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DE LA COMPOSITION

La composition est la partie principale de l’im-' pression. Elle offre un vaste champ aux variations et aux difficultés d’exécution; les soins qu’elle réclame sont de natures très -diverses; elle rencontre de nombreuses complications dans la multiplicité des fonctions accessoires qui s’y rattachent. C’est elle qui, dans l’art d’établir au moyen de lettres mobiles des formes destinées à reproduire à l’infini les copies d’un ouvrage, exécute, retouche et dispose définilivement pour le tirage ce travail minutieux : en un mot, elle est l’œuvre fondamentale de la typographie. Elle marche la première dans l’ordre des différentes opérations qu’embrasse cet art, et doit par conséquent figurer au premier rang dans ce traité.

La composition ne consiste pas seulement, ainsi que ce mot le donnerait à entendre, dans la combinaison des caractères et dans la formation des pages; elle comprend en réalité la série tout entière des opérations qui précèdent le tirage. x\insi la

composition proprement dite, la mise en pages, V imposition, la correction et la distribution ne doivent etre considérées que comme les phases successives d’un même travail. Après avoir fait connaître par cette explication toute la valeur de son titre, nous allons donner une idée de son ensemble , en présentant dans leur marche progressive les principaux éléments qui doivent y concourir, et qui, par la suite , considérés isolément et spécialement développés, deviendront autant de subdivisions de cette grande section de la typographie.

Lorsqu’on entreprend l’impression d’un ouvrage, et qu’on le livre à la composition, les premières conditions à déterminer sont le format et le choix des caractères, tout au -moins de ceux qui doivent y dominer : données généralement fournies par l’auteur, le libraire ou l’éditeur, par celui qui se charge de diriger l’impression. Ces points une fois fixés, on arrête les autres dispositions, telles que la justification , finterlignage, le nombre de lignes, ainsi que plusieurs autres détails pour lesquels il est nécessaire de prendre tout d’abord une détermination.

Il est encore une foule d’autres circonstances que la diversité des ouvrages multiplie à l’infini, et qu’on doit s’appliijuer à prévoir et à résoudre d’une manière générale et uniforme, dans la crainte qu’un vice de régularité ne devienne par la suite ou impossible ou très-difficile à rectifier. Ces détails sont en grande partie susceptibles d’être adoptés, sinon arbitrairement, au moins d’après une foule de considérations particulières. Aussi le choix à

COM POSITION

Taire parmi les méthodes soumises à la variété des goûts, la fixation et le classement des principes typographiques à observer, sont-ils rigoureusement nécessaires pour rcxécution de ce travail. Ce n’est (|u’après de semblaldcs préparatifs, et avec ces guides indispensables, qu’on peut entreprendre une opération qui est naturellement exposée à de fré- (juentes difficultés, et dans laquelle il importe de ne pas s’engager légèrement.

Toutes ces conditions de travail doivent être recueillies par le prote , qui les transmet ensuite à l’ouvrier chargé de la mise en pages du labeur. L’importance de l’ouvrage est souvent telle que plusieurs ouvriers doivent concourir à sa composition; dans ce cas-là, le metteur en pages se charge de leur distribuer la copie et de recevoir les paquets composés. Lorsque ces paquets sont en nombre suffisant pour former une feuille, et que les fonctions de la mise en pages ont été accomplies, on impose la feuille et l’on en fait épreuve. Les différentes épreuves ayant été successivement lues et corrigées, la feuille est alors disposée pour le tirage. Ici s’arrêtent les opérations qui sont du* domaine de la composition.

Nous allons maintenant donner de chacune d’elles une description spéciale, dans laquelle nous n’omettrons aucun des détails qui peuvent avoir quelque valeur et qui méritent de figurer dans notre enseignement pratique.

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