APPROBATIONS
■M'rROnVTION DES PROFESSEURS DE L ORDRE
De toutes les erreurs (jui ont al'iligé l'Eglise en divers temps, nulle n'a été capable de faire tant de mal que celle que le Saint-Siège a si sagement condamnée dans les Quiétistes de nos jours. Comme ils ne parlaient que d'oraison de quiétude et de contemplation, damour pur et désintéressé, de sainte indilTérence, et du sacrifice du salut et de toute propriété ; comme par la subtile distinction des actes directs et réfléchis, ils assuraient qu'une âme avec les actes directs toujours imperceptibles était actuellement unie à Dieu aussitôt qu'elle le voulait, et sans en pouvoir être distraite que lorsqu'elle le voudrait, et que les efforts qu'on sentait bien n'avoir pas faits pour arriver à ime union si sublime n'auraient été que les mouvements inquiets et ambitieux d'une activité mercenaire et de propriété ; que pour les actes réfléchis ils poiivaient servir à s'abandonner avec plus de repos et de goût aux plaisirs des sens, qui pour cela n'en devenaient ni volontaires ni libres ; comme enfin ils se servaient des expressions des plus saints mystiques, pour mieux déguiser le mystère d'iniquité auquel ils voulaient donner
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cours : ne pouvaient-ils pas espérer que leur doctrine dont on ne se défierait pas sitôt, deviendrait en peu de temps une doctrine commune ?
Cependant par une Providence de Dievi qu'on ne peut assez admirer, il n'y a pas eu d'erreur dont tout le monde ait sitôt senti tovit le venin, et à quoi on ait apporté un remède si prompt et si efficace. Ainsi il n'aurait pas été, ce semble, fort nécessaire que des auteurs particuliers prissent la peine d'écrire contre des dogmes, dont les peuj^les ont été plus tôt désabusés par la diligence des Censures qu'on en a fait, que les sectaires n'ont eu le loisir et le moyen de les répandre et de les inspirer. Mais comme on a remarqué cjue l'esprit de mensonge a tenté en divers siècles de semer avec une opiniâtreté incroyable cette ivraie dans le champ du Père de famille, et qu'après avoir été étouffée sur la fin du siècle passé, dans les Provinces où elle commençait à germer, on l'a vu renaître jusqu'à trois fois dans le cours de celui-ci ; il a été nécessaire que les Docteurs catholiques combattissent à fond des erreurs auxquelles on s'était contenté jusqu'aujourd'hui d'opposer des Censures. Elles ont été nécessaires et toujours efficaces ces vénérables et légitimes Censures ; mais des défenseurs do la nouveauté avaient cru s'en mettre à couvert par des termes nouveaux et spécieux, sous lesquels ils osaient nous débiter les mêmes erreurs.
Parmi les Docteurs catholiques qui auront combattu ces erreurs et écrit sur ces matières avec l'estime et l'apjjrobation des fidèles, nous croyons que ce petit ouvrage que le Révérend Père Massoulié donne au public sera
AI'l'r.OUM'lUNS vit
toujours un des plus utiles et des plus recherchés, si ou en juge selon son mérite ; tous ceux qui prendront la peine tlo le lire en seront con\aincus. C'est de cpioi nous pouvons les assurer par avance, et le témoignage cpie notis devons rendre à un si excellent ouvrage, que nous avons lu et examiné avec plaisir, selon l'ordre que nous en avions reçu do nos supérieurs. Donné à Paris, dans le Noviciat général des Frères Prêcheurs, le premier avril
Fn. Je.vx Mon'talieu, Prieur du Noviciat et Professeur en Théologie.
Fr. TiioiiAS MELcnion Luermite, Professeur en Théologie, Ex-Provincial de la Province reformée de Toulouse.
Fr. Je.v>' Dominique Cl.vvel, Professeur en Théologie.
APPRORATION des docteurs DE l'oRDRE, de la faculté DE PARIS
L'esprit d'erreur s'étant élevé en tant d'endroits contre la véritable oraison, il était à souhaiter pour le bien de l'Eglise, que des personnes, également consommées dans la science de la Théologie et dans la pratique de la vertu, traitassent la matière de l'oraison à fond, et par des principes si solides, c^u'ils fussent capables de dissiper toutes les fausses lueurs de ces raffinements nouveaux dont on a voulu éblouir les esprits. C'est ce qu'a fait, d'une manière pleine de lumière, de force et d'onction, le R. Père
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Antonin Massoulic, par son livre qui porle pour titre : (( Traité de la véritable oraison, où les erreurs des Quiétistes sont réfutées, et les Maximes des Saints sur la vie intérieure sont expliquées selon les principes de saint Thomas. » Nous l'avons lu avec un très grand soin, et il nous a été facile d'y remarquer que l'auteur partout a une doctrine profonde et orthodoxe, une dévotion solide, qui fait sentir que l'expérience qu'il possède des vérités qu'il traite ne le fait pas moins écrire, c]ue la connaissance jiarfaite qu'il en a. Ce sont les justes éloges qu'il mérite, et dont nous avons cru devoir accompagner l'approbation que nous donnons à son livre. Fait à Pai'is, ce neuvième avril 1699.
Fr. François Chauchemert, Docteur et Professeur en Théologie de la Faculté de Paris, Prédicateur ordinaire du Roi, de l'Ordre des FF. Prêcheurs.
Fr. Noël Alexandre, Docteur et ancien Professeur de Théoloffie en la Faculté de Paris.