‹ Traité de la typographieChapitre 155 sur 199 · PARTIE III · texte numérisé non relu

PARTIE III

que le niveau de capacité des ouvriers typographes subit un abaissement sensible et progressif. Ce fait, regrettable dans le présent et menaçant pour l’avenir, peut provenir de plusieurs causes simultanées. D’une part, Y apprenti ne possède peut-être pas toujours l’instruction classique nécessaire pour aborder un état qui n’est pas purement manuel, ou bien il n’y peut suppléer par son intelligence et sa facilité à s’instruire par la pratique. D’un autre côté, il peut arriver que son maître abrège ou néglige son apprentissage, en lui imposant prématurément des tâches au-dessus de sa portée, ou en le détournant de son travail par des corvées qui y sont étrangères.

L’apprentissage est une œuvre capitale , irrémédiable si elle n’a pas été bien accomplie; elle mérite donc l’attention très- sérieuse de tous ceux qui y prennent part. Il faut que le jeune homme qui débute dans l’atelier se pénètre de la pensée qu’il va décider lui -môme de son sort à venir. S’il reconnaît que son instruction grammaticale est insuffisante, il devra la compléter pendant ses heures de loisir, et réserver exclusivement pour son instruction professionnelle son temps de présence. Quant au maître, ou à celui qu’il a délégué pour la direction de ses élèves, il doit les conseiller, surveiller consciencieusement leurs travaux, en les graduant suivant le degré d’avancement de chacun, et les exhorter à bien faire. Ce n’est qu’avec cet ensemble d’efforts et ce concours de bonnes volontés que l’imprimerie peut recruter des ouvriers dignes d’une profession où l’esprit a un rôle considérable.

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