D. Aug. lib, de Virg. c. 54- D.Th. Opusc. Co, art
92 DE LA YEUITABLE OUAISON
voir son amour ; que ses mains sont percées pour donner tout ce qu'il a ; que ses pieds sont cloués pour ne s'éloigner jamais de vous ; qu'il expose tout son corps pour vous racheter. Considérez chrétiens, combien toutes ces choses sont grandes : pesez-les dans la balance de la charité, afin que celui qui a été pour vous attaché à la croix soit profondément gravé dans votre cœur. »
C'est là qu'il s'est placé comme un tableau devant nos yeux, afin que nous le puissions copier en nous-mêmes et que chaque chrétien soit un homme crucifié. Car il faut porter l'image de ses ignominies, pour mériter d'être transformé en l'image de sa gloire.
Et qu'on ne dise point que ce sont ici les exercices des imparfaits, qui ont besoin des objets sensibles pour s'élever à Dieu : est-il possible qu'une telle pensée puisse jamais entrer dans l'esprit d'un chrétien ? Le divin Epoux dans le Cantique réveille son épouse, et il l'appelle par ces paroles au divin spectacle de sa Passion : « Levezvous, mon amie, toute belle, et venez, ma colombe, dans les ouvertures de la pierre ' . » On n'appelle pas ainsi les âmes imparfaites, auxquelles seules
I. Surirc, aniica mca, spcciosa mea, et venl, columba raea, in foraminibvis petrœ. Gant, ii, i3.