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HISTOIRE DES ÉCOLES, DES ÉCOLIERS ET DES MAÎTRES

Enquête relative à des dîmes demandées par le maître-e s col du chapitre Saint- Mar tin de Tours ^ année i435, rouleau en parchemin de trois pieds et demi de long, renfermé dans un étui. . . 12 fr.

Inutilement on voudrait savoir qu’étaient les écoles des anciens, nous n’avons pas une histoire des Grecs des divers états, une histoire des Romains des divers états, une histoire des diverses parties de la société de

ces temps. Je ne répondrais pas cependant qu’il n’eu ait été faite^ car cette idée de la vraie histoire qui n’est que la réponse que se fait un esprit juste à cette question: qu’est*ce que l’histoire? doit être aussf ancienne que la raison ^ mais ces histoires des divers états, dans le cas où elles aient existé, ont sûrement péri par leur forme narrative^ didactique, seulement supportable quand il s’agit des guerres des nations, du sort des rois et des peuples. Toutefois, bien que l’on tienne beaucoup à savoir qu’étaient les écoles des anciens, on tient davantage à savoir qu’étaient au temps passé les nôtres • et à cet égard je viens offrir quelques documents, entre autres ce long rouleau relatif au maître-escol d’une abbaye où nous voyons que l’instruction publique était entre les mains du clergé, que la charge du maître enseignant était érigée en bénéfice, dotée de champs, de prés, de vignes, de bois, de dîmes qu’on ne payait pas toujours sans procès et sans enquêtes.

Testament de monseigneur maistre André d! A ver ton , chanoine chancelier de F église de Tours ^ année i533, manuscrit original, sur vélin. Un vol. petit in-foL, cartonné. ...... 26 fr.

Entre autres clauses il y en a plusieurs relatives

aux grandes écoles; et voilà pourquoi cet acte se trouve dans le chapitre de l’instruction publique. Le

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testateur donne une maison, un jardinet de l’argent pour bâtir de grandes e'coles, oii il paraît qu’il ne devait y avoir qu’une seule classe. Une chapelle desservie par deux chapelains, suivant le testament, et suivant le codicille par un seul, devait être l’oratoire de ces ecoles. Letestatenr veut que les e'coliers, condiuts par leurs maîtres, aillent, le jour anniversaire de son de'cès, aux galeries del’e'glise chanter les prières des morts autour de sa tombe. Dans ce testament se trouvent d’ailleurs des clauses à recueillir pour l’histoire de l’èglise : un des chanoines du chapitre ' de Tours e'tait chancelier; un autre chevalier. Letestateur était chancelier. Il avait les e'curies d’un seigneur: chevaux, mulets, rien n’y manquait. Il avait une litière. Il veut que le prix des mulets soit employé à faire une lame de cuivre pour le tombeau de son père, et une autre pareille lame pour le sien. Sa cave n’était pas moins bien fournie que son écurie ; il dispose de son vin rouge, de son vin clairet ; et sans doute qu’il n’était ennemi ni de l’un ni de l’autre, car ses tasses d’argent ne pesaient pas moins d’une livre et demie chacune.

Recueil de soixante-deux pièces originales concernant Vinstj^uction publique^ contenues dans un portefeuille . 8o fr.

Il y a quelque temps qu’un grand écolier que

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J’exhortais à s’adonner à Tarcheologie dans l’intervalle de ses e'tudes se mit a rire lorsque je lui recommandai surtout les documents sur l’instruction publique. Il rit bien davantage lorsque je lui dis que l’histoire des e'coles, des écoliers et des maîtres devait faire partie de l’histoire de France. Cependant je n’eus pas grand’ peine à lui prouver que rien n’était plus vrai, car il était ici comme tous les Français , comme les hommes de toutes les nations, intéressé à donner gain de cause à la raison : Mais, se prit-il à me dire, que peut-on trouver? que puis-je recueillir sur notre état? Mon ami, lui répondis-je, tenez^ voilà ce que j’ai retiré de différents sacs de vieux parchemins : Sentence pour le prieur et gouverneur des écoliers de Gluni; c’est ainsi qu’en 14^7 5 certains collèges, s’appelaient vos maîtres. Lettres de Charles VI, année i4iS> par lesquelles les régents et les écoliers sont exemptés du dixième accordé au roi par le clergé, ce qui prouve que dans les hautes écoles, maîtres et écoliers étalent alors ecclésiastiques, et plus privilégiés que les ecclésiastiques : mon jeune ami! les rois ne sauraient trop étudier notre histoire; ils ne sauraient trop honorer l’enseignement. Lettres de Charles VII, décembre i465, relatives à l’érection de l’université de Bourges : mon ami ! si vous avez bien écouté la lecture que je viens de vous en faire, vous devez savoir maintenant de quelle manière

étaient organisées ces anciennes universités appelées aussi études généraux. Voulez-vous voir des lettres du bon roi Louis XII 5 relatives au don de cinquante sous fait à un jeune écolier de votre âge pour lui aider à continuer ses études? les voilà ! Voilà aussi des lettres de grade du xvi® siècle et des siècles suivants parmi lesquelles vous remarquerez celles de chirurgien , année 1668, oii les noms des professeurs qui prennent le titre de conseillers du roi sont, ainsi que le nom du récipiendaire, écrits en grosses lettres d’or ; ce diplôme est donné par le lieutenant du premier barbier et chirurgien du roi, on s’en doute. Voilà des letWes d’exemption du paiement des décimes en faveur des docteurs en théologie : elles sont de l’année 1 55 1 . Le roi ne pouvant alors privilégier tous les grades, voulut privilégier les plus hauts. Vous avez entendu parler de Ramus, régent aucollége ^de France. Eh bien ! voici une de ses quittances notariées, du o. juin i563, oii il est qualifié de noble et scientifique personne, maistre Pierre de la Ramée , lecteur ordinaire du roi , principal du collège de Presles; et de plus, il est plusieurs fois aussi qualifié de seigneur, de seigneur de la Ramée. Vous saurez en outre qu’en ce temps le Roi n’ayant pas d’argent et ayant des rentes sur l’hôtel-de-villé , le paya en rentes. A cause du nom de Ramus le grand écolier consentit à apprendre ce qu’étaient les rentes sur

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]’lîôtel-de-ville. Je lui montrai des pièces du xvii® siècle et du xviii®, qui lui semblèrent curieuses. Il en voulait cependant rejeter deux : les lettres de Louis XIV portant permission au père Leonard Frison, je'suite, de faire imprimer ses œuvres opéra poetica et orationes panegiricœ. Je lui fis observer que citaient les œuvres d’un professeur et qu’elles étaient destinées àl’enseignement. L’autre pièce, qu’il voulait rejeter, était des vers français, du xvni* siècle, écrits sur vélin, relatifs au pensionnat de Vierzon, terminés ainsi :

Otez cinquante francs de la somme cinq cens,

Vous saurez ce qu’on doit de pension par an.

J’y consentis ; je savais bien que, réflexions faites, il ne le voudrait plus. Effectivement il ne le voulut plus. Ces pièces^ dont je lui donnai une connaissance fort sommaire, sont celles qui forment ce recueil. Mais oii trouver une de ces anciennes lettres de librairie accordées par l’université à des conditions de science fort rigoureuses , fort honorables pour les libraires? où? là, dans cette même collection.

Phœdrus novus^ seu iiovce fabulœ ^ circa annum 1699 scnptœ. Un vol. petit in-fol., veau rose, dentelles . lao fr.

En i5b4, Gabriel Faërne composa des fables lati~

nés J à la prière du pape Pie IV. Eu François

Pythou découvrit dans leschartriersdeSaint-Remi,à Rheims, le manuscrit des fables latines de Phèdre. Les fables latines durent donc être en grande vogue à la fin du XVI* siècle, et plusieurs gens de lettres durent s’exercer a'en faire. L’auteur de celles-ci en a fait au moins six livres : il n’y a ici que le sixième ; mais ce seul livre est plus e'tendu que tout Phèdre, tout Faè'rne. Ce dernier a intitulé son recueil Phedriis alter; j’ai intitulé celui de l’anonyme, son contemporain, Phedrus novus ^ et je conseille a celui qui publiera ce manuscrit de ne pas en changer le titre. Allons! Messieurs les libraires éditeurs, c’est une bonne affaire qui se présente ! J’en connais parmi vous plusieurs qui sont en état de faire un bon livre, à plus forte raison une bonne préface oii sera célébré cet accroissement de gloire de notre littérature latine. Et les éditions de recommencer , de s’épuiser. Vous ne dites rien 1 Mais il y a derrière vous un jeune professeur d’humanités qui veut se faire un nom par une édition de fables latines inconnues, et un protecteur par une belle dédicace. Oh! ce n’est pas tout ; il a remarcjué la longueur de ces fables^ doubles ou triples de celles de deux autres fabulistes : Voila , s’est-il dit, pour mes écoliers de quatrième ou de troisième. Je veux les avoir. Je ferai faire cette année un habit de moins. Il court aux enchères : je mets

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vdiigt-sous! vingl'francs î adjuge. Ce jeune professeur a raison de placer son argent sur des fables latines écrites au siècle de François !«**. Il ne risquera que de gagner de la gloire et de l’argent.

Amulius^ tragedia in v actus^ manuscrit du milieu du xvii® siècle. Un vol. petit in-4®7 veau brun, filets . 8o fr.

J’ai souvent ouï dire et j’ai souvent dit moi-méme combien il serait heureux de trouver une de ces anciennes tragédies latines de collège dont j’aurai bientôt occasion de parler ; celle-ci en est une que l’écriture et la reliure rendent également authentique. Les frontispices de chaque acte sont ornés de belles figures dessinées à la plume. L’action est une conjuration de Romulus et de Remus contre Numitor. Le poète a écarté, et non sans cause, la scandaleuse histoire de la Vestale qui accoucha du premier roi de Rome. Faustulus n’en dit qu’un mot en passant, et en passant vite. Bien que l’auteur ait écrit en assez bon latin, il esta croire qu’aujour d’hui les écoliers ne s’amuseraient guère à la représentation de sa pièce. On peut en tirer quelques bons extraits pour l’histoire de l’instruction publique, et ensuite lui donner une honorable place dans une grande collection théâtrale.

Distributiones prœiniorum in collegio SorboncB

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Plessæo^ ah anno i685 ad annum 1718 factæ^ manuscrit original desxvn^ etxviii^ siècles. Un vol. in-fol.y maroquin rouge, fleurdelisé, avec le monogramme du college sur les plats . 60 fr.

J’espère que lorsqu’on aura lu cet article , le manuscrit semblera avoir une plus grande valeur , car outre qu’il offre comme une pépinière de jeunes plantes, de jeunes enfants devenus dans la suite des hommes illustres dans les lettres , les arts, la magistrature , les finances , les armes , tels que les Bignon y les Lebeau, les Leroi, les Waillj^ les Morlet, les Larcher, les Loménie , les Molé , les d’Aguesseau , les Laborde, les Noailles, les Dillon , il fournit à [^histoire de l’instruction publique des documents qu’elle ne manquera pas de mettre à profit. En l’annde , et sans doute plusieurs années avant ffannée i685^ jusqu’à l’année et sans doute plusieurs années après l’année 1718, les classes d’humanités de l’université de Paris étaient la septième , la sixième , la cinquième où l’on faisait des thèmes, des versions 5 la quatrième où l’on faisait des versions grecques, des versions latines , des amplifications latines ; la troisième, la seconde , la rhétorique, où l’on faisait des amplifications! latines ,. des vers latins, des amplifications grecques : il y a apparence que ces dernières études , quoique les mêmes pour ces trois classes, allaient toujours en s’élevant jusqu’à la rhé-

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torique dont le cours était de deux ans. G’ëtait à la mi -août que finissait l’anne'e scolaire; et en ce dernier jour e'taient donnes des prix pour chacune de ces differentes parties d’enseignement. Il y avait aussi, pour toutes les classes , des prix de mémoire qui étaient bien gagnes , car on a de la peine à croire les respectables attestations des maîtres sur les longues parties de catéchisme, d’ëvangiles, d’ëglogues, de chants de poème , récités d’un bout a l’autre , sine errore , sine hesitatione. Ce même jour ëtait encore diversifie par des exercices publics sur les orateurs, les historiens ; car je vois que vers le commencement du siècle dernier on laissa entrer l’histoire dans les classes; mais sûrement ce n’ëtait pas plus que ce n’est aujourd’hui, du moins dans plusieurs collèges , l’histoire des divers états , des diverses parties de la société dont l’histoire des petites et des grandes écoles , si inutile , si étrangère aux écoliers, fait cependant partie. Ce qui surtout diversifiait le plus cette belle journée et contribuait le plus à la rendre solennelle et brillante , c’était la tragédie latine à laquelle régens et écoliers attachaient tant d’importance que le procès-verbal de distribution des prix parle toujours fort en détail de la manière dont la pièce avait été jouée , et donne des éloges aux acteurs qui s’étaient distingués. En général , je ne puis in’empêcher de remarquer avec

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quelle bienveillance, quelle affection sont faites les notes sur ces jeunes et studieux ecoliers. On aime volontiers a rendre justice aux hommes qui ne sont pas encore et aux hommes qui ne sont plus.

Histoire des Assyriens^ des Mèdes^ des Perses^ etc. Historia Assyrioriim^ Medaram.^ Persarum, etc. Parisiis^ in regio Ludovicimagnicollegio^ anno salutis 1687^ quœ pertinet ad S. B. Gliicqy manuscrit très probablement de Tauteur. Un vol. in-i2, reliure du temps . 16 fr.

J’aime bien ces ingénieux encouragements des Jésuites qui excitaient toute Tapplication de l’élève par l’appât de se voir auteur et de se voir relié.

Rhetoricæ preceptiones , auctore d. d. Carolo Rolliny regio eloquentiæ et in Sorbonæ Plessæo rhetoricæ professore 1690. — Geographiœ ms^ titutiones auctore d. d. Petro Billet , huinanitatis in Sorbonæ Plessæo professore 1689. . 4^ fr.

Ces deux volumes, écrits de la main de l’élève Garnier, sont reliés dans cet ordre en un seul volume in-4®? veau fauve. L’écriture en est fort belle. Les premiers feuillets sont ornés des portraits gravés de Cicéron, Démosthène, Aristote , et les derniers, de caries de Sanson.

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Unwersa metaphisica in Marchîanno^ aimo 1691. Un vol. in-4% veau fauve . 10 fr.

C’est encore un autre cahier de ce même Garnier.

Vous qui lisez ces lignes, convenez-en ou bien j’en conviendrai pour vous : vous aviez cent fois vu sur l’étale du libraire , ces manuscrits ; mais vous vous étiez dit : A quoi pourraient - ils donc me servir ? Qu’ils restent là! Et iis y sont restés, jusqu’à ce qu’un jour lesayant aperçus et les ayant examinés, je reconnus bientôt qu’ils pouvaient être utiles, qu’ils pouvaient nous apprendre, à certains égards, quel était vers la fin du xvii® siècle, l’état de l’instruction publique : et véritablement ils nous disent d’abord que si, dans les humanités, on enseignait la géographie, c’était en latin 5 que si en rhétorique, on donnait les préceptes de Fart, c’était en latin; que la métaphysique, comme la logique, comme les mathématiques étaient latines. Quelqu’un m’empêche de poursuivre et me demande si Carolus Rollin est Rollin auteur de \ Histoire ancienne ^ du Traité des EtudeSy et parce que la mémoire de cet excellent homme est avec raison universellement chérie, il ajoute, sur ma réponse* affirmative: N’allez pas au moins reprocher à Rollin le cumul des chaires. Vous voyez qu’il ne s’en cachait pas , qu’il l’écrivait sur le frontispice de son traité ; telle était la mode parmi les gens de lettres de son temps , et telle elle

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est encore aujourd’hui. N’allez pas non plus , ajoutet-il, lui reprocher de professer en latin, car telle était aussi de son temps la mode ; et votre Mentelle, et votre Delille, et votre M. Laromiguière, qui ont depuis professe au Plessis, au college de France, auraient, s’ils eussent ëtë ses contemporains , professë en latin ainsi que lui et les auteurs de ces differents traitës. Je lui réponds que c’est possible et même vraisemblable, et que ce que j’improuve dans ces traitës c’est le fond 5 car Mentelle n’eût jamais professë aux Français de Louis XIV la seule gëograpliie de Ptolomëe; Delille, s’il eût^ comme Roilin, soupëavec Bossuet, Flëchiery Boileau, Racin e , LaFontaine , eût mis dans sa rhétorique quelques lignes françaises de leurs ouvrages; et M. Laromiguière, notre cëlèbre historien de l’intelligence de l’homrae, n’eût jamais ëcrit dans ses cahiers latins que toutes nos idëes viennent des sens ainsi que le disait Aristote aux Grecs, ou qu’aucune n’en vient ainsi que Descartes l’avait fait croire aux Français.

Dialogue de F Amitié^ traduction de A, A. D, B,/ soubz les auspices du R, Lejay^ manuscrit du commencement du xviii* siècle. Un vol. in-4°^ vël. ilorures . i5 fr.

C’est le manuscrit autographe d’un jeune traducteu!', saiis doute le tils d’un personnage de ce temps.

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Je viens de faire remarquer ces différentes manières ingénieuses, que les jésuites employaient pour exciter l’application.

Manière d'étudier et d'enseigner dans tes colleges des oratoriens^ année 1716, manuscrit autographe. Un vol. in-fol., veau bronzé, filets. 80 fr.

On pensera avec raison qu’un cours des études, un abrégé des méthodes d’une célèbre sociétéenseignantey doit avoir une place remarquable dans le recueil des matériaux pour l’histoire de l’instruction publique. Le plan de cet ouvrage est fort simple, fort bon, c’est tout un. L’auteur parcourt successivement les classes d’humanités et de rhétorique, entre, sort, fait avec sens et sagacité ses observations sur chacune.^ Il parle ensuite des théâtres des collèges ,* il dit que l’usage de jouer la comédie dans les collèges était près de cesser. Il dit qu’il était aussi d’usage que chaque collège composât et donnât chaque année une tragédie française. S’il en était ainsi, il ne se faisait pas moins de cent tragédies nouvelles tous les ans, et peut-être Corneille, Racine, Grébillon, Voltaire ontils là commencé leur apprentissage : peut-être même leurs tragédies lues et admirées dans le monde entier, sont-elles restées empreintes de quelques vers, peut-' être même de quelques scènes de collège. J’applaudis à l’auteur de vouloir fortement que dans l’enseigne-

ment on s’applique à l’ëtude de la langue nationale^ Il était probablement de r.ègle chez les oraloriens qu’un manuscrit destine' au public ne devait pas sortir delà maison sans avoir e'të soumis à l’examen et à la censure. On trouve au commencement un jugement ëcrit sur une demi-feuille de papier collëe au verso de la couverture, qui est d’un homme aussi bon que poli , et aussi poli que spirituel : mais a la fin du manuscrit on trouve une rëponse à ce jugement dont Tauleur appelle au père gënëral. Je ne citerai de ce jugement qu’une critique, et vëritablement elle estfort notable. L’auteur, dansle chapitre Histoire, se contentait de quelque peu de chronologie, de quelques gënëralitës, de quelques rësumës : oh! oh! lui dit son confrère l’examinateur ; « Il me semble qu’on ne « sait pas l’histoire des peuples comme il faut, quand on « n’a pas des notions de leurs principales cërëmonies « de religion, de leur manière de vivre, de se vêtir, « de se loger, de leur commerce, de leurs occupations, « de la forme de leurs jugements, deleurs contrats, de « leurs mariages, de leur manière d’ëlever leurs en^ « fants, deleurs exercices, deleurs funérailles, de leurs « testaments, en un mol de ce que l’on entend par le « nom gënëral de mœurs... » Le bon esprit d’oratorien que celui-là ! Malheureusement il vivait il y a plus de cent ans; mais son excellente raison revit dans d’autres excellentes raisons ; il y aura jusqu’à la

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fin de la race humaine des oratoriens qui ne reconnaîtront que !a vraie histoire nationale pour la vraie histoire nationale. Toutefois que je rappelle ici une observation , aujourd’hui fort vulgaire : c’est que les progrès de la société tiennent beaucoup à ceux de la' langue. Que fallait-il pour que l’histoire nationale Vhlstoire des Français des divers états

fût faite, il y a un siècle , dans une des maisons de l’Oratoire? Il fallait que ce qu’on appelait alors les mœurs, on l’appelât les diverses parties de la société, les divers états. On aurait vu, par une meilleure langue, que ce qu’on appelait si mal l’histoire des mœurs, était la vraie et la seule histoire nationale. Combien du reste ne devons-nous pas être indulgents envers la langue historique du commencement du xviii® siècle, puisque maintenant au milieu du xix* nous employons les mêmes expressions ; et en voici la preuve. L’année dernière, qu’il y avait seize fauteuils à la fois vacants à l’académie des sciences morales et politiques, nouvellement reconstituée, je me mis dans les rangs des candidats. On imprima le titre de leurs ouvrages. Uhistoire des Français des divers états ^ des diverses parties de la société, des diverses parties de l’ordre social, s’y trouvait sous le titre {^histoire des mœurs. Par cette raison, ou par autre , la porte resta fermée pour moi. Je sentis^ et je sens encore, l’alFront que reçut la première histoire

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nationale qu’ait eue l’Europe* Que faire? Ne plus s’exposer à de nouveaux ballottages ; je me le suis promis et jure'. Eh bien ! je ne parviendrai pas aux honneurs littéraires, soit ! Cependant si l’on écrit sur la pierre de ma tombe : auteur de l’histoire des Français des

divers états, personne jamais ne marchera dessus.

Ars rhetorica^ auctore pâtre de La Sanie ^ mino 1740, manuscrit du temps. Un vol. in-4®, basane, racine rouge . 12 fr.

Cette rhe'torique, faite cinquante ans après celle de Rollin, ouvre enfin ses pages latines à la prose et aux vers français. On trouve a la suite de la rhètori-

que un traite' de versification, et a la suite un recueil de petites poe'sies où il j a avec la traduction latine de fode à la fortune de Rousseau, de nombreux distiques et dictons dont, en ce temps, e'taient charbonne's les murs des classes; et en outre, des sonnets ou pièces de vers latins contre les cloches des colle'ges, contre les bancs, contre la fe'riile, contre la paresse, contre la gourmandise, surtout contre les femmes.

Philosophiæ prima pars ^ sis^e lo^ica^ Luteciœ 1748. Un vol. in-4®? basane, racine, filets. 12 fr.

Cet e'pais manuscrit destine' aux colle'ges, comme on le voit à la page 5 , est a conserver pour les

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matériaux de l’histoire de l’enseignement dont fera sûrement partie cette carte des nébuleuses régions ou l’esprit humain s’est e'garë si long-temps.

Réglement du séminaire Saint-Sulpice ^ relatif au dortoir, à la tahle^ aux exercices de la maison^ manuscrit du xvin® siècle, sur vélin. Un vol. grand in-8o, basane violette, dentelles. 20 fr.

Si j ’e'tais supérieur de ce séminaire^ je ferais acheter, n’importe à quel prix, ce manuscrit ; et quand mes séminaristes se plaindraient de la rigueur de la règle, je leur dirais en leur lisant ce réglement : Mais voyez donc comment il y a moins de cent ans, vous étiez menés : « Lever a cinq heures du « matin ; oraison partie à genoux , partie debout ; <( ensuite la messe, tous en surplis, ou au moins en « manteau long. A onze heures le premier coup du « dîner; lecture, nu-tête et à genoux, d’un chapitre « du NouveaU'Testament, suivi de son examen parif liculier. Au dernier coup du dîner...» Il y a sur le détail du service plusieurs choses curieuses. Ce manuscrit de la plus belle écriture est original. Il porte écrits d’une autre main des adoucissements à la règle. Il offre la naïve image de toutes les institutions humaines.

Réclamation d'honoraires faite auprès du

DES ÉCOLES> DES ÊCOEIEUS, EtC

conseil royal d! instruction publique par Varchi^ tecte Vaudoyer^ année 182 [, cahier in-fol., manuscrit original j accompagne du devis estimatif et de deux plans du college de Sorbonne. Ces trois pièces renfermées dans un portefeuille. . , . . . 6 fr.

Il est un nouveau proverbe qui, s’il n’a pas encore passé dans la langue nationale, a du moins passé et est fort enraciné dans la langue populaire 5 ce proverbe est : Travailler pour le roi de Prusse, c’est-à-dire travailler pour rien. L’architecte Vaudojer qui a divise tous les bâtiments de la Sorbonne^ premier et second étage, pour la nouvelle destination de ce collège, ne veut pas avoir travaillé pour le roi de Prus'îe ; il demande six mille francs, au mains trois. Le conseil réduit les trois mille à mille, et il fait payer en sus les cuivres des plans qui ont été gravés. La faculté des lettres, comme le supérieur de Sainl- Sulpice, ne peut rien faire de mieux que d’acheter ce manuscrit et ensuite de le serrer dans un lieu à serrer les titres, qui existe peut-être, mais qui ne se trouve pas indiqué dans les plans, car il n’y a pas d’archives.

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