DES VOYAGES ET DES VOYAGEURS
Description des costes de la mer océane^ manuscrit du xvii® siècle. Un vol. petit in-4® 5 basane, racine brune, filets. . . 10 fr.
Prenez une mappemonde ; partez de Dieppe , et, sans entrer dans la Méditerranée, suivez au sud toutes les côtes delà France, de l’Espagne, de l’Afrique, de l’Asie; rentrez en Europe par le détroit de Vaigats ; suivez les mers polaires ; revenez par la mer d^Allemagne, la mer de la Manche à Dieppe^ et vous aurez vuie idée du plan de cet ouvrage. ïl y
DE LA GÉOGRAPHIE
a quelques faits curieux sur les villes maritimes , a commencer par Saint-Malo , dont la chaussée était, du temps de l’auteur, gardée par des dogues ; il y a aussi beaucoup de détails sur le commerce. Mais remarquons que la géographie était encore bien crédule, qu’elle comptait six millions de soldats en Chine. Faisons une autre remarque : ce que c’est que la gloire ! ce que c’est surtout que l’irrilation contre la gloire ! L’auteur de cet ouvrage enlève autant qu’il peut à Colomb celle d’avoir découvert le Nouveau- Monde^ pour la donner à un pilote français^ natif de Saint-Jean de Luz^ dont on ignore le nom. U ... Il fut le premiei’ jeté en la coste de l’Amérique « par une violente tempeste, laissa son papier jour- « nal, communiqua la route qu’il avoit faite à Cou- « Ion , chez qui il mourut... » En voilà assez et trop sur ces vieux mensonges de l’envie. Gloire à Colomb ! gloire à Colomb !
Cosmographia, Alteritein tractatus cui titulus hortus Jloridus^ auctore du Buisson^ manuscrit autographe du xvii® siècle. Un vol. in-fol., parchemin, figures. . i5*fr.
Ce manuscrit a appartenu à Jean-Baptiste L’Ecuy, abbé des Prémontrés ^ ensuite au séminaire Saint- Sulpice , ensuite sans doute à la révolution, ensuite à je ne sais qui , ensuite à moi. Il serait peut-être
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à dësirer qu’à l’intërieur ou verso des couvertures d’un manuscrit pre'cieux^ ou d’un livre rare, fût marquée la succession des propriétaires 5 cette notice serait curieuse et souvent piquante. Si je voulais faire ici l’histoire spéciale de la cosmographie, je tirerais grand profit de ce manuscrit à cause de ses précieux détails , à cause de ses cartes et de ses figures. On remarque à la page 82 une lettre originale du frère Albert le Grande datée de Nantes, le 29 novembre i636, adressée à l’auteur , contenant une rose de vents, de demi vents ^de quart de vents ^ en français au premier cercle , et en breton au second cercle. Le petit jardin fleuri a deux compartiments^ Tun de métaphysique, l’autre de physique, comprenant l’anatomie et la médecine. En sassant et en ressassant toutes ces anciennes matières, on pourrait en faire tomber quelques petites perles , même quelques petits diamants , surtout si celui qui tiendrait le sas avait une grande patience et de bons
veux.
O J âge de Samarcande à la Chine , fait au xiYe siècle. Voyage dans la mer Blanche. JSou^ veau voyage en Tartarie. Relation du royaume de Lassa dans le Thïbet.^ manuscrits du commencement du xviii® siècle. Un vol. in-fol., cartonné. . . . 8 fr.
DE LA GÉOGRAPHIE
Ces quatre voyages, dont un, fait au xiv® siècle, ne sont pas chers ; qu’on en convienne ! Je conviendrai à mon tour que l’e'criture n’en est pas très belle. Ils peuvent cependant^ tels quels , entrer dans une collection.
Minutes des textes explicatifs du petit atlas de l’Europe , manuscrits autographes de Delisle. Un vol, in-fol., cartonne . i5fr.
Ces textes ont ëte imprimes et ont disparu; le manuscrit est reste et leur a , pour ainsi dire, survécu. Ce n’est pas extraordinaire, car les traites me'thodiques des sciences ont en gëneVal une plus ou moins courte durëe. Et cependant que d’obligations à ces traitës et à leurs auteurs qui ouvrent les passages à la lumière, illuminent le monde! Et cependant l’ingrate main de ce que nous appelons l’histoire de la nation s’est toujours refusée àëcrire leurs noms ! Mais dans les siècles que le temps porte dans son sein , la seule main de la raison ëcrira l’histoire; etles noms des auteurs des bons traitës de géographie ainsi que de tous lesbons traitës des connaissances humaines; et les noms de tous les auteurs de perfectionnements de l’art social, ainsique leurs perfectionnements rempliront seuls l’histoire nationale; oui, seuls, ils la rempliront, qu’on y rëflëchisse ! car alors elle olIVira Tëlat successif du mal, du moins mal, du
bien et du iiûeux ; non pas comme jusqu’ici dans deux ou trois parties , mais dans toutes les parties de l’ordre social. J’ai insiste, j^insisle^ j’insisterai sur les caractères de la vraie histoire nationale ; certaines veVitës n^entrent qu’après avoir long-temps frappe a la porte. Il me reste à recommander au respect des temps les manuscrits autographes des hommes célébrés , les anciennes traces de leur plume , des déviations , des corrections de leurs pensées. Ce sont d’ailleurs les seuls vestiges matériels de leur esprit, de ses luttes contre les difficultés, de ses efforts, de ses victoires.
Requête de Guillaume Delisle au roi et au conseil^ contre Nolin^ année 1716, manuscrit du temps dont les notes marginales sont de la main de Delisle. Un vol. grand in-fol., basane, racine verte, dentelles . 5o fr.
Cette requête , on ne s’en douterait pas , est une histoire neuve , excellente et complète de la géographie à la fin diïxvii® siècle. Elle est de la composition de Delisle; son esprit juste^ son ame honnête, son indignation contre le plagiat^' ’sa colère, ses expressions pleines de feu, ses grands talents littéraires^ bien qu’il ne fût pas littérateur, s’y font vivement remarquer. Delisle, fils d’un savant géographe, plus savant géographe lui-même, avait avancé infini-
DE LA GÉOGRAPHIE
ment la science , dans sa carte du globe terrestre. Il ne Tavait pas encore publiée qu’un hardi voleur , géographe ainsi que lui, s’en empare et la donne au public sous un autre titre. Delisle, sans nommer encore le plagiaire, se contente de se plaindre des contrefaçons de son travail. Alors le voleur se met lui-même à crier qu’il est, lui, au contraire, le vole. Dès cet instant Delisle ne garde plus de mesures , et dans cette requête il montre au public Nolin comme portant sur sa tête la couronne d’un autre et mettant dans sa poche l’argent qui ne lui appartient pas. Il commence par faire brièvement l’histoire de la géographie au xrf et au xvii® siècle. Il continue et dit : La composition des cartes se compose de la partie mathématique ouïe plan, et de la partie historique ; celle-ci n’est qu’une nomenclature de noms , extraits des livres , celle-là est tout. En effet, ajoute-t-il, « Pour bien faire le plan il faut émet ployer les observations célestes qui donnent des « points fixes. . . il faut conférer ces observations avec « les mesures itinéraires, pour voir s’il n’y a pas « d’erreur dans les unes ou dans les autres. Il faut <( savoir exaclément la mesure de la terre pour ne « donner aux degrés que leur juste valeur, et la « proportion des degrés de l’équateur avec celle des a degrés des autres parallèles. ..Tout cela n’est pasfa- «( cile; aussi est-ce le plan que le plagiaire prend et que
(( Nolin m’a pris, en déguisant son vol, en adoptant « une autre ëchelle.» J’avais, dit Delisle, change' toutes les positions des me'ridiens et des parallèles. Nolin a fait les mêmes changements et a, comme moi, d’abord porte' seulement à un demi-degre' du cap Vert, au lieu de deux degre's et derai^ l’île de Fer par laquelle passe le premier me'ridien. Mes me'ridiens, mes parallèles passent par telles villes, tels caps ; les me'ridiens, les parallèles de Nolin passent parles mêmes villes, les mêmes caps. Et Delisle les nombre, les nomme tous les uns après les autres. On a vraiment plaisir d’entendre ce grand ge'ographe. Tl porte, comme un empereur^ le globe dans sa main ; il en change, avec son compas, la face. Vossius et d’autres ge'ographes sont repris de leurs erreurs : Sanson ainsi qu’eux, dit Delisle, a trop allonge les continents; je les ai racourcis. J’ai e'tendu la Barbarie , j’ai resserre cette autre partie de l’Afrique, et cette autre. J’ai e'ievë Alger de trois degre's de latitude, de Tripoli. J’ai abaissé la latitude de Cachemire, de Delhi, de Gabul, d’Agra. J’ai bouleversé la mappemonde. Ensuite s’adressant à Nolin , il lui dit : Où avez-vous , sinon dans mes cartes, pris ces îles? voleur ! Où avezvous pris les terres arctiques, la grande étendue de la Guiane, la terre d’Yémen, la Nouvelle-Zemble, la Nouvelle-Zélande ? voleur! voleur! Barbarus bas segetes*,. Porter la pointe de la faucille dans le
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champ voisin passe; mais le moissonner ! Toutes les fois, ajoute-t-il, que mon plagiaire ne veut pas me copier et qu’il substitue sa science à la mienne, il tombe dans re'clipse. Il a voulu changer quelques points des anciennes cartes, il les a rendues plus mauvaises: Ah! s’e'crie energiquement Delisle, pour faire de tels changements il faut avoir, comme moi^ remué les terres et les mers. Nolin, marchand d’images et de cartes, se vante de son titre de ge'ographe du roi. Non equidem invideo... Le roi est bien le maître de donner un brevet à qui bon lui semble ; mais cela n’empêche pas que le géographe de boutique prenne les méridiens pour les parallèles et dise c|ue le méridien marque la distance d’un lieu à l’équateur. J’ai trouvé ça et là beaucoup de cartes manuscrites de Delisle , dont j’ai déjà vendu un grand nombre; mais où trouver son fouet? je le vendrais bien davantage.
Recueil de vingt-deux cartes d^itine'raires à travers VAsie^ au xviie siècle^ projetées et écrites^ par Delisle, Un vol. in-4®, maroquin bleu, dentelles . 6o fr.
J’ai dressé à notre plus grand géographe qui , pour e’mprunter ces expressions à sa requête, a remué les terres et les mers, un monument précieux en réunissant les minutes de ses cartes itinérogra-
pliiques au travers l’Asie. Je les ai ici disposées par dates. La première marque la désastreuse expédition de l’empereur Julien contre les Tartares appe» lés alors les Parthes. Les autres marquent les routes des voyageurs du xvFetdu xvn® siècle. Plusieurs tracent les routes entre les sources de i’Euphrate et celles du Gange. Allons! allons! messieurs les Russes qui voulez aller voir faire la mousseline dans les Indes ! allons ! allons ! Messieurs les Anglais qui ne le voulez pas ! allons ! disputez-vous , l’argent ou l’or à la main, ce beau manuscrit. Vous aurez parmi nous des concurrents; mais vous en auriez bien plus si l’ancienne histoire de France, avant V Histoire des Français des divers états , dont le xvii® siède ne tardera pas à être publié^ avait nommé les grands géographes tels que Delisle.
Recueil de vingt-sept cartes de plusieurs parties de V Afrique y lies ou pays adjacents , projetées et écrites par Delisle, Un vol. in-8®, maroquin rouge, dentelles . 4^ fr.
Autre précieux monument dressé à la mémoire de Delisle. Ces cartes, comme celles du précédent recueil, allaient être dispersées, et c’eût été aussi grand dommage, car elles ont aussi leur intérêt. Elles décrivent les bords de cette Méditerranée que tant de navigateurs parcouraient depuis tant de siècles et
DE LA GÉOGRAPHIE
que Dellsle , à la honte de l’antiquité et surtout à la honte des siècles qui avaient précède le sien , a allongée d’un grand tiers. L’une de ces cartes figure notre Alger au temps où il n’était pas encore nôtre. Les côtes des environs sont toutes bastionnées ; je n’ai pas, je crois ^ entendu parler de ces longues lignes de défense; je ne sais si elles existent aujourd’hui. Il J a aussi notre Oran au fond de sa belle rade; il j a notre Corée; il y a la Basse- Egypte qui depuis long-temps n’est plus nôtre. Il y a aussi une carte du royaume de Fez, projetée par Talbe Bougiman ^ docteur de l’Alcoran , que Delisle ne critique pas. Delisle cette fois ne craint pas la concurrence.
Fragments de cartes ge'ographiques écrits de la main de Delisle y systématiquement disposés. Un vol. in-i2, bas. rac. verte^ dentelles. 20 fr.
Delisle avait destiné ces fragments à être enchâssés dans ses ouvrages ; je les ai soigneusement recueillis et je les offre au public sous le joli petit format d’étrennes.
Procès entre Buache^ gendre de Delisle, et les héritiers de la veuve Delisle , pour servir à la biographie de Buache et à Vhistowe de la géographie , Unvol. in-4^, basane, porphyrebleu, dentelles. 20 fr.
Buache^ qui a écrit de sa main presque toutes les pièces de ce procès, quitta, à l’instigation de Delisle, son état d’architecte, pour prendre celui de géographe. Pendant toute la \de de son beau-père il se conduisit envers lui de la manière la plus respectueuse et la plus filiale , ainsi qu'il le rappelle dans ses observations ; pendant toute la vie de sa bellemère, sa conduite fut la même. Après le décès de celle-ci, il eut avec ses héritiers une discussion judiciaire où s’Oifre le tableau du riche fond de Delisle, consistant en cent planches de géographie, en dix-huit mille épreuves que Buache revendiquait comme faisant partie du don des planches que lui avait fait sa belle-mère , en cinquante portefeuilles contenant quatre mille cartes, dont dix-sept cents gravées, chargées d’observations manuscrites, et deux mille trois cents minutées. Il est à présumer que cette énorme et respectable masse de documents géographiques passa à Buache père qui la grossit ,* qu’elle passa ensuite à Buache fils^ qui la grossit encore. A la mort de ce dernier que nous avons vu professeur à la première école normale, son fonds s’est dissous dans les magasins des papetiers. J'en offre ici quelques parcelles; je crois que la science peut faire son deuil du reste.
Itinéraire d* Alexandre en Europe et en Asie
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avec révaluation de la distance des villes ^ manuscrit autographe de Buacheo Un vol. in-4®7 basane, racine violette ^ dentelles . i5fr.
Le nom de Gengis-kan n’est pas universellement connu ; celui d’Alexandre est depuis l’enfance dans notre bouche. Conquérants ! je vous conseille de gagner le bon vouloir des Quinte-Gurce ou des Ségur; mais il ne s’agit pas ici d’historiens , il s’j agit de géographes et j’ai à donner des louanges au savant travail de Buache, qui a écrit l’expédition d’Alexandre avec des lignes prises dans les anciens auteurs qu’il cite^ manière d’écrire l’histoire qui, sauf la variété des formes, devraitêtre générale. Buache ne s’est pas borné làj il a voulu donner les distances des villes; il s’est aussitôt mis sur les traces du célèbre Samson dont il marque tous les faux pas.
Mémoire sur le bassin de la Seine demandé à Buache par le prévôt de Paris y texte et dessin^ manuscrit autographe renfermé dans un portefeuille . 12 fr.
Lahire , si connu par sa sélénographie, ne voyait dans la lune que des montagnes et des vallées. Buache héritier et dépositaire des idées de Delisle, ajouta une nouvelle face à la géographie en ne considérant la terre que comme Lahire considérait la lune , mais en y mettant de plus les fleuves
recevant les rivières aflluentes , qui venaient des bassins ou vallées aboutissant a la grande vallée, au grand bassin du fleuve. Le prévôt de Paris, dont la plus grande sollicitude magistrale était la facilité ou la difficulté des arrivages, demanda a Buache un mémoire sur la grande vallée ou bassin parcouru par la Seine et les rivières afïluentes. Le mémoire et le dessin que fit Buaclie sont ceux qui sont renfermés dans ce portefeuille. En le voyant on croit qu’il n’y a rien à ajouter à ce beau système hydraulique. Cependant M. le colonel Denaix y a ajouté. Buache avait décrit la structure pour ainsi dire osseuse du globe; le colonel Denaix a décrit les divers rapports des ossements entre eux, il a complété le système. Tel est le cours des sciences, aussi naturel que celui des fleuves; il y a unBuache, il y a un Denaix.
Carte de Nicolas Delisle et de Buache, portant le tracé de la route suwie par Vamwal espagnol de Fonte ^ en 1 64o^ pour s' ouvrir un passage entre V Asie et F Amérique ^ avec différents mémoires qui lui sont relatifs^ manuscrits autographes de Delisle, de Buache et d'autres. Un vol. in-4°, cartonné . . 10 fr.
Pour que je pusse bien faire entendre l’objet des savants mémoires de Nicolas Delisle, et des deux autres mémoires, l’un de Lagalissonnière, l’autre du
DE LA GÉOGRAPHIE
grand-maître des ceremonies de l’impëratrice de Russie, il me faudrait un grand espace, qui ne peut se trouver dans les étroites bornes de ce traite ; il suffira de dire que ces anciens manuscrits sont de curieux monuments des diverses tentatives de passage entre la Russie d’Asie et l’Ame'rique.
Discussion de géographie légale entre Buache et le libraire Boudet, manuscrit autographe de Buache. Un vol. in-4®5 cartonne . i5 fr.
Le ge'ographe Buache entendait que chacun fît son métier et ne fît pas celui d’un autre ; il entendait que les libraires vendissent des livres et ne vendissent pas de cartes. Le libraire Boudet entendit cependant en vendre, et^ qui pis est, en faire; Il publia un atlas universel. Aussitôt Buache prend feu ; il dresse un mémoire à consulter^ où il invoque la législation policielle du commerce des objets de géographie qui ne permet de faire des cartes qu’aux seuls géographes du roi ; et pour qu^à cet égard les réglements fussent plus formels , il en propose un écrit de sa main. De plus, il commence et entretient dans les journaux une polémique contre le géographe Robert, prête-nom du libraire Boudet. Enfin il présente un mémoire au ministre Malesherbes. Ce mémoire a toute la verve de la requête de Delisle, moins ces traits hardis et originaux , qui annon-
çaient un grand îalent litlëraire. Buache reproche à Robert de couvrir de son nom de géographe du rôi le frontispice de l’atlas du libraire Boudet. Ensuite il reproche à l’atlas d’être mal colorié, d’être désordonné, d’être plein de fautes, de mensonges. Buache, pour bien les compter, parcourt la terre. Je ne le suivrai pas; je ne puis cependant ne pas dire que tel était son amour pour la géographie, qu’il croyait que l’honneur où le déshonneur delà France était dans les cartes bien ou mai faites : « ïi seroit à désirer, a dit-il, qu’on établît des sociétés cosmographiques (( semblables à celles de Nuremberg et de Stockolm. . . « ce seroit un préservatif contre les mauvais ou- « vrages en ce genre qu’on produit sans honte, sur- « tout en France, et qui, répandant beaucoup d’er- « reurs dans le monde, ne servent qu’à deshonorer (( une nation... )>
Procès de géographie entre Boudet^ libraire^ et Delahaye^ gra\>eur de cartes^ dont la plus grande partie des pièces sont de la main de Buache^ année i654* Unvolin-4®? cart. 20 fr.
Le graveur de cartes Delahaye s’était chargé de graver la carte de l’Empire de Charlemagne , tracée par Robert et publiée par le libraire Boudet. Messieurs les libraires savent crier aux auteurs quand
ils ne remettent pas le manuscrit, aux imprimeurs,
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quand ils retardent l’impression, surtout aux graveurs quand ils gravent mal. C’est à lire que le billet où Boudet témoigné son mécontentement à Delabaje. Les graveurs ont aussi leur amour-propre. Comment éviter un procès? Il eut lieu devant les juges consuls qui, fort étrangers aux observations astronomiques, et à l’exactitude de la gravure géographique^ voulurent s’éclairer de l’avis des maîtres de l’art; ils ordonnèrent donc, avant de rendre leur jugement, que Boudet et Delahaye comparaîtraient devant Danville, Buache et Hérissand. Ceux-ci procédèrent sur pièces et sur interrogatoires, et enfin ils proposèrent un jugement d’arbitres. Les écritures de cette dernière partie du procès forment ce recueil. On y trouve plusieurs fois les signatures de Danville, de Buache et de Hérissand ; on y trouve aussi bien des documents sur l’art de graver les cartes, sur les corrections des gravures, sur l’exécution des conventions entre les géographes et les graveurs ; ce qui, tout réuni, fait comme un petit code de gravure géographique légale.
Programmes J cahiers^ cartes pour les leçons géographiques des quatre fds du dauphin^ fds de Louis XV ^ manuscrits autographes de Buache et de l’abbé d’Argentré, directeur des études. Un vol. in-4®, veau bleu, gaufrures, filets d’or. . loo fr.
ET eJSes géographes.
Philippe Buache, le premier géographe de son temps, croyait avec quelque raison que si de droit le fils aîné du roi naissait dauphin, il était, lui, de droit son maître de géographie né. Un dauphin naquit; Buache compte impatiemmentles années; enfin il lui semble que la tête du royal enfant est assez grosse pour contenir les premières notions de géographie , et il présente au cardinal de Fleuri un placet^ où il lui fait respectueusement ses offres. Le bon cardinal reçut le placet en riant et répondit que le temps n’était pas encore venu. Le temps ne vint jamais. Toutefois Buache n’y perdit rien pour attendre. Le dauphin eut quatre fils; et, au lieu d’un élève, le maître en eut quatre; d’abord un seul, le duc de Bourgogne^ qui mourut en bas âge; ensuite trois, le duc de Berri, le comte de Provence, le comte d’Artois, Louis XVI , Louis XVIII, Charles X. Les programmes , les cahiers et les cartes qui forment ce recueil ont servi à leurs études : une partie de l’écriture de la carte de la Savoie et du Piémont, sont incontestablement de la main enfantine de Charles X. Que demouvement , que de peine se donnaient le bon géographe Buache et le bon abbé d’Argentré, pour défricher la science que les jeunes rois cultivaient 1 Je vous envoie les noms des villes que les princes doivent placer sur les cartes, écrivait l’abbé. Ratissez ! effacez ! lui écrivait-il encore. Je
DE LA GÉOGRAPHIE
vous envoie le corrige des cartes des princes, lui écrivait à son tour Buaclie. Il lui écrivait encore : l’academie des sciences, sous les yeux de laquelle j’ai mis les travaux des princes, applaudit à leurs progrès. On lit aussi dans les pièces de ce recueil que Buache demandait le remboursement de ses frais, qu’il demandait une indemnité, qu’il demandait une pension, qu’il demandait l’application de sa méthode à l’enseignement des élèves de l’école militaire, qu’il demandait une chaire à cette école. Qui trop embrasse mal étreint. Buache obtint toutes ses demandes; il embrassa beaucoup, mais il n’embrassa pas trop , et il étreignit bien.
Carte topographique de Cherbourg et des en-virons, faite par Louis X/^/, vers V année 1784. Un vol. iii-4®, veau rose, gauf., fil. d’arg. âoo fr.
Des trois rois élèves de Buache , Louis XVI fut celui qui profita le mieux de ses leçons. Voici une carte tracée et enluminée de sa main : je l’ai fait richement relier, caries cartes tracées et enluminées delà main des rois de France et de Navarre ne sont pas communes.
Recherches sur V importance de la partie espa^ gnole de Saint-Domingue j manuscrit de la fin du xviiie siècle. Un vol. in^*^^ demi-reliure, . 9 fr.
Il y a aussi dans cet ouvrage de grandes recherches sur la partie française de Saint-Domingue. Continuellement les deux territoires, leurs produits, Jeurs populations sont compares. C’est une histoire du territoire, de l’agriculture, du commerce, de la population de l’île, depuis sa decouverte jusqu^en 1800. Les manuscrits sur File Saint-Domingue sont recherches ; celui-ci aurait ëtë fort prëcieux pour la France avant le traite' d’ëmancipation. Il l’est aujourd’hui pour le peuple d’Haïti.
Portefeuille contenant des manuscrits autographes dunaturaliste voyageur Bonpland, 5o fr,
La ville de La Rochelle a vu naître ce savant illustre surlequelje vais donner quelques dëtailsbien surs, car c’est de lui que je les tiens. Il ëtudiait à Fëcole de mëdecine de Paris ; mais, craignant d’être trop long-temps à la charge de ses parents, il entra dans les bureaux du ministère des finances. Là n’ëtait pas sa vocation ; aussi se trouva-t-il tout prêt à partir au premier voyage maritime qu’on lui proposa. Il suivit, en 1796, Bonaparte en Egypte^ et lorsque ce pays fut ëvacuë , son grand regret fui d’être sëparë de sa nombreuse famille de plantes que le défaut d’arrosement devait faire përir. Après le 18 brumaire le premier consul^ dont il avait ëte connr en Egypte, l’envoya en qualité de sous-commissair(
DE LA GÉOGRAPHIE
des relations commerciales à Wiimington clans la Caroline, oîi le naturaliste Bosc avait déjà exercé les memes fonctions ; mais pourquoi donc des savants, de grands savants, si vous voulez^, pour remplir une magistrature commerciale? Je me fâcherais ici tout rouge, comme un journal de l’opposition, si M* Bonpland ne m’avait pas appris que les habitants de celle province ne sont cjue de bons laboureurs. Voilà donc notre naturaliste au milieu d’une nouvelle terre, de nouvelles plantes. Vous le croyez heureux ; il l’aurait e'té, s’il n’y avait eu dans ce pays une torrentueuse méchante petite rivière qui^ dans un débordement^ lui noya sa voiture, et qui l’aurait noyé lui-même , s’il ne s’était sauvé à la nage. Ah 1 ce n’est pas tout que d’avoir conservé la vie! il faut avoir de cpioi vivre; et le sous-commissaire se plaignait, ne cessait de se plaindre de son trop modique traitement de neuf cents dollars. Enfin on le tire du fond des forêts de la Caroline; on le fait venir sur les bords de la Seine, dans un château enchanté. On lui donne l’intendance de la Malmaison , alors toute éclatante du séjour de Joséphine, cette excellente impératrice reine qui, plus heureuse que son impérial et royal époux , mourut au champ d’honneur d’une impératrice , au cérémonial ou des suites du cérémonial lorsqu’elle reçut Tempereur Alexandre : que devint alors l’intendant de la
ET DES GÉOGRAPHES. ZSq
Malmaison? Je ne sais, car il ne m’en a point parle ; je veux dire qu^une longue note biographique de quatre grandes pages , écrites de sa main , qui fait partie de ce portefeuille, s’arrête là. Outre cette note, il y a deux rapports, en forme de lettres, écrits aussi et signés par lui; au bas d’un de ces rapports est une ligne de l’écriture avec la signature de l’impératrice J oséphine. Il y a encore dans ce premier dossier quelques lettres de M. Bonpland^ qu’il a écrites ou qu’on lui a écrites. Le second dossier est rempli de notes de la main de ce naturaliste ; elles ont pour objet la minéralogie, la zoologie, ou la médecine. Dans le troisième dossier qui est de sa main, comme tous ces dossiers, il y a d’autres notes, mais plus longues et plus nombreuses ; elles sont sur la botanique. Le quatrième dossier excitera un intérêt particulier. H est composé de catalogues de graines envoyées ça et là , quelquefois au loin , quelquefois même par-dessus les armées ennemies à des villes du Rhin , au jardin royal de Berlin, au jardin impérial de Vienne.
Journal de voyage en Espagne^ fait en 1798, par M, Bonpland^ manuscrit autographe. Un vol. in-4®5 parchemin . 5o fr.
Tout ce manuscrit est bien de la main du célèbre voyageur ; mais la nomenclature des plantes appar-
DE LA GÉOGRAPHIE
tenant a la matière medicale, range'es par monandrie, biandrie, triandrie, tëtrandrie , suivant la méthode de Linne'e, en occupe une moitié et plus ; le journal du voyage occupe l’autre; je ne parlerai que de celle-ci. Ce voyage commence le 24 pluviôse, jour de départ de Valence en Espagne. Les chemins sont une des premières choses qui frappent un voyageur ; et véritablement c’est ce qui frappe d’abord M. Bonpland ; il les trouve détestables. Il est tenté de parler de même des auberges ; quand une grande venta, nouvellement bâtie, où l’on aurait pu remiser cent voitures, excite son admiration... Enfin il arrive à Madrid. Ce qui est l’objet de sa première visite, n’est pas la cour du roi, le Palacio-réal , le Buenretiro, ce n’est pas non plus le'lhinistre de France, c’est M. de Humboldt ; c’est le grand naturaliste, le célèbre voyageur qu^avant tout veut voir le grand naturaliste futur, le célèbre voyageur futur. M. Bonpland fait aussi connaissance avec d’autres naturalistes, notamment avec le chargé d’affaires de Prusse. Quel beau monde que celui de la botanique! et quels autres beaux mondes c]ue ceux de l’histoire naturelle qui sont communs entre ces savants, et qui ne le sont pas entre les autres hommes ! Maintenant je comprends pourquoi les minéralogistes, les botanistes, les zoologistes s’aiment, et pourquoi les peintres, les poètes, les historiens ne s’aiment pas.
Alors commence cette union de noms de Humboldt, de Bonpland, cette société de travaux, de célébrité et de gloire qui se prolongera dans la postérité. Tout ce journal est plein d’observations sur les diverses parties de l’ordre social d’Espagne, dignes du compagnon de Humboldt. J’ai laissé au journal de M. Bonpland, pour ainsi dire, son habit de voyage, j’entends sa couverture de parchemin, serrée par un ruban de fil bleu, et dans laquelle il y a une pochette ou j’ai trouvé, et oii l’on trouvera une carte d’Espagne , un plan de Madrid et quelques papiers de route. Dans ce moment M. Bonpland est à Buénos- Ayres. Un de ses compatriotes m’a promis de lui faire parvenir ce traité. Je le prie donc ici d’agréer mes salutations, et mon désir de ITionorer en classant, pendant sa vie, les manuscrits de sa main parmi les monuments littéraires.
Collection de vingt-deuæ cartes la^ées^ enluminées des xvii®, xviii® et xix® siècles , renfermée dans un portefeuille . . 6o fr.
La description de ces cartes se trouve à la notice jointe au portefeuille.
Carte de V Europe réduite sur celle de M. Delisle^ premier géographe de Sa Majesté ^ par mademoiselle D élis le y à Saint- Gervais ^ 1726^
502 DE LA GÉOGRAPHIE
année âe la mort de Guillaume Delisle^ portefeuille
in-4° . ^
Cette petite carte d’un pied en carre ^ encadre'e dans du satin bleu, si elle n’est pas un monument de l’art, elle est un monument de piëtë filiale dont la publicité' doit, ici, être la rëcompense.
Plan de Rio- Janeiro^ tracé à la -plume en encre rouge ^ noire y deux pieds de long sur un et demi de large.
Cette carte, qui est de l’aanëe 1700 ou environ, est très prëcieuse en ce qu’elle figure la ville de ce temps, avec les dëfenses militaires de la baie, dëcrites dans les deux grandes marges.
Carte de la baie de Camarinas et de M usia dans le Brésil^ un pied de long sur un demi-pied de large.
Au bas de la dernière est une attestation dalëe du i5 octobre 1710, écrite toute de la main du célèbre géographe Delisle. Il serait dommage que ces deux cartes ne tombassent pas entre les mains du ministre résident de l’empereur du Brésil.
Ces deux cartes renf. dans un portef. . 00 fr.
Carte manuscrite de la France^ par Melchior Tavernier^ graveur et imprimeur du roi pour les cartes géographiques^ année 1637, étui vert formant livre . l\oîv.
ET DES GÉOGTxAPHES.
Cette carte, sur velin, longue de quatre pieds^ large de trois, e'crite en lignes horizontales rouges^ noires, est encadre'e dans des bandes de parchemin vert, titre en or.
Carte du Barrois , du Verdunois , du Laonnais^ de la Tiérache^ dhme partie de la Champagne et d’une partie du duché' de Luxem- ZïOï/rg’, renfermée dans un portefeuille. . . i5 fr.
Cette carte, sur vélin, a été faite dans le xvi® siècle, par Lemercier, procureur du roiàDoulens, dans le temps où les magistrats se délassaient avec le compas des géographes et se plaisaient parfois à couvrir et leurs tables et les pièces de procédures avec de grandes cartes de vélin; celle-ci, qui ne ferait pas tort à un homme de l’art, fait grand honneur à un procureur du roi.
Carte manuscrite de la Grèce , sur vélin, deux pieds en carré, renfermée dans un portef. 6o fr.
Cette belle carte, or et couleur^, est du xvi® siècle, et paraît avoir appartenu aux chevaliers de Rhodes, depuis chevaliers de Malte. Le nouveau royaume de Grèce n’occupe maintenant qu’une partie de cette carte ; mais dans la suite cette carte n’occupera qu’une partie de ce nouveau royaume, si son jeune roi, mettant à profit les fortunes que peut-être l’avenir