Rom. VIIL
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PRIÈRE DK MONTFORT. 209 que vous pouvez, et même, je l’ose dire, ce que vous devez m'accorder, comme Dieu véritable que vous êtes, à quitoute puissance a été donnée au Ciel et sur la terre, et comme le meilleur do tous les enfants, qui aimez infiniment votre Mère.
Qu'est-ce que je vous demande ? Liberos : Des prêtres libres de votre liberté, détachés de tout, sans père, sans mère, sans frères, sans sœurs, Sans parents selon la chair, sans amis selon le monde, sans biens, sans embarras, sans soins, et même sans volonté propre.
Liberos : Des esclaves de votre amour et de votre volonté ; des hommes selon votre cœur, qui, sans propre volonté qui les souille et les arrête, fassent toutes vos volontés, et terrassent tous vos ennemis, comme autant de nouveaux Davids, le bâton de la Croix et la fronde du saint Rosaire dans les mains : Zn baculo Cruce et in virga Virgine.
Liberos : Des âmes élevées de la terre et pleines de la rosée céleste, qui, sans empêchement, volent de tout côté selon le souffle du Saint-Esprit. Ce sont eux, en partie, dont vos Prophètes ont eu la connaissance, quand ils ont demandé : Qui sunt isti qui ut nubes volant (1) ?—Ubi erat impetus spiritûs, illèc gradiebantur (2).
(1) Isaï. 1x, 8, (2 Ezech. 1. 12.
Liberos : Des gens toujours à votre main, toujours prêts à vous obéir, à la voix de leurs supérieurs, comme Samuel : Præsto sum ; toujours prêts à courir et à tout souffrir avec vous et pour vous, comme les Apôtres : Zamus et nos, ut moriamur cum eo (1).
Liberos : De vrais enfants de Marie, votre sainte Mère, qui soient engendrés et conçus par sa charité, portés dans son sein, attachés à ses mamelles, nourris de son lait, élevés par ses soins, soutenus de ses bras et enrichis de ses grâces.
Liberos : De vrais serviteurs de la sainte Vierge, qui, comme autant de saints Dominiques, aillent partout, le flambeau luisant et brûlant du saint Évangile dans la bouche, et . le saint Rosaire à la main, aboyer, comme des chiens fidèles, contre les loups qui ne veulent que déchirer le troupeau de Jésus-Christ ; brûler comme des feux, et éclairer les ténèbres du monde comme des soleils ; et qui, par le moyen d’une vraie dévotion à Marie, c'est-àdire intérieure, sans hypocrisie ; extérieure, sans critique ; prudente, sans ignorance ; tendre, sans indifférence ; constante, sans légèreté, et sainte, sans présomption, écrasent, partout où ils iront, la tête de l’ancien serpent, afin que la malédiction que vous lui avez donnée soit entièrement accomplie. Znimicitias ponam inter
(1) $. Joan. xi, 16.
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te et mulierem, ct semen tuum et scmen tllius ; ipsa conteret caput tuum. (1)
Il est vrai, grand Dieu, que le monde mettra, comme vous l'avez prédit, de grandes embüches au talon de cette femme mystérieuse, c’est-à-dire à la petite Compagnie de ses Enfants qui viendront sur la fin du monde, et qu'il y aura des grandes inimitiés entre cette bienheureuse postérité de Marie et la race maudite de Satan : mais c’est une inimitié toute divine, et la seule dont vous soyez l’auteur : {nimicitias ponam. Mais ces combats et ces persécutions, que les enfants de la race de Bélial livreront à la race de votre sainte Mère, ne serviront qu'à faire davantage éclater la puissance de notre grâce, le courage de leur vertu, et l'autorité de votre Mère : puisque vous lui avez donné, dès le commencement du monde la commission d’écraser cet orgueilleux, par l'humilité de son cœur : Zpsa conteret caput tuum.
Alioquin moriar. Ne vaut-il pas mieux pour moi mourir que de voir, mon Dieu, tous Îles jours si cruellement et si impunément offensé, et de me voir moi-même tous les jours en danger d’être entraîné par les torrents de l'iniquité qui grossissent à chaque instant sans que rien s’y oppose ? Ah ! mille morts me seraient plus tolérables. Ou envoyez-moi du