‹ Traité de la vraie dévotion à la sainte Vierge [microforme]Chapitre 16 sur 49 · F, W. FABER · texte numérisé non relu

F, W. FABER

Prêtre de l’Oratoire.

Présentation de Notre-Dame, 1862,

(Yui-

r de énéqu'il \onision imAe de l’âge

atoire.

TRAITÉ

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J'est par la très sainte Vierge Marie que Jésus-Christ est venu au monde, et c’est aussi par elle qu’il doit régner dans le monde,

Marie a été très cachée dans sa vie : c’est pourquoi elle est appelée par le Saint-Esprit et l'Eglise Alma Mater...Mère cachée et s8ecrète. Son humilité a été si profonde qu'elle n’a point eusur la terre d’attrait plus puissant et plus continuel que d’être inconnue à ellemême et à toute créature, pour n'être connue que de Dieu seul. Dieu pour l’exaucer dans les demandes qu'elle lui fit de l’appauvrir et humilier, a pris plaisir à la cacher dans sa conception, dans sa naissance, dans sa vie, dans

ses mystères, dans sa résurrection et assomption, à l'égard de toutes créatures humaines, Ses parents mêmes ne la connaissaient pas ; et les Anges se demandaient souvent les uns aux autres : Quæ est ista ?.…. ‘ Qui est cellelà ?” parce que le Très-Haut la ieur cachait ; ou, s'il leur en découvrait quelque chose, il leur en cachait infiniment davantage.

Dieu le Père a consenti qu'elle ne fit point de miracle dans sa vie, du moins qui éclatât, quoiqu'il lui en eût donné la puissance. Dieu le Fils a consenti qu'elle ne parlât presque point, quoiqu'il lui eût communiqué sa sagesse. Dieu le Saint-Espric a consenti que les Apôtres et les Evangélistes n'en parlassent que très peu, et qu’autant qu'il était nécessaire pour faire connaître Jésus-Christ, quoiqu'elle fût son Épouse fidèle,

Marie est l'excellent chef-d'œuvre du Très- Haut, dont il s'est réservé la connaissance ct la possession. Marie est la Mère admirable du Fils, qu’il a pris plaisir à humilier et à cacher pendant sa vie, pour favoriser son humilit la traitant du nom de femme, mulier, comn une étrangère, quoique dans son cœur

l’estimât et l’aimât plus que tous les Anges et les hommes. Marie est la fontaine scellée et l'Épouse fidèle du Saint-Esprit, où il n’y a que lui qui entre. Marie est le sanctuaire et le repos de la sainte Trinité, où Dieu est plus magnifiquement et divinement qu’en aucun lieu de l'univers, sans excepter sa demeure sur les Chérubins et les Séraphins ; et il n’est permis à aucune créature, quelque pure qu'elie soit, d'y entrer sans un grand privilège.

Je dis avec les Saints : La divine Marie est le paradis terrestre du nouvel Adam, où il s’est incarné par l'opération du Saint-Esprit, pour y opérer des merveilles incompréhensibles.

C’est le grand et le divin monde de Dieu, où il y a des beautés et des trésors ineffables. C'est la magnificence du Très-Haut, où il a ‘aché, comme en son sein, son Fils unique, et en lui tout ce qu'il y a de plus excellent et de plus précieux. Oh! oh! que de choses grandes et cachées ce Dieu puissant a faites en cette créature admirable ! comme elle est elle-même

bligée de le dire, malgré son humilité pro-

nde : Fecit mihi magna qui potens est (1).

1) S. Lue, FE, 49,

Le monde ne les connaît pas, parce qu’il en est incapable et indigne,

Les Saints ont dit des choses admirables de cette saïnte cité de Dieu ; et ils n'ont jamais été plus éloquents ot plus contents, comme ils l’avouent eux-mêmes, que quand ils en ont parlé. Après cela, ils s’écrient que la hauteur de ses mérites, qu'elle a élevés jusqu’au trône de la Divinité, ne se peut apercevoir ; que la largeur de sa charité, plus étendue que la terre, ne se peut mesurer ; que la grandeur de sa puissance, qu’elle a jusque sur un Dieu même, ne se peut comprendre ; et enfin, que la profondeur de son humilité, de toutes ses vertus et de ses grâces, qui sont un abîme, ne se peut sonder. :

O hauteur incompréhensible ! O largeur ineffable ! O grandeur démesurée ! O abîme impénétrable ! Tous les jours, d’un bout de la terre à l’autre, dans le 5lus haut des Cieux, dans le plus profond des abîmes, tout prêche, tout publie l’admirable Marie. Les neuf Chœurs des Anges, les hommes de tout âge, condition, religion, bons et mauvais, jusqu'aux diables, sont obligés de l'appeler Bienheureuse,

bon gré, mal gré, par la force de la vérité.

Tous les Anges dans ies Cieux lui crient incessamment, a dit saint Bonaventure: Sancta, Sancta, Sancta Maria, Dei Genitrix et Virgo ; et ils lui offrent des millions de millions de fois tous les jours la Salutation des Anges : Ave, Maria, etc., et, se prosternant devant elle, ils lui demandent pour grâce de les honorer de quelques-uns de ses commandements.

Saint-Michel, dit saint Augustin, quoique le prince de toute la cour céleste, est le plus zélé à lui rendre et à lui faire rendre toutes sortes d'honneurs, toujours en attente pour avoir l'honneur d'aller, à sa parole, secourir quelqu'un de ses serviteurs.

Toute la terre est pleine de sa gloire, particulièrement chez les Chrétiens, où elle est prise pour tutélaire et protectrice en plusieurs royaumes, provinces, diocèses et villes. Combier de cathédrales consacrées à Dieu sous son nom ! Point d'église sans autel en son honneur ; point de contrée ni de canton où il n’y ait quelqu’une de ses images miraculeuses, où toutes sortes de maux sont guéris et toutes sortes de biens obtenus, Tant de confréries et

congrégations en son honneur ! tant d'Ordres religieux sous son nom €t sa protection ! tant de confrères et sœurs de toutes les confréries, tant de religieux et religieuses qui publient ses louanges et quiannoncent ses miséricordes ! Il n’y a pas un petit enfant qui, en bégayant l’Ave Maria, ne la loue ; il n’y a guère de pécheur qui, en son enlurcissement même, n'ait en elle quelque étincelle de confiance ; il n'y a pas même de démon dans les enfers qui, en la craignant, ne la respecte.

Après cela, il faut dire, en vérité, avec les Saints : De Maria nunguam satis… ‘ On n’a “ point encore assez loué, exalté, honoré, aimé EL

“et servi Marie.” Elle à mérité encore plus de | louanges, de respects, d'amour et de services. ( Après cela, il faut dire avec le Saint-Esprit : (

Omnis gloria ejus Filiæ Regis ab intus (1) : f “ Toute la gloire de la Fille du Roi est au de- ( ‘ dans ” : comme si toute la gloire extérieure R que lui rendent à l’envi le Ciel et la terre ( n'était rien, en comparaison de celle qu’elle I reçoit au dedans par le Créateur, et qui n’est : 8

point connue des petites créatures, qui ne

(1) Ps. xiiv, 14.

peuvent pénétrer le secret des secrets du Roi. Après cela, il faut nous écrier avec l'Apôtre : Nec oculus vidit, nec auris audivit, nec in cor hominis ascendit (1): ‘ Ni l'œil n’a vu, ni “ l'oreille n’a entendu, ni le cœur de l’homme ‘n’a compris les beautés, les grandeurs et ‘ excellences de Marie ”, le miracle des miracles de la grâce, de la nature et de la gloire. Si vous voulez comprendre la Mère, dit un Saint, comprenez le Fils, car c'est une digne Mère de Dieu : ic taceat omnis lingua… # Qu'ici toute langue demeure muette.”

Mon cœur a dicté tout ce que je viens d'écrire avec une joie particulière, pour montrer quo la divine Marie a été inconnue jusqu'ici, et que c'est une des raisons pour lesquelles Jésus- Christ n’est point connu comme il doit l'être. Si donc, comme il est certain, le règne de Jésus- Christ arrive dans le monde, ce ne sera qu’une suite nécessaire de la connaissance et du règne de la très sainte Vierge Marie, qui l’a mis au monde la première fois, et le fera éclater la seconde.

(1) FL Cor. 11, 9,

Le

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