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DES USTENSILES QUI SERVENT A LA COMPOSITION

Le composteur est un instrument dans lequel on place les lettres pour en former des lignes. Gomme la longueur de ces lignes, ou justification , est dans la plupart des cas déterminée par des interlignes , on se sert de ces interlignes pour justifier le composteur, opération qui sera facile à concevoir quand on connaîtra le mécanisme et la structure trèssimple de cet instrument.

Le métal qui sert à sa fabrication est le fer ou le cuivre , mais plus ordinairement le premier des deux, dont foxyde n’a rien de malfaisant. 11 est composé de deux pièces soudées en équerre et égales en longueur; d’une troisième placée à l’une des extrémités des deux premières, formant angle droit avec chacune d’elles, et qu’on nomme le talon; d’une pièce mobile, appelée languette, parallèle à celle-ci; et d’une vis, servant à fixer la languette lorsqu’on justifie le composteur. Sur l’une des deux premières pièces, les leltres sont placées du coté du cran. La

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hauteur de celte pièce est pres(|ue toujours la meme, parce que celle des caractères est invariable ou à peu près : elle est d’environ deux centimètres. L’autre pièce est plus ou moins haute, au choix des compositeurs, et suivant le nombre de lignes qu’ils laissent habituellement dans leur composteur. La languette offre, à l’une de ses extrémités, une surface plane égale et parallèle au talon.

Toutes les parties du composteur doivent être parfaitement dressées, afin que les lettres y soient placées bien carrément, ce qui est la base d’une bonne justification. En le justifiant, au moyen de la pièce mobile, on doit s’attacher à ne prendre la mesure injuste ni large, et à laisser seulement assez de jeu pour que l’interligne entre et sorte sans difficulté.

Dans la composition des placards et autres ouvrages à grandes justifications , on se sert de composteurs en bois, comme étant plus légers. Toutefois ces composteurs sont revêtus dans l’intérieur de lames de métal , qui leur donnent de la solidité et de la justesse.

On se sert aussi, pour corriger sur le marbre, de composteurs de cette espèce , mais qui ne sont autre chose que des morceaux de bois entaillés de manière à recevoir les lettres de la correction et celles qui sortent de la forme. Ils sont du même genre que ceux qui servent à l’apprêt dans les fonderies.

Le nom de cet instrument est le signe distinctif du travail du compositeur.

CHASSIS, RAMETTES

Le châssis est un cadre dans lequel on impose les pages, lorsque, étant réunies au nombre voulu par leur format, séparées par les garnitures et entourées de réglettes et de biseaux, elles composent une forme. C’est lui qui, à l’aide des coins, maintient tout cet assemblage, au point qu’il ne fait plus qu’un corps, et acquiert la mobilité nécessaire aux différentes fonctions de l’imprimerie. C’est un rectangle formé par quatre bandes de fer, pareilles dans leur largeur et dans leur épaisseur, et coupé par une cinquième bande de la même hauteur que les autres, mais plus étroite, qui le sépare en deux parties égales. Cette cinquième bande s’appelle la barre du châssis; et les séparations qu’elle opère, les côtés du châssis. On verra que la barre traverse le châssis, tantôt dans sa hauteur^, tantôt dans sa largeur, suivant le genre de format auquel le châssis est destiné.

Il y a deux sortes principales de châssis : les châssis vulgairement appelés in-quarto, et les châssis in-douze.

Les châssis in-quarto ont la barre perpendiculaire au sommet et à la base, et parallèle aux deux bandes latérales, dont elle est également distante.

1 Pour prévenir toute espèce de doute ou d’erreur sur les dimensions du châssis et la position de la barre, no.us dirons qu’on entend par hauteur \a distance des deux bandes qui sont, l’une la plus rapprochée, l’autre la plus éloignée de la personne qui impose; et par largeur, la distance des deux bandes latérales.

2il

Ils servent pour rimpositiun des in-folio, des inquarto, des in-octavo, des in-seize, des in-vingtquatre, des in-trente-deux, des in-trcnte-six, etc. Les châssis in-douze, spécialement en usage pour ce format, sont travcrs-cs par la barre dans le milieu de leur sens le plus long.

Les premiers sont presque carrés : il n’y a guère plus de trois centimètres de dilférencc d’une dimension à l’autre dans les châssis de grandeur ordinaire; l’excédant existe dans la largeur. Les seconds sont plus allongés dans le sens de la barre, où ils ont environ un quart de plus que dans la hauteur. Ces proportions sont les plus généralement admises ; mais il arrive très-souvent que certains formats spéciaux exigent des châssis en dehors des dimensions usitées.

11 existe une troisième espèce de châssis, appelés hollandais , qui servent, comme les seconds, à l’imposition de l’in-douze. Leur forme est à peu près celle des châssis in-quarto; ils ne ditlérent que par la position de la barre , qui , au lieu de les partager dans leur largeur en deux côtés égaux , les coupe aux deux tiers de leur hauteur en partant de' la gauche.

La barre de ce châssis, ainsi que celle du châssis in-quarto, porte deux crénures ,. c’est- à -dire deux entailles de six à huit centimètres d’étendue chacune , pour livrer passage aux ardillons des pointures. Dans le châssis in-douze, les crénures sont inutiles, attendu que les pointures tombent sur le bord des têtes du petit cahier, ou encart.

11 y a encore une autre espèce de châssis, qu’on

appelle ramette, et qui diffère des autres eu ce qu’il n’a que le cadre sans la barre, hdiramette sert pour tous les ouvrages de format atlantique , quelles que soient d’ailleurs la dimension du papier et celle de la forme à imprimer. Elle est aussi d’un usage fréquent dans cette partie importante et variée de la typographie connue sous la dénomination générique d’ouvrages de ville, comme pour les placards, les tableaux, les cartes, etc. Quelquefois les barres des châssis, au lieu d’etre soudées, sont mobiles, et ne tiennent aux bandes qu’au moyen de mortaises en queue d’aronde; en enlevant les barres de ces châssis, on en fait des ramettes.

Parmi les châssis in-quarto , il y en a de toutes les grandeurs ; et leurs dimensions suivent ordinairement celles des formats de papiers. Les châssis indouze varient aussi du carré au grand -raisin et au Jésus.

Il y a des ramettes de toutes les formes et de toutes les proportions, parce que l’emploi en est beaucoup plus vague et moins déterminé que celui des châssis, généralement destinés aux labeurs. On en voit de très -longues et très -étroites qui servent à des têtes de registres; d’autres à bandes très -larges et trèsépaisses , notamment pour l’imposition des placards ou d’autres compositions massives et compactes , et qui exigent une solidité et une résistance particulières; d’autres, au contraire, extrêmement restreintes dans leurs proportions, qui quelquefois n’atteignent pas celles d’une page in-octavo. D’ailleurs, comme elles se placent dans tous les sens sur le marbre de la presse, et qu’elles peuvent occuper

toutes les positions requises par la diversité des ibrmes, rexplicatiou des diverses dimensions du châssis, donnée plus haut, ne les concerne pas.

Voici les })rincipales conditions (pii constituent la bonne confection d’un châssis.

1^" La largeur des bandes doit être proportionnée aux dimensions du châssis. Son épaisseur doit être d’un centimètre environ.

La barre doit être moins large d’un quart environ (pie les bandes, et de la même épaisseur. Quand elle est mobile, elle doit entrer avec une certaine force dans celles où elle est enclavée et y être adaptée solidement, pour que la forme ne coure pas le risque de céder quand on l’enlève de dessus, le marbre; il faut aussi qu’elle soit bien exactement perpendiculaire à l’une et à l’autre bande. Ses crénures doivent être profondes et bien évidées, de manière à laisser du jeu à l’ardillon de la pointure. Il est important qu’elle soit d’une force bien égale dans toute son étendue, et calibrée avec précision, pour que les pages ne chevauchent pas et que le registre ne puisse pas varier; les barres descJuissis, |)our les mêmes formats, devraient être toutes du même calibre.

3"" Les bandes du châssis doivent être bien dressées, afin qu’il porte d’aplomb sur la presse, unies en dedans, et surtout d’équerre aux. angles; leurs coins extérieurs légèrement arrondis et terminés en biseau, pour qu’ils soient plus facilespi transporter et qu’ils se fixent sur le marbre sans difficulté.

Les châssis doivent être appareillés , et poinçonnés par paire d’un signe particulier, par exemple

d’un numéro, au moyen duquel on puisse facilement les assortir.

( i A R N 1 T PRES

Les garnitures remplissent les intervalles qui séparent les pages dans une forme ; elles représentent les marges du papier. Elles varient quant à l’épaisseur et à la longueur, eu égard à la diversité des formats.

On se servait autrefois (et aujourd’hui même on s’en sert encore, mais dans un petit nombre d’imprimeries) de bois pour établir les garnitures. Cette méthode était sujette à une foule d’inconvénients , dont il suffira d’indiquer les plus graves. Ces bois étaient très-rarement assez bien calibrés pour que les intervalles formés par eux fussent identiques, et au moment du tirage il était difficile d’obtenir un registre parfait. Après le lavage de la forme, s’il arrivait qu’elle restât plusieurs jours imposée, les bois se resserraient en se séchant , d’où il résultait de fréquents accidents, déterminés surtout par la chaleur. Les bois, une fois coupés pour un ouvrage, étaient souvent perdus pour d’autres, et il fallait les renouveler sans cesse.

L’opinion générale des imprimeurs sur l’imperfection de ce système engagea les fondeurs à s’approprier cette partie du matériel typographique. Voici le résultat sommaire de l’innovation qui y fut introduite.

Une double échelle de proportion fut établie, applicable à l’épaisseur et à la longueur de ces plombs.

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On prit pour cela une mesure commune (pii servit crunité, par exemple le Cicéro.

Il existe dans un nujme système plusieurs épaisseurs, qui sont toutes des multiples de runité primitive, et qui du reste se modifient à l’aide de lingots ou d’interlignes. Quant aux longueurs, on peut les former par la combinaison de difierents numéros.

Les garnitures ne varient pas seulement suivant les formats, mais encore, dans le même format, suivant la justification. Leur emploi est la partie sans contredit la plus importante de l’imposition et celle qui exige le plus d’attention, puisqu’elles déterminent les marges d’une feuille, ce qui inllue essentiellement sur l’aspect agréable ou disgracieux d’un livre. Il est presque impossible de présenter à cet égard un corps de principes très -complet; mais nous pouvons indiquer, comme les plus générales et les moins sujettes à exceptions, les règles qui suivent.

'L Les gayniitures de tête et de fond étant invariables et indépendantes de la distribution plus ou moins égale des marges extérieures telle qu’elle a lieu au tirage, et les feuilles n’ayant pas à être ébarbées dans ces parties -là, ces blancs sont ordinairement moindres d’un tiers que ceux du dehors qui leur correspondent.

2® Les blancs dans lesquels il y a coupure lors- (ju’on plie les feuilles doivent être un peu élargis relativement aux autres, parce que cette opération peut entamer les marges; cependant ils doivent rester un peu moins larges que les bords de la feuille , qui sont passibles des inégalités du papier et du

placement irrégulier de la feuille sur le tympan de la presse ou sur le cylindre de la mécanique. Get excédant du côté des fausses marges est emporté par rébarbage.

3° Les garnitures d’un labeur ne peuvent être convenablement établies que sur une feuille prise dans le papier qui doit être employé à son tirage. 11 y a souvent dans les papiers du même format des différences de dimensions plus ou moins sensibles, mais telles qu’elles apportent certaines modifications à la distribution des blancs.

4" Dans les impositions qui comportent des coupures faites à des endroits où le blanc ne doit pas être également partagé , toutes les fois qu’on n’est pas guidé par les trous des pointures, comme on l’est dans l’in-douze, il était naguère d’usage d’indiquer par des filets les endroits où le plioir devait passer. Ainsi, dans l’in-dix-huit, on en mettait en tête de chacun des cartons intercalaires. Aujourd’hui qu’on supprime ces filets, qui n’étaient pas sans inconvénients, on se règle pour la coupure sur les blancs analogues qui se trouvent dans la feuille.

Les garnitures des deux formes d’une meme feuille doivent toujours être parfaitement identiques, pour ([lie le registre puisse être exact. Cette conformité doit exister également pour toutes celles du même labeur; la première, une fois établie et arrêtée, doit servir de modèle à toutes les autres.

Les garnitures fondues suivant les divers systèmes actuels sont percées à certaines distances longitudinales, et peuvent recevoir des supports, soit en fonte , soit en liège , qui , au tirage , garantissent de

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l’excès (le foulage les exli'émiüîs des lignes, et niainlieniienl sur l’ensemble de la forme une pression régulière.

On appelle bois en général les biseaux et les réglettes (jiii entrent dans la forme, ainsi que les garnitures lorsqu’elles ne sont pas en fonte.

Les bois ont deux centimètres environ de hauteur. Ouelquefois on se sert de biseaux et de réglettes qui sont de la meme hauteur que la lettre pour faire support. C’est de préférence le chêne qu’on emploie pour confectionner les bois; il faut (|u’il soit vieux, parce qu’il est alors moins susceptible de se déjeter; il doit être équari i avec soin et calibré.

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