‹ Traité de la typographieChapitre 53 sur 199 · CARTON · texte numérisé non relu

CARTON

Le carton comprend deux feuillets ou quatre pages. Cette dénomination s’applique à tous les formats, excepté à l’in-quarto et à l’in-folio, parce que dans le premier quatre pages font une demi -feuille, et qu’elles en font une entière du second.

Lorsqu’une faute de quelque gravité a échappé à la lecture des épreuves ou s’est faite au tirage, ou lorsqu’un changement est reconnu nécessaire, on réimprime le carton où la correction doit avoir lieu. On a soin de mettre à la première page, dans la ligne de pied, la signature de la feuille à laquelle appartiennent les pages réimprimées, en faisant suivre ce chiffre d’un astérisque.

On appelle forme la moitié de la feuille imposée , c’est-à-dire de celle dont les pages sont disposées

COM POSITION

pour rimpressioii. La forme iii-oclavo sc compose donc de huit pages, la forme in-douze de douze , et de meme pour chaque Ibrmat. Le mot forme comprend non -seulement la moitié du nombre de pages contenu dans la feuille, mais en outre l’ensemble des garnitures nécessaires à l’imposition, telles que fonds, tètes, réglettes, biseaux, coins et châssis.

On donne aussi ce nom à une demi -feuille isolée, parce que les pages (|ui font partie de cette demifeuille s’imposent dans le meme châssis.

Les deux formes qui composent la feuille se nomment, l’une côté de première, et l’autre côté de seconde ou de deux et trois: celle-ci, parce qu’elle renferme la seconde et la troisième page de la feuille ; celle-là, parce qu’elle contient la première. En effet, ces pages ne font jamais partie de la même forme, si ce n’est dans les impositions fractionnaires ou par demi -feuilles.

11 arrive souvent qu’on impose et qu’on tire par formes certains ouvrages, notamment dans les petits formats, où la composition et la lecture d’une feuille entière absorberaient trop de matériel et trop de temps.

FUIITLLE

On appelle feuille le nombre de pages nécessaire pour remplir la feuille de papier imprimée , quel que soit le format de l’ouvrage. Par exemple, la feuille in-octavo se compose de seize pages, parce que dans ce format le papier se plie en huit parties ou feuillets, dont chacun porte une page imprimé(‘

à son recto et une à son verso. La meme règle s’applique aux feuilles de tous les formats : ainsi la feuille in-douze contient vingt-quatre pages; la feuille in-dix-huit en a trente -six, etc. La feuille s’impose dans deux formes, dont chacune est destinée à imprimer un côté de la feuille de papier.

La feuille est l’unité de compte dont se sert la typographie ; c’est la base sur laquelle sont généralement établis les prix de main-d’œuvre, tant pour la composition que pour la lecture et le tirage. Les feuilles se désignent par le numéro de leur signature.

Le folio est le signe de la pagination. Il s’exprime, soit en chiffres arabes, soit en chiffres romains. La première manière est la plus usitée ; c’est elle qui sert à la pagination du corps des volumes ; la seconde n’est en usage que pour paginer les portions d’ouvrages qui s’impriment séparément ou en dernier lieu, telles qu’une préface, une introduction, un avertissement, un avant-propos, et en général les parties liminaires d’un ouvrage. Dans ce dernier cas, ayant à recommencer la série des folios qui a commencé avec le texte de l’ouvrage, on est forcé, pour éviter la confusion des deux séries, de différencier les folios de chacune d’elles. Alors on emploie, pour la pagination romaine, soit des lettres du bas de casse, soit des petites capitales.

Les folios se placent en tête des pages; mais cette disposition se fait de deux manières différentes : au

C().\I POSITION

milieu de la liyiie de tôle, ou à son extrémité extérieure. On se sert de la première lorscpie l’ouvrage ne prend pas de titres courants; alors on enferme le folio entre deux parenthèses, entre deux moins, ou entre deux petites vignettes. Le second cas est applicable aux ouvrages (et c’est le plus grand nombre) qui portent des titres courants ; on y rejette le folio au bout de la ligne, du côté de la marge extérieure , sans aucun entourage et bien détaché du titre. Toutes les fois que le folio s’indique de cette manière, il se place à la gauche des pages paires, et à la droite des pages impaires.

Dans les ouvrages imprimés à deux colonnes, il n’est pas rare de voir chaque colonne porter un folio; cette méthode facilite les recherches. Parfois aussi, lorsque les titres courants sont très-chargés, il arrive que les folios sont placés au bas des pages ou des colonnes.

Quelle que soit l’espèce de chiffres par laquelle l’ordre numérique des folios soit représenté, on emploie souvent le caractère du corps de l’ouvrage. Cependant cette règle est sujette à de fréquentes exceptions, qui sont déterminées par des nécessités, par des convenances accidentelles ou par le goût.

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