appui poiur la position inclinée qu'il perdrait sur le niTeau du sol.

Pathis* Les patms sônt deux morceaux de bois , unis par deux -traTerses , qui servent à assembler par

en bas les deux jumelles. lissent fixés dans le plancher par des boukms en fer.

PïvoT. Le pivot est rexlrémité infcrirure de 1 ai I ji c; de la presse. Il se termine par nue puiute qui entre dans la grenouille.

' Platime. La plalme est une pièce de fer foudu et bien uni ^ qui , étant abaissée sur le eoffire de la presse par le ni03r«n du barreau qui fiiit descendre la vis et la fait presser sur son sommet , opère, par le foulage qui en résulte , l'impression de ia forme sur le papier. XÀ piaUme est fixée anx quatre coins par quatre tîs retenues par deux doubles branches appelées crémaillères , qui sont su^eudues à Tarbre et descendent perpendiculairement. La plalme d'une presse à un coup est de la ffrandeur du tympan , à deux ou trois lignes près dans tous les sens ; celle de la presse à deux coups n'est €pie de la .moitié dans la longueur , mais sa largeur est la même.

PoiNTUaas. Les pomimes sont deux languettes de fer minces et plus ou moins longues , terminées d'un

bout par \me double branche en l'orme de fourchette,

et de l'autre par une pointe, ou ardillon, de troiS'à quatre lignes de hauteur, et qui s'élèye perpendi* cttlairement sur cette extrémité. Elles se placent tîsi uiic iïv l'autre sur les bords du tympan, dans le sens de sa longueur; elles y sont fixées par des yis dont les riwes maintiennent leurs fourchettes ; les (lcu\ extrémités armées de raidillon s'avancent en ligue droite vers le milieu du tympan. Les poinlutês pour Tin «douze se placent aux deux tiers du tympan , en «liant de bas en haut; pour tons les autres formats , elles se mettent à égaie distance de ses deux extrémités , inférieure et supérieure* Quelqu^ois , mais dans des cas très-rares , au. lieu de les placer sur les bandes latérales du tympan , on les plai^ perpendiculairement, c'est-à-rdire sur les barres inférieure et supérieure.

Leur usage est de percer les feuilles de papier de deux trous qui servent, de points de repère à la,retiration , afin que les deux pages de chaque feniUet coïncident avec une exactitude parfaite. Elles tombent dans les créuMies du châssis.

il y a des pomtufes à ressort, qui ne laissent paner l'ardiUon que de la longueur nécessaire pour éviter de déqhirer le papier ou d'y faire des trous trop fortement marqués.-

Rouleau. I>« rouhau est un cylindre de bois , placé entre les poutrelles , qui , au moyen d'une corde roulée à TeUtour et de la mahiTelle qui' le* fait tour-

ncr, opère le double mouvement qui lait avancer et rétrograder le train de la presse. 11 est traverse horizontalement dans son centre par une broche en fer qui sort justju'iiu niveau i \U lieur du berceau, et à laquelle s'adapte la m^iMveUe. Le . rouleau doit avoir sept pouces de diamètre. Souvent on lui en donne moins f mais il arrive alors que l'ouvrier a un demitour de manivelle de plus à faire, d'cù il résulte ane double perte de travail et de temps* Quand on emploie deux cordes au lieu d'une , le rouleau doit avoir dans le milieu un relîord semblable à ceux des esLtrémitës f pour éviter qu'elles ne se mêlent.

Le rouleau du chevalet sert à içaintenir celui de la manivelle , au moyen de la corde qui part du second et se ûxe sur le prcmj^ avec une cheville de ier qui s'arrête sur la table.

Servante. La servante est un petit morceau de bois^ placé danfl» la direction de l'extrémité du train, et fixé, soit au plafond de la pièce, soit aux étançons

(le la presse , sur lequel porte le haut de la frisquette lorsqu'elle est déployée.

Sommier. Le sommier est une ^lièce de bois épaisse et forte qui traverse d'une jumelle à l'autre , et qui s'y enchâsse au moyen de deux tenons pratiqués à ses deux extrémités , et de deux mortaises taillées dans les jumelles. 11 y a deux sommiers dans la presse : l*un supérieur, et l'autre inférieur. Le smnmùr sapé'-

rù ur est percé dans son milieu , et reçoit l'écrou de la vis, qui le traverse dans la direction verticale. Le sommier inférieur est celui ^ur lequel porte tout le train de la presse , lorsqu'il est roulé , et dans lé moment du tirage. Il est encore plifs «épais que le premier, parce que c'est lui qui supporte tout le poids de la pression. L'un et Tautre sont bombés des deux côtés , ce qui les consolide dans le milieu. * /

Les mortaises dans lesquelles sont enclavés les tenons, du sofkmier sapérieur ont deux ponées dt/^ dans le haut et dans le bas, tant pour te lAëttré d*à-pl()iub (|ue pour donner ou ôter du l'oula^e. A cet cfTet on remplit l -cxc-édaut , de chaque côté , iivec des cales de bois et de feutre, qu'on ajoute ou qu'on retranche suivant la nécessité

Table. La iMe est une planche de chêne attachée

soiis le coffire , et.de la même largeur; elle a un pied

de plus dans la lon^^ueur, du côté où elle porte le chevalet du tympan.

Tablette. La tabUite est une planche composée Je deux pièces, qui se joignent dans leur longueur, et se fixent , Tune et l autre , dans les jumelles au moyen de deux clefs en queûe-d'aroàde. Elles sont entaillées dans le milieu , pour laisser passer l'arbre de la presse, et sur les côtés, pour les crémaillères. Cette pièce est maintenant d'un usage presque nul, et souvent mc^me on la supprime.

Train. Le iram est cette partie de la presse mise en mottTemeiit à l'aide de la* manivelle , qui roule

le coffre sous la platine et le déroule ensuite. Il se compose du colYre et du marbre, des deux tympans, de la frisquette *«t du cheyalet. On. peut, au besoin, changer le frain d'une pressé et^e remplacer par un autre plus petit ou plus grand , lorsque la nature de l'ouvrage et la dimension des formes nécessitent ce changement. Le tmm de derrière est l'assemblage formé par deux liiouiants et deux traverses, qui soutient l'extrémité des poutrelles et le Sorps entier de la presse. 11 est surmonté d'une tablette sur laquelle est posé l'encrier. 11 est important que toutes les parties en soient^iortes et pariaiicnient jointes , puisque c'est de lui que dépend la solidité de toute la Aiachine.

Tympans. Il y a dans la presse deux i tympans, le grand et le petit*

Le graiîd tympan, est un châssis de bois mr lequel est tendu un morceau d étoffe de soie. C'est sur lui que se placent les pointures , la marge , et successivement chacune des feuille à imprimer* La bande à laquelle tient la frisquette est en fer. Le grand tympan tient au coffre dans sa partie postéiûeure , c'est-à-dire à l'extrémité de droite de la presse ; il y est fixé par une double charnière qu'on appelle les couplets du tympan, ainsi que nous l'avons dit précédemment. 4)1 est ordinairement de la même largeur que le

m PARTIE II, CHAPITRE I.

coffre. Le^ grmu/ tympan est percé , à chacune des barres qui mesurent sa longueur , de deux trous,

placés l'un au milieu , l'autre aux Jeu\ tiers en montant, et destinés à recevoir les vis des pointures.

Le pelà tympan est un cadre formé par. quatre baiulcs»tle 1er assez minces, au-dessous duquel est coUée une icuiUc de parchemin , ou de toile , rabattue sur les quatre côtés de ce châssia. 11 est endaTe dans le grand hjmpan , auquel il tient dans le haut par deux dents - de - loup iiiuiccs et pointues, qui pénètrent «aire le bois et la soie,. dans le bas par un crochet, et sur les c6tés par des -tenons en queue->d'arondâ C'est sur lui que porte immédiateiueut la platiue, quand elle est abattue par le barreaQ.

Entre la soie du grand tympan et le parchemin du petit sont placés les étoffes , le carton , et la mise en train.

Vis. La vis a trois ou quatre filets; mais le nomliic de quatre est préiérabie , en ce que la- pente est plus douce et indique par des nuances encore mieux marquées la gfradation du foulage.

On, appelle pas-de-vis les intervalles creusés qui se trouvent entre les filets de la vU. Ils sont ordinairement de la même largeur que ces -filets , <x)miDe correspuntlaat à ceux de l'écrou.

11 y a beaucoup d'autres vu employées dans la construction de la presse; mais celle-ci est la vir de Ja presse proprement dite : par conséquent il ne ser^

Digitiz ad ly ^ Ceogfcf

cpiestiàn des aûiareft que par occasion , et l'on ne- croit

pab nécessaire d'y consacrer des articles parliculiers.

' »aS98B STANHOPE.

Celte presse ne diilerQ de la presse en bois que dans la partie qui opère la pression. Le barreau, au liéu d'aboutir àla f^i>, dans le milieu de la distance des jumelles , est-fi^ic à une colonne qui surmonte la jumelle citérieimé La et la cohnne sont couronnées, par deux pièces égales et correspondantes appelées virales à cause de leur forme. Les dcut virgules maintiennent le régulateur, pièce de fer qui est placée horizontalement et terminée par une vis qui modifie le foula^^c à vol(JiiUÎ^ Il p a de plus un contrepoids.

Nous ne reproduirons point, dans la description de cette presse ^ les observations qui s'appHquent aux parties de la presse en général. Kotre seul- but est de constater les points de dissemblance qui existent entre les éléments constitutifs de Tancienne presse et ceux de la presse en fente que nous ayons prise pour point de comparaison*

ÂEBRÇ. Uarbre est une espèce de fburcbe en fer

qui soutient les bandes à rextrémué vei^ laquelle le train se déroule.

Bandes. Les bandes souL creuses , au lieu d'être aillantes comme celles de la presse en bois. Liies

forment deux rainures dans lesquelles glissent les crampons. Cette forme est préférable à Taulre, en ce que l'huile qu*on y verse pour faciliter le mouvement du train s'y maintient. Les baïuks creuses ont donc sur les bandes saillantes le double avantage de réconomie et de la propreté.

Barrea.1}. Le haireaa est< fixé à la colonne ; ii la traverse , et se termine par une vis à laquelle est

adaptée un écrou. Sou autre extrémité porte sur Tautr^ jumelle ^ sans que son manche la dépasse.

RoÎtk coi lantk. La hoitr coulante s'adapte au coVps de presse au moyen de la pièce é! estomac et d'un bonlon à deux têtes qui V^à^gmgne l'une et Tautre. Elle est placée entre le godet et 1% platine. Sa partie inférieure , qui est destinée à maintenir la platine à Taide de quatre bouloll^; est de forme ovale ^ ou préférablement carrée.

CoiiONNE. La caUnme est terminée à son extrémité inférieure par un pivot, qui roule dans un godet pratiqué à la partit^ supérieure de la jumelle. Elle est maintenue dans le haut par Tune des virgules , et un peu au - dessous par l'épaulette. Elle sert ^ correspondance entre le barreau d'une part et de l'autre les virgules et le régulateur, qui imprimeat le mouvement à Ja vis.

T1RAG£. STf

Corps de presse. Le corps de presse est fait en forme de lyre. La téte reçoit rëcrou de la presse; les parties latérales, arrondies en cintre^ forment les jumelles. L'intérieur comprend les quatre bras. Ce sont quatre pièces sailiauies, dont deux se continuent et sont parallèles aux deux autres. Ces pièces servent à main- '

tenir les bandes.

Crampons. Les crampons sont saillants , et entrent dans les bandes. Us forment avec elles l'engrenage

qui sert à dérouler le truiii.

ËCROU* I4 écrou traverse la téte du corps de pre^c. Il e$t lui-même traverse par la v&. *

ËPAULETTE. VépauktU est une pièce de fer à travers laquelle passe ta colonne; elle est adaptée par des

boulons au corps de presse.

FoDRcnBTTE. La foutchuu cst fixée au corps de presse par ses deux branches. Le poids est suspendu §son extrémité.

Marbre. Le marbre est soutenu en dessous par des

traverses en lonte dans les deux sens. Les crampons, les tasseaux et le cric , lui sont adhérents.

Patitt. Le patin est un morceau de bois de Chêne ,

d environ ixuit pouces de hauteur , qui embrasse la

surface inférieure de la prcrse. Le corps de presse y est fixé à rextcëmité des jumelles au moyen de deux oreilles et de deux boulons. L'arbre , qui soutient

rextrémité des baudes, est également fixé dans le patin*

Platine. La platine présente dans le milieu de sa surface supérieure une plate-forme destinée à s'adapter à la boite coulante; Ses deux extrémités dans la

longueur sont creusées en forme dé cassetins.

Pou». Le. poids est un morceaù de fonte pesant environ soixante livres , qui s'accroche par un anneau

à rextrémité de la iouiclieUe. 11 bert à faciliter le retour du barreau.

RÉGULATEtiR. Le ré^uloieur aboutit à la virgule de la colonne , qui le maintient à Taide d'un boulon par lequel il est traversé. 11 est mainteiiu de la même manière par la virale de la vis , et terminé par une forure tarautlée , dans laquelle entre la vis qui règle le foulage. 11 porte une espèce d'épaulement qui^ rencontrant la virgule de la colonne » arrête le coup dubarreau.

Tasseaux. Les tasseaux sont des morceaux de fer placés^ latéralement aux cramp<ms , et qui servent à

maintenir ceux-ci daus les bandes.

Tympans. Les i^mpans n'offirent point de différence

avec ceux de la presse eu bois. Le g^rand lymjmn porte sur une charnière ou sur deux, pivots attenant au marbre ^ ou bien encore sur un chevalet brisé.

ViRGLLEs. L'une des virgules reçoit la tète de la colonne; l'autre la téte de la vis. Elles sont tournées parallèlement l'une à l'autre et se correspondent d»is leur mouvement.

Vis» La wir de la presse s'adapte du haut à la virgule et du bas dans le godet , à l'aide d'un collier en fer.

Les antres pièfees de la presse Stanhôpe , telles' que

le rouleau, la manivelle, Y encrier, la frisqueUe , les pointures, etc. i sont les mêmes que dans la presse en bois y sauf quelques légères différences de conformation.

De toutes les pièces dont nous venons de donner rénumération , trois seulement sont ea bois , le palm, le rouleau et le giranà tympan; encore ce dernier est-îl garni de bandes de fer dans ses parties latérales. Vécrou est çn. enivre. Les pièces en fer forgé sont le barreau, la colonne*, le régulateur'^ Yaràre, la fourchette et les menues pièces , telles que les vis et les boulons. Toutes les autres parties sont en fonte.

DB LA rABRICATlOM DB8 PRBSBB8. .

La fonte qui entre dans la fabrication des presses se tire d'Angleterre ; celle qui s'extrait des mines de France n'est pas assez dùctîle; elle est 'cassante,

pailleuse et rebelle à la liuie.

Chaque pièce est coulée séparément dans son moule. En sortant des mains dn fondeur, elle passe dans les ateliers dn mécanicien , où elle subit les opérations nécessaires pour s adapter à celles qui lui sont adhérentes* Le marire et la platâu sont dressés au moyen d'un charriot qui fait passer tomes les parties de sa suj face sous le tranchant d'un burin d'une trempe très-forte , qui eu fait disparaître toiites les aspérités. Ces deuiL pièces sont ensuite rod^ à Témeri Tune sur l'autre ; et s'il reste encore entre elles quelques inégalités , la lime tes fait disparaître finalement.

Lorsqu'une presse est confectionnée, le mécanideni avant de la liTrer, doit en faire préalablement l'essai sur une forme destinée à cet usage, et remédier aux défauts qui peuvent s'y trouver.

Les principales bases du mécanisme de la presse sont le parallélisme ou la perpendicularitc des pièces, suivant leur position respective. La perfection du tirage dépend du degré d'exactitude apporté à l'observation de ces conditions. Ainsi les pièces qui doivent <*tre parallèles entre elles sont les bandes, le marbre ^ la plalint, le ré^ulaieur, et la surface inférieure de la

àoâe eoulanU* La colonne et la doivent leur être perpendiculaires. Si ces .principes* sont appliqués iiiaiiiéniatiquement^ il est évident que le travail de l'ouvrier se réduit à l'exécution d'un mouvement mécanique. ^ jau contraire on s'élcMgne de cette loi de corrëladon , si Ton est obligé de suppléer au défaut de justesse par des cales, par des hausses trop multipliées ou autres ressources de ce genre / les fonctions de rimprimeur se compliquent , et ne présentent que des résultats plus ou moins impariaits. Une presse dont les pièces sont dressées avec soin ne comporte pas 9 pour corriger les inégalités du foulage , plus de deux épaisseurs de papier jose])]i. Les parties qui demandent le plus de solidité comme supportant plus particulièrement leilet de- la pression sont vis, Vécrou, le barrtaw, la eùlntme et les jumelles* Elles doivent donc être sous ce rapport l'objet de Fattenticn spéciale di\ mécanicien. ■

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