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CHAPITRE III

4P.PENDICB.

stéréotypie.

La stéréotypie est un procédé qui consiste à rendre solides et à convertir en un seul bloc de fonte des pages composées en caractères mobiles. Son objet est d'économiser sur les frais de composition y pour des ouvrages dont la réimpression doit être fréquente.

Les premiers stéréotypes ont été les pages mêmes qui servaient à la composition primitive , que Ton entourait de lingots de plomb soudés aux cpiatre angles.

Deux procédés plus modernes et plus économiques sont venus presque à la même époque remplacer cette première méthode.

Suivant le procédé dont M. Firmin Didot est Tinventeur, la page est composée en caractères plus bas que ne le 3ont les caractères ordinaires , et fondus avec tin alliage particulier et plus dur que les autres. Lorsque la page est corrigée , on la renferme dans un mandrin et on l'enfonce à l'aide d'un balancier dans une plaque de plomb fondue sur ses dimensions et dressée avec soin. Cette opération donne pour

premier protjuit une matrice où la lettre est en creux. Cette matrice est placée dans un mandrin ; et , abattue au moyen d'un mouton sur de la matière en fusion y elle produit un cliché saillant que Ton en détache avaiit que la matière ne se sdit refroidie. Ce cliché do^t être ébarl^é sur les bords et taillé en biseau , dressé en dessous , et creusé dans les parties qui figurent les cadrats de la page mobile. On conserve les matières pour refaire tes clichés.

Le procédé de M. Herhan consiste à enfoncer le poinçon d'acier dans des pièces mobiles. Ces caractères étant frappés en creux au heu d'être fondus en relief 9 la page composée sert de matrice , et la plaque de fonte placée sous le balancier est celle qui sert au tirage.

Comme la sUréotiypie a Tinconvénient de laisser inactiye une certaine masse de fonte ^ ou de ne l'utiliser que pour un seul objet j on a réduit le plus possible cette partie de matériel. D'abord on l'a généralement appliquée au format in-dix-huit , qui est un des plus petits ; on a choisi un caractère fin ^ quoique lisible^, et une justification bien remplie ; ensuite on a réduit la hauteur des clichés à deux ou trois lignes , au lieu de dix lignçs et demie que portent les lettres mobiles. On supplée , pour le tirage , à ce qui leur loanque en hauteur, par des plaques dont l'épaisseiir forme la différence. Les clichés sont imposés sur ces plaques, au moyen de garnitures minces en cuivre qui main^ tiennent le cliché par un talus taillé dans le sens

contraire du ,sien , et de vis adaptées ^h bord des plaques pour faire Tofflee des coins.

On corrige facilement , en perçant le cliché , les fautes telles que les coquilles. Quant à celles qui demandent un remaniement , elles exigent une nouvelle composîtioil , une nouvelle frappe et un nouveau clichage.

POLYAMA^YPIE.

De toutes les branches de Tart typographique , la fonderie est celle dont les progrès ont été les plus leiits , et dont les perfectionnements sont demeurés le plus arriérés. Le moule en usage aujourd'hui est à peu près ce que l'avait fait au quinzième 3iècle Schœffer son inventeur. Ce moule, très - ingénieux d'ailleurs , et avec lequel ont été fondus de nos jours les types si «célèbres de MM. Didot y a le double inconvénient de n'opérer que très -lentement et de dépendre entièrement de l'habileté de celui qui remploie : or chacun sait que', dans les arts mécaniques surtout f les bons ouvriers forment toujours le plus petit nombre. Il est de plus iilsuffisant à la reproduction des grosses lettres , depuis le gros - romain jusqu'aux caractères d'affiches ; car pour en obtenir des résultats passables , il faut ou poncer la matrice j ce qui* ôte à l'œil de la lettre toute sa netteté , ou recourir au clichage, procédé très^long ei très ^dispendieux, et qui , s'il donne de la netteté à Tceil de

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la lettre y a*le grand délaat de déranger T^lomb et l'alignement y et de manquer de solidité. **

M. Henri Didot^ graveur distingué, sentit de bonne heure tous les vices du procédé en usager , et il se livra à des recherches tendant à le perfectionner. Ses plumiers pas dans la carrière typographique furent marqués par Tinvention d'un moule à refouloir qui fondait une à une, comme l'ancien moule, les lettres de deux points et les ^o^ses de fonte , sans employer la ponce ni le clichage , mais qui lie pouvait s'ap* pliquer à la fonte des petits caractères. Les lettres fondues de cette manière offraient toute la vivacité du poinçon. A Tépoque de l'exposition de 1800, il soumit icet essai au public et au jury; peltâ-ci crut devoir encourager ce premier succès par une médaille d'argent et un brevet d'invention.

Soutenu dans ses travaux par une distinction aussi flatteuse , M. Henri DidoC crut qu'il pourrait en obtenir de nouvelles , s'il parvenait à appliquer son procédé à la fonte de tous les caractères employés danâ Vimprimerie. Le problème à résoudre était de multiplier les produits sans nuire à leur perfection. Après dix ans de recherches , il eut la satisfaction de voir ses travaux couronnés d'une réussite complète. Depuis ce temps, la connaissance de ce procédé s'étant de plus en plus répandue , la fonderie polyamatype n'a cessé de prendre de nouveaux développements. Ses avantages sont nombreux et positifs; nous ne nous attacherons à démontrer que les trois

principaux , qui sont la perfection y la promptitude et rëconomie.

1^ Perfection, Les matrices étant immobiles dans le moule y on conçoit que le moindre défaut , à peine aperçu y est aussitôt corrigé , pour ne se reproduire jamais; il en résulte une constante régularité dans toutes les proportions , telles que la hauteur ^ Talignement , Tapproche , la pente et la force de corps ; ce qui permet de mêler dans tous les temps et sans inconvénients plusieurs fontes du même caractère. D'un autre côté y la matière étant poussée dans le moule avec une force centuple de celle que peut lui imprimer la main de TouTrier , l'œil de la lettre présente toute la pureté du type primitif , ce qui donne une grande netteté à l'impression.

2^ Promptitude. Elle est telle qu'un imprimeur peut commencer l'ouvrage le plus important et le plus pressé quinze jours après jsa commande.

3^ Economie. Les frais de main-d'œuvre étant beaucoup moins considérables que dans 'la fonderie ordinaire , la fonderie polyamatype livre ses produits à 25 et 30 pour cent au-dessous des prix courants des autres fonderies.

Ce procédé permet outre cela de fondre avec la matière la plus dure ; et les fontes faites de cette manière , en donnant une durée double de la matière employée ordinairement à la fonte des caractères y ne subissent . d'autre augmentation dans les prix que celle qu'éprouve la matière première.

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