CHAPITRE PREMIER
Lb proie est chargé de diriger les trayaiui d'uneimprimené. Il est à la fois le premier des ouvriers , ainsi que son nom l'indique , et le suppléant du chef de rétablissement. U doit réunir à rinstniction théorique de célni-ci les notions pratiques de ceux-là ; il doit ttre propre à remplir tour-à-lour l un et 1 autre rôle.
Le prou doit avoir acquis un fonds de connaissances assez solide et assez étendu pour être au besoin correcteur d'épreuves. Il a dû passer par toute la série des diverses opérations de i'nuprimerie , et insister assez long -temps sur chacune d'elles pour en pénétrer tous les secrets. Il devra non -seulement se rendre un compte exact du travail des ouvriers placés sous sa direction, mais même leur en tracer la marche^ et lever toutes les difficultés qui pourraient Tentraver. M pourra juger la besogne du compositeur pendant son exécution , et en prévoir Teflet. 11 découvrira les <^*nses de Fimperfeetion d'un tirage , et il indiquera
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les remèdes ù y apporter. Dans le premier cas, il appréciera le choix de» caractères , la régularité de l'espacement, et Tapplication phis ou moins exacte des règles particulicres à ce genre de travail. Quant aux déiauts du tirage , il examinera s'iU proviennent du mécanisme de la jû^esse , de la mise en train, de la trempe du papier, ou de toute autre cause , s'ils sont imputables à la négligence ou à rincapacité de l'ouvrier*
Il devra assister le chef de l'établissement dans le
paiement de ses ouvriers, et leur servir en (quelque sorte d'arbitre dans les discussions relatives à la rétribution de ceux-ci.
S'il n'est chargé de la comptabilité de l'établissement , il doit du moins conserver avec soin et en bon ordre les pièces qui peuvent servir à l'apuration des comptes , telles que les bordereaux de banques et les épreuves à changements.
C'est lui qui est chargé de la correspondance de l'imprimerie avec les personnes qui y ont des relations. Il expédie les épreuves, et doit toujours prendre note mentalement ou par écrit du départ ou du retour des feuilles; en un mot il doit toujours être à même de rendre compte de chaque ouvrage et^éme de chaque feuille quant à sa situation présente. La série d'épreuves par laquelle peut passer une même feuille , et les autres phases qu'elle peut subir jusqu'à ce qu'elle retourne à la distribution , forment une chaîne dont il doit saisir à la fois tous les anneaux.
CHAPiTR£ h 275
Les oii V rîerîj dv difierente espèce se trouvant placés , |»»r la liaÎAoa uatiirelle de kura ibnctiomy dans une d^iendance réciproque , le proie doit yeiller à ce que toutes les pièces de ce roua^^e a^issenl sijmilianément; l'une d'elles devenant statioimaire , l'ensemble de k machine serait infailliblement arrêté.
C'est lui qat admet danê> les atelîersr les 'ouvriers qu'il en .juge dignes « et qui remplace ceux que leur înconduite ou leur ignorance rend nuisibles ou inutiles à Vetablisaement.
Toutes les mesures d ordre et d'éconoiuie sont dans ses attributions ; il n'en doit négliger aucune ; il doit.au contraire s'imposer à cet égard des règles invariables , et regarder comme un devoir impérieux de n'y jamais déroger. De tous les gtinres de fiy^riquesy l'imprimerie est celui dont l'administration exigera surveillance la plus minutieuse. Si celui qui en est chargé se relâche sur un seul point , il est à cradndre qu'il ne s'ensuive un désordre général ; et U est reconnu que l'économie seule peut ùàre pros-^ pérer de semblables établissements.
Comme les difTérentes opérations de l'imprimerie ont entre elles l'affinité la plus intime il est nëces* satfe qu'il y ait unit« de direction dans les travaux qu'elle comporte. 11 serait difficile d ailleurs de tracer tmci^ |i^e de démarcation qui pût rendre distinctes ks fonctions diverses qui appartiennent au groie. Cèlui-ci doit |)()uvoir les embrasser toutes dans leur succession naturelle y et leur donner l'impulsuai
qu*il juge conTenable, depuis la réception de la copie jusqu'au dernier échelon de la maaiuention typographique.
11 peut du reste 9 et doit même , si Timportance de
rétabiisseineuL le requiert , se faire suppléer partiellement. , et sans perdre de vue l'ensemble de ses attributions, par des sous^prous qui en réfèrent à ses tlécisioiis.
Les devoirs d'un soas^proU de composition sont de veiller à ce que les compositeurs reçoivent et rendent à propos la distribution , à la formation des garnitures , au rangement des cadrais , des iiiLcrlignes et de tous les autres accessoires , à- la composition des pâtés , en un mot aux intérêts combinés des onvrien
et du maître.
Le êoaS'proU des presses est chargé d'inspecter fréquemment le travail des imprimeurs |. d'eiâpécher le gaspillage du papier, des étofFes ou de l'encre, de veiller à reutretieu des. presses, et de suivre dans tous ses. détails cette partie importante de la typographie.
Les sous-proies sont responsables à l'égard du jjrote de lexécuiion des travaux dont celui-ci leur transmet la surveillance spéciale , comme il Test lui-même envers le propriétaire de rimprimerie.
Ces deux sortes d'emplois ^ qui ne s'accordent généralement qu'à des personnes éprouvées soos le rap|M»t de la probité et du talent ^ demandent en outre ^ de la part de celles qui y arrivent , du sang-
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froid et une activité infatigable. Celui que la confiance de son chef y a placé serait indigne de la remplir, s*il n'y apportait le zèle le plus constant , et s'il ne s jdentifiait avec les intérêts de rëtablissement qu'il est
appelé à diriger.
CONSGIENCB.
On qualifie ainsi ceux des ouvriers d'une impri< merie qui Mnt payés à la journée. Cette explication &ciiite rinteîîigehce d'une dénomination qui paraît bizarre; elle fait entendre que les ouvriers qui n'ont point 9 comme les autres , à rendre compte de l'emploi de leur temps, ne doivent pas pour cela y ap|)()rter moins de scrupule , et se pénétrer moins sérieusement des intérêts du chef d elabiissemcnt qui se fie à leur zèle.
La conscience est généralement proportionnée à l'importance d'une maison et à la nature de -ses travaux. Les imprimeries où les ouvrages de ville sont abondants admettent nécessairement plus de personnes en conscience ; parce que ces sortes de compositions sont trop variées et exigent de la part des ouvriers de trop fréquents dérangements pour être faites à la tâche , comme les labeurs ^ pour lesquels ils ii*ont point à changer de casses.
Les fonctions de la consciente consistent à fournir la distribution aux compositeurs , à établir les nouvelles garnitures , à veiller à ce que la lettre qui provient d'un labeur termine soit placée dans les
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réscrires. Bnfin toal ce qui esi étranger aux devoirs
des autres compositeurs et nécessaire à l'ordre et à réconomie d'un atelier est dapâ ses atlributions* Les apprentis font partie de la ecmeienc*; iU exécutênl, sou^ les ordres d'un ouvrier, les travaux qui pré* sentent le moins de diiiicuitës.
Dans certains cas 3 arrive que des compositeurs à la tâche sont payes en conscience, à la journée ou à rheui o. Ce mode de paiement s'applique notamment àTexécution des corrections d'auteur. Cette besogne, dont le prix ne peut être assujetti à des bases fixes comme celles de la composition , eu égard \ sa diversité constante , se fait àl heui e et se vériiie à l'examen des iKMrdereaux de banque*
Les ouvriers imprimeurs ne travaillent que plas rarement en conscience , parce que les prix du tirage sont fdus simples à établir et moins variaUes* On n a recours à cet arrangement que dans les cas d'impressions soignées avec une attcntiou paiiiculière, et à régard desquelles ou se résout à des sacrifices pour parvenur à ce but.