PARTIE III
tant de la fraîcheur de l’encre. On l’étend donc lorsqu’il est entièrement tiré.
On choisit à cet effet une partie du local qui soit à l’abri de l’humidité, chauffée pendant l’hiver et bien aérée : l’air, dans l’été surtout, produit le même effet que le chauffage. La pièce qui sert de séehoir est tendue de cordes ou traversée par des tringles en bois disposées symétriquement et de manière à économiser l’espace.
On prend les feuilles par poignées de cinq ou six, d’une demi-main, d’une main au maximum, mais d’une ou deux feuilles seulement lorsque le séchage doit être fait diligemment; au moyen d’un instrument appelé étendoir on les dépose sur la corde , de telle sorte que le contact ait lieu, autant que possible, dans un des blancs de la feuille, et non dans une partie imprimée. On remplit ainsi toute l’étendue de la corde, en ayant soin de faire porter l’extrémité de chaque poignée sur la précédente ; les poignées étant disposées de cette façon, on peut en faire glisser plusieurs sur une seule lorsque le papier est sec, ce qui abrège l’opération du détendage.
Les cordes doivent être tendues parallèlement, et à la distance nécessaire pour que l’étendoir puisse facilement passer dans l’intervalle.
Le papier collé sèche plus promptement que le papier sans colle ; mais l’encre sèche beaucoup plus lentement sur le premier que sur le second. Dans tous les cas, et quelle que soit la température du séchoir, le papier doit rester sur les cordes au moins six heures, et de préférence un et même plusieurs
ADMINISTRATION ET MANUTENTIONS 'i3T
jours, (luand cela est possible, aün que le })apiei* et l’encre soient secs run comme l’autre, et que le séchage soit complet. Les illustrations, qui ofïVent des masses d’encre souvent considérables, ont Ijesoin d’un séchage prolongé.
Si les feuilles doivent être satinées immédiatement après, il faut qu’elles soient séchées à ce point ({lie le satinage ne puisse enlever l’encre ni écraser l’impression. Si, d’un autre côté, elles étaient trop fortement saisies par la chaleur, le satinage perdrait une partie de son action : il faudrait dans ce cas mettre le papier dans un lieu humide pour lui rendre un peu de son élasticité. 11 est donc nécessaire d’approprier le degré de séchage à la nature du papier.
Lorsque toutes les feuilles de la môme signature ont été détendues, on les réunit en un seul tas. Les tas contenant les feuilles d’une même signature s’empilent dans le magasin, en restant séparés les uns des autres par une marque quelconque.
Les feuilles d’un volume s’assemblent par quinze, vingt, vingt-cinq, plus ou moins, selon la division qui convient le mieux à leur nombre total. Lorsque cette opération est terminée, on collationne, afin de vérifier s’il n’y a pas quelque double emploi ou quelque omission. Ensuile on réunit en cahiers les parties à' assemhlage , et on les plie en deux, telles que les feuilles ont été étendues, c’est-à-dire dans