‹ Traité de matière mèdicale homoeopathiqueChapitre 50 sur 52 · APPAREIL CIRCULATOIRE · texte numérisé non relu

APPAREIL CIRCULATOIRE

primait, ce qui oblige à faire des inspirations profondes et anxieuses, en marchant, debout et couché (au b. de 10 h.) (Htm). — Douleur fouillante dans les cartilages costaux du côté droit de la poitrine, avec pression par intervalles sur un point peu étendu, augmentant quand on appuie dessus. — Ëndolorissement de la surface du côté droit de la poitrine, comme si Ton appuyait dessus fortement (Gr), — Élancement sourdy continuel dans le sternum (au b. de 24 h.).

— Élancement tensif dans le sternum, plus fort quand on se baisse (au b. de 12 h.). — Élancements sourds dans la poitrine en marchant, plus forts pendant TexpiratLon (au b. de 8 h.) (Gtm). — Élancements sourds à Tune des fausses côtes, à droite près du sternum; la pression sur cet endroit ne cause qu'un simple ëndolorissement.

— Pression sourde sur le haut du sternum. — Quelques coups sourds, par intervalles, dans la région costale gauche. — Douleur rongeante par intervalles à l'une des côtes gauches (vis-à-vis du creux de l'estomac). — Douleur pulsative, comme des coups sourds, à la poitrine, sous Taisselle gauche (Gr). — Douleur sourde dans le sternum (au b. de 10 h.). — Élancement sourd dans le côté gauche de la poitrine, qui persiste pendant VinspiraHon et Vexpiration (au b. de 29 h.). — Élancement sourd dans le côté droit de la poitrine, qui persiste pendant l'inspiration et Texpiration (au b. de 5 h. 1/2). — Élancements dans le diaphragme, étant couché, pendant l'inspiration et pendant l'expiration; ils cessent quand on se redresse (au b. de 31 h.). — Petits élancements dans le côté gauche de la poitrine (au b.d' 1/2 h.), — Élancement comme un coup de couteau dans le côté gauche de la poitrine (au b. de 48 h.). — Élancement pinçant de dedans en dehors dans le côté gauche de la poitrine, aux fausses côtes (au b. de 6 h.) (Gtm). — Elancement tensif dans le milieu de la poitrine (au b. de 15 h.) (Gtm). — Yulsion dans les muscles du côté droit de la poitrine (au b. de 15 h.) (Gtm). — Élancement sourd dans le côté gauche de la poitrine, en marchant (Gr.).

Appareil circulatoire. — C(Bur. — (205-208). — Plusieurs accès de palpitations de cœur (S.H.). — Battements de cœur et anxiété (P. (;{' A ftano). — Anxiété autour du cœur, sans pensées inquiétantes, mais avec tremblement de tout le corps, pendant plusieurs heures (au b. de 7 h.) (Lgh). — Douleur tiraillante sourde sur le cœur, plus forte quand on se baisse et persistant pendant Vexpiration (au b. de 55 h.) (Gtm).

Gros vaisseaux. — Les pulsations des carotides sont visibles à distance, fortes et pleines, mais lentes (Gr.).

NERIUM OLEANDËR

Cou, DOS ET LOMBES. — (106-lli et 230-234). — Sensalioa comme si un vent frais soufflait sur le c6té gauche du cou. — Douleur comme si une pointe mousse appuyait sur l'œsophage, à la droite du cou; les muscles du cou sont aussi douloureux quand on appuie sur la région (6r.). — Douleur pressive^ aiguë, sur le côté gauche du cou, près de la pomme d'Adam. — Pression, comme une poussée sur les muscles antérieurs du cou, qui oblige à dénouer la cravate; cette sensation étrangle et suffoque. — Vers le soir et la nuit, douleur déchirante sourde dans le c6té gauche de la nuque et dans Tomoplate gauche^ alternant avec un déchirement dans la tempe et dans la deuxième molaire gauche (Fr*).

Douleur dans le côté droit du dos, comme si l'on recevait un coup de poing ou comme si Ton s'était donné un tour de reins (Gr.). — Élancement tensif dans la colonne vertébrale, en marchant èt en se tenant debout (au b. de 29 h.). — Élancement brûlant dans le dos, sous l'omoplate gauche, étant assis; il cesse pendant le mouve- (au b. de 78 h.) (Gim). — *Dans la moitié droite du dos, à une grande profondeur, petits élancements subits, qui donnent presque des sursauts (Gr.).

Membres supérieurs. — (235-255). — Pression sourde sur le haut de l'épaule droite. — Quand on lève beaucoup les bras ou qu'étant couché on les met sur sa téte, les articulations des épaules deviennent le siège d'nne douleur de luxation (Gr.). — ^ Élancement, prolongé dans le creux de l'aisselle gauche, dont on abrège la durée en se frottant (au b. de 27 h.) (Gim). — Douleur pinçante, superficielle, au haut du bras gauche. — • Traction en forme de crampe, qui revient périodiquement, dans l'humérus gauche, près du coude (Gr.). — Vulsicm dans les muscles du bras gauche (au b.. de 86 h.). — Élancement pruriteux, un peu prolongé, dans le bras gauche (au b. de 31 h.) (Gtm). Sensation de vulsion dans le bras droit (Fr.). — Douleur pulsative au côté interne de l'avant^bras^ près du poignet (Gr.).

Pression sourde sur l'avant-bras, comme à la suite d'un grand coup. — Pression par intervalles sur un petit point du côté externe de l'avant-bras gauche. ~ Élancements sourds ou coups à l'avaaibras gauche, près du poignet* — Tiraillement dans l's^ant-bras droit, au-dessus du poignet. — Pression sourde à l'avant-kras, juste au-dessous du coude (Gr.). ^Élancement brûlant dans l'avant-bras gauche (au b. de 28 h.) (Gtm).

Enflure subite de l'annulaire, avec douleur brûlante,, on ne peut

le fléchir (S.H;). — Gonflemeat des veines de la main, sans chaleur à celle-ci (Fr.)* — Pression sourde par intervalles dans le creux de la main (6r.)« — Tremblement de la main en écrivant (avant de manger) (Gtm). — Douleur de crampe (traction crampoïde) dans les doigts. — Tiraillement dans les articulations postérieures des doigts (Gr.). — Élancements brûlants dans le bout de Tindex gauche (au b. de 12 h.) (Gtm). — Élancement brûlant à la phalange antérieure de l'index droit; il fait trembler le doigt. — Déchirement vulsif, en forme de crampe, à la phalange postérieure du médius gauche (Gr.).

— Petit élancement et prurit à la phalange postérieure du médius (Fr.). — Petit pincement au doigt (Gr.). — Ardeur tensive au bout du pouce gauche (au b. de 2 h.) (Gtm). — Douleur dans la phalange antérieure du pouce comme si Ton avait reçu un grand coup dessus ; le doigt en est tout tremblant (Gr.).

Membres inférieurs. — (266-307). — En marchant beaucoup, douleur au devant de la cuisse comme si l'on appuyait sur un point contus (S. H.). — Douleur constrictive, comme de luxation, dans les muscles fessiers d'un côté, en marchant (Fr.). — Élancements sourds, en arrière, à l'os iliaque ; quand on appuie dessus il ne cause plus qu'une simple douleur (Gr.)« — Élancement tiraillant dans la cuisse droite; on ne le sent pas debout ni en montant (au b. de 37 h.) (Gtm). — Douleur semblable à des coups d'aiguille dans les muscles du côté interne de la cuisse gauche (au b. d'I h. i/4) (Lgh).

— Faiblesse dans les cuisses et les jambeSy avec sensation d'en^ gourdissement dans les pieds, surtout à la plante^ en marchant (au b. de d2 h.). — (Tension brûlante dans la cuisse droite) (Gtm).

— Sur le côté de la cuisse, sentiment de chaleur, bientôt suivi d'un sentiment de froid beaucoup plus bas. — - Fourmillement qui des» cend le long des jambes (Gr.). — Tressaillement dans la cuisse droite (Gtm). — Au côté externe de la coisse droite, pression engour^ dîssante, comme si la partie était fortement liée et que la circulation du sang fût ainsi interceptée. — Élancement pruriteux dans les muscles postérieurs de la cuisse, ardeur après qu'on s'est gratté.

— Pression lancinante sourde à la cuisse droite. — Pression par intervalles au haut de la cuisse droite, qui augmente quand on appuie sur la région. — Yulsion non douloureusse à la face inférieure de la cuisse gauche, comme si un muscle se contractait. — Pression simple à la cuisse, juste au-dessus du genou (Gr.). — Douleur brûlante et légèrement lancinante sur un point de la cuisse droite, au-dessus du genou (Fn).

NERIUM ULEAMDER.

Traction en forme de crampe dans le genou droit, quand il est fléchi. — Étant assis> sensation de faiblesse douloureuse dans les jambes, comme après avoir marché longtemps. — Tiraillement ondulatoire dans les os des jambes. — Douleur pulsative dansle jarret, en fléchissant le genou (Gr.). — Sensation de vulsiondans le mollet droit (Fr.). — Crampe douloureuse dans le mollet droit, étant assis. — Déchirement dans le mollet gauche en marchant (au b. de 34 h.)(Gtm).

Les pieds font mal quand on est assis, on est obligé tantôt de les fléchir tantôt de les étendre pour obtenir un soulagement momentané. — Sentiment douloureux de faiblesse dans les pieds, comme après une longue marche. — Après être resté quelque temps assis, les pieds retirés sous la chaise, on y éprouve, en marchant, une faiblesse paralytique. — Pression douloureuse, à intervalles éloignés, juste au-dessus de Tarticulation du pied gauche, en se tenant debout (Gr.). — Élancement pruriteux un peu prolongé, d'arrière en avant, dans l'articulation du pied droit; il persiste aussi pendant le mouvement (au b. de 29 h.). — Élancement pruriteux dans la malléole interne droite; il cesse quand on s*est gratté (au b. de 10 h.) (Gtm). — Simple pression sur le cou-de-pied (Gr.). — Petit élancement et prurit au taloa gauche (Fr.). — Élancements sourds dans le b*" orteil gauche, pendant le repos et le mouvement (au b. de 3 h.). — Ar> deur dans le bout du gros orteil droit, étant assis (au b. de 3 li.) (Gtm). — Douleur dans le petit orteil et à sa racine, comme s'il était pressé avec force. — Battement douloureux au-dessus du gros orteil gauche (Gr.). — Élancements tensifs dans le bout du gros orteil gauche (au b. de 32 h.). — Sensation lancinante et pruriteuse dans la plante du pied droit, pendant le repos (au b. de 12 h.) (Gtm). — Sur un point peu étendu de la plante du pied droit, pression sourde, par intervalles, comme si l'on y avait reçu des coups (Gr.).

Peau. — (314-316 et aux diverses subdivisions indiquées). — Prurit général (S. H.). — Grande sensibilité de la peau de tout le corps ; le moindre frottement des vêtements la blesse, l'irrite et la rend douloureuse; tel est Telfet de la cravate sur le cou, du pantalon sur la cuisse quand on marche. — Prurit çà et là sur le corps; il oblige à se gratter (Gr.). — En se déshabillant, prurit cuisant sur tout le corps, comme si l'on avait une éruption; on est obligé de se gratter (au b. de 40 h.) (Lgh.) — Éruption pruriteuse sur le cuir chevelu. — Desquamation de Tépiderme du cuir chevelu (S. H.).

Cuir chevelu. — Prurit rongeant comme par des poux sur tout le.

PEAU

cuir chevelu ; il excite à se gratter et change toute la journée (au b. de 56 h.) (Lgh). — Vif rongement (et prurit) comme par des poux sur le cuii* chevelu; quand on s'est gratté il s'excorie comme si l'on s'était gratté trop fort (Gr.). — Prurit rongeant au cuir chevelu, qui excile à se gratter (Gr.). — La nuit, prurit mordicant continuel au cuir chevelu, comme par des poux (Fr.).

Visage. — Prurit autour du nez, toute l'après-midi (Gtm). — Gonflement rouge au-dessous des yeux, comme s'il allait y sortir une éruption (S. H.). — Léger prurit lancinant à l'os malaire gauche et à la racine du nez, près de l'œil gauche et au bout du menton, où il sort de petits boutons entourés d'un bord dur et saillant; ils ne font mal ni spontanément ni quand on y touche (Fr.),

— Bouton suppurant aux deux côtés du menton (au b. de 48, 78 h.)

(Lgl').

Tronc. — Prurit à l'omoplate droite. (Gtm).

Membres. — Sensation de prurit au-dessus du pli du coude (Fr.).

— Prurit à la pointe du coude droit (au b. de 34 h.) (Gtm). — Prurit au pouce droit ; on est obligé de se gratter, ce qui le fait cesser, mais bientôt après il survient une douleur rongeante (Gr.).

Prurit sur les fesses, qui force à se gratter (Gr.). — Vésicules prurileuses sur les fesses (Gtm). — Au côté externe et à la face antérieure de la cuisse droite, prurit qui cesse pour quelque temps après qu'on s'est gratté (Gr.).

HAHNEMANN, Mat. Méd,

OPIUM

Opium; Mohnsaft (allem.), opium (angl.), oppio (ital.), opio (esp.);

Famille des Papavéracées (^).

Préparation. — L'opium se prépare de deux manières : par voie de dilu- Hon et par voie de trituration.

Dans le premier cas, on laisse digéi'er ensemble, pendant' une semaine, uo grain de bon opium pulvérisé et cent gouttes d'alcool, C0la à la température de la chambre. On obtient par ce procédé la teinture-mère, qu'on porte ensuite au degré de dynamisation le plus élevé en suivant le procédé ordinaire.

Dans le second cas, on traite l'opiimi comme toutes les substances sèches, c'est-à-dire qu'on broyé un grain de cette substance avec 99 grains de sucre de lait, pour avoir la première trituration, puis un grain de cette première trituration avec 99 autres grains de sucre de lait pour obtenir la seconde puissance. En répétant cette même opération, c'est-à-dire en triturant un grain de la seconde dynamisation avec 99 autres grains de véhicule, on se procure la troisième puissance. Arrivé à ce point, on dissout un grain de cette troisième trituration dans cent gouttes d'alcool, ce qui donne la quatrième dilution et Von procède de même, par voie de dilution, jusqu'à la trentième. Plusieurs globules, imbibés d'une de ces dilutions, suffisent pour opérer le bien qu'on peut attendre de l'opium quand il y a homœopathicité entre les symptômes de ce médicament et ceux de la maladie à laquelle on l'oppose.

On voit par ce qui précède que rhomœopathie ne cherche qu'à obtenir le médicament tel que la nature le présente, sans se préoccuper d'en isoler les principes constituants. Elle se propose de posséder une préparation dans laquelle se trouvent réunis tous les éléments actifs, tous les principes immédiats que les chimistes sont parvenus à isoler les uns des autres, qu'on pourra plus tard étudier séparément, mais qui diffèrent trop de la substance elle-même pour la remplacer.

Les effets pathogéniques deVopium sont plus difficiles à apprécier

1. Traité de matière médicale pure, t. I, p. 264, édit. allemande; t. Ilf,. p. 189, édit. française.

GÉNÉRALITÉS

que ceux de beaucoup d'autres médicaments, cela tient à ce que l'eifet primitif des doses faibles et modérées, effet primitif pendant lequel l'organisme parait être affecté par le médicament d'une manière en quelque sorte passive, se résume, pour un court espace de temps, dans une augmentation de l'irritabilité et de l'activité des muscles soumis à la volonté, et dans la diminution, pour un temps plus long, de l'irritabilité et de l'activité des muscles involontaires. Cette action primitive a aussi pour résultat d'exalter l'imagination et le courage, mais aussi d'émousser et de stupéfier les sens extérieurs, la sensibilité générale et la conscience de soi-même. Pendant l'effet consécutif, c'est-à-dire durant la période de réaction, il se produit un état absolument inverse, caractérisé par le défaut d'irritabilité et d'excitabilité des muscles volontaires, et, au contraire l'excitation morbide et l'excitabilité des muscles involontaires, l'absence des idées, l'émoussement de l'imagination, la poltronnerie et rhyperesthésie du sentiment en général.

Si le médicament est administré à fortes doses, non seulement ses effets primitifs sont beaucoup plus intenses et plus dangereux, mais en outre ils s'entremêlent avec précipitation et tumulte, se confondent avec les effets consécutifs ou leur font rapidement place. — On voit alors certains symptômes dominer chez quelques sujets et ailleurs d'autres effets se prononcer davantage; rien n'est régulier. Àu point de vue de la thérapeutique, nul médicament au monde ne calme plus rapidement l'élément douleur. Cette circonstance a conduit les médecins à en faire un abus énorme, suivi de maux sans nombre. Si l'opium était aussi efficace que son emploi est fréquent^ il n'y aurait pas de médicament capable de guérir plus souvent que lui; malheureusement c'est le contraire qui arrive.

La puissance de l'opium, la rapidité de son action montrent même qu'avant de le prescrire il importe d'en avoir soigneusement étudié et apprécié les effets, cela pour être certain d'en rendre l'effet salutaire; mais ceci n'arrive que si Ton se conforme à la méthode homœopathique.

Comme jusqu'ici lés médecins n'ont demandé à l'opium qu'une action palliative, comme ils se sont attachés à n'opposer aux maladies que les effets primitifs du médicament, il n'y a pas de substance qui ait soulagé plus vite, et qui soit parvenue à masquer un plus grand nombre de symptômes morbides, laissant croire à leur disparition. Toutefois le résultat d'une pareille pratique était de

612 OPIUM

laisser à la suite du médicament un état plus fâcheux que Taffection primitive. Nul agent n*a causé plus de mal, tout en paraissant de prime abord devoir faire plus de bien.

On a opposé l'opium indistinctement à toutes les espèces de toux, de diarrhée, de vomissement, d'insomnie, de mélancolie, de spasmes, d'affections nerveuses, et surtout de douleurs, et cela sous le prétexte que ce médicament est en pareil cas le remède principal. Malheureusement tous ces groupes de symptômes ne se trouvent pas parmi les effets primitifs de ce médicament; la pathogénésie offre même précisément un tableau inverse. On comprendra dès lors sans peine combien peu cette substance doit procurer de résultats salutaires et durables dans les affections physiques et morales auxquelles on l'oppose. C'est ce que montre l'expérience de chaque jour.

Quand l'opium a fait cesser la toux, la diarrhée, les vomissements, l'insomnie, le tremblement, etc., dans quelques cas peu nombreux du reste, c'est qu'il s'agissait de souffrances tout à fait récentes, s'étant brusquement développées chez un sujet jusque-là bien portant, et offrant peu d'intensité. En pareille circonstance, c'est-àdire quand une toux légère vient d'être provoquée par un refroidissement, lorsqu'un tremblement vient d'être causé par la peur (') ou une diarrhée par la frayeur, un refroidissement ou toute autre cause, lorsqu'un vomissement est le résultat d'une impression morale, du dégoût, etc., l'opium guérit souvent avec promptitude, parce qu'il lui suffit alors de détruire une fois tous ces symptômes pour que l'organisme revienne à l'état où il se trouvait avant. Toute tendance aux récidives se trouve ainsi supprimée.

Mais de ce que l'action palliative suffit dans un petit nombre de circonstances à faire disparaître des symptômes légers et récents, il n'en faut pas conclure que l'opium ait réellement le pouvoir de guérir ces mêmes souffrances dans tous les cas. Il arrive même que ce médicament échoue souvent parce qu'il s'agit d'une affection à laquelle il ne convient pas, parce qu'il n'est point, par les effets primitifs, en rapport de similitude avec elle. Il peut arriver encore que l'insuccès tienne à ce que les souffrances sont anciennes et ne

1. L*opium, même administré en olfaction, réussit presque sur-le-champ chez l'homme qui s'est trouvé eu proie à la plus vive frayeur, pourvu que le médicament soit donné aussitôt après . que Témotion a été reçue. Plus tard, il deviendrait nuisible.

GÉNÉRALITÉS

se trouvent pas comprises dans les mêmes effets primitifs dont je parlais tout à Theure (^).

De là vient que les médecins ont souvent prescrit l'opium au détriment de leurs malades, n'arrivantjamaisàfaire cesser par une guérison durable les toux anciennes, les diarrhées continues, Tinsomnie prolongée, le vomissement chronique, les spasmes, l'anxiété et le tremblement devenus habituels. Jamais, lorsque ces symptômes duraient depuis longtemps, l'opium n'a pu en triompher, ce médicament n'ayant aucun rapport d'homœopathicité avec les maladies desquelles ils dépendent.

Quand on administre cette substance dans une des maladies chroniques dont je viens de parler, on reconnaît que c'est seulement au début qu'il procure ce soulagement insidieux; plus tard il ne parvient à diminuer les douleurs que si on augmente progressivement les doses, encore le soulagement est-il passager. Mais, en même temps, surgit une maladie artificielle due au médicament, laquelle est quelquefois beaucoup plus redoutable que la première. Agir ainsi est donc faire un usage funeste d'un moyen qui peut être très utile si on le donne dans des circonstances différentes (^). *

Ce qu'il y a de plus frappant, c'est l'abus qui a été fait jusqu'à ce jour de l'opium contre les douleurs, quelque anciennes et quelque enracinées que soient celles-ci. D'abord c'est révolter le bon sens et retomber dans l'emploi des panacées que d'attendre d'une seule substance la guérison d'états qui diffèrent profondément les uns des autres. On aurait dû voir que les douleurs varient tellement quant à leur siège, à l'époque et aux conditions de leur retour, à leur exacerbation, à leur dimmution, etc., qu'il doit y avoir pour les combattre une multitude de substances diverses, chaque chose ici-bas ne pouvant avoir qu'une action limitée. 11 y a plus, l'opium n'appartient point à la catégorie des moyens capables de guérir les douleurs. On peut même dire qu'il est presque le seul médicament qui ne produise pas de douleur dans son action primitive. Les autres substances en excitent toujours quelqu'une, et peuvent, par consé-

1 . On les rencontre seulement parmi les effets secondaires et dans la réaction momentanée dont je parlerai plus loin.

2. £n effet, où trouver un remède comparable à Topium dans la constipation opiniâtre, dans les fièvres aiguës accompagnées de sommeil stupéfiant, de ronflement, la bouche étant à demi-ouverte, de vulsion dans le corps avec chaleur brûlante et sueur abondante, et aussi dans quelques autres états semblables par leurs symptômes aux effets primitifs de l'opium ?

m OPIUM.

quenty triompher homœopathiquement de sensations pathologiques semblables, surtout quand il y a similitude entre les effets patho.génétiques et les autres symptômes de la maladie. L'opium^au contraire, est impuissant à produire de pareilles guërisons, parce que loin d'exciter la douleur dans son effet primitif, il amène Textinction de la sensibilité; puis, comme pendant la réaction un elfet contraire se manifeste, la sensibilité est surexcitée, et la douleur devenue plus pénible arrive à un état d'exacerbation manifeste (^).

On voit par ce qui précède pourquoi les douleurs que Vopium pallie momentanément en raison de sa puissance stupéfiante, reparaissent bientôt, quand elles sont chroniques. Cela tient, en effet, à ce qu'elles reviennent dès que l'action stupéfiante est épuisée, et cela avec une intensité au moins égale à celle qu'elles avaient au début. Le plus souvent même leur intensité s'accroît, ce qui oblige à rapprocher et à augmenter incessamment les doses, quitte à produire un état artificiel plus grave encore que la maladie ellemême

Les maladies chroniques sont la Téritable pierre de touche de la thérapeutique, parce qu'elles ne guérissent point d'elles-mêmes. Jl n'en est pas ainsi des maladies aiguës. Celles-ci, ayant une marche rapide, guérissent parfois par la seule force de réaction de J'organisme et sans qu'on leur ait opposé de médicament. Il résulte de là que pour être en droit de se vanter d'avoir guéri une affection de cet ordre, il faut que celle-ci ait cédé d'une manière plus rapide qu'il ne fût arrivé si elle eût été abandonnée à elle-même. Si l'opium paraît triompher de la douleur dans ces affections, cela tient donc à ce que ces maladies, quand elles ne tuent pas, parcourent leurs périodes en quelques jours, ce qui amène la disparition des lésions de la sensibilité en même temps que celle des autres symptômes.

L'opium ne peut réellement guérir les douleurs, que s'il répond homœopathiquement, par ses autres symptômes, à ceux de la maladie.

1. Wilm s'exprime ainsi : Les opiacés apaisent communément les douleurs les plus cruelles et produisent l'insensibilité pendant un certain laps de temps; mais, cette période écoulée, les douleurs se renouvellent sur le champ et reprennent leur violence accoutumée. Les maux de ventre, par exemple, reparaissent plus cruels encore et durent jusqu'au moment où on a de nouveau recours au moyen magique.

N'est-ce pas ce qui a lieu constamment avec les injections de morphine ?(L. S.)

2. Ceci n'a pas lieu quand on emploie l'opium homœopathiquement. On ne voit jamais, en pareil cas, survenir l'encéphalite ou' l'entérite comme il arrive quand on combat les maux de tète ou les douléurs abdominales avec des doses d'opium toujours croissantes.

GÉNÉRALITÉS

Il fera, par exemple, cesser les coliques qui accompagnent la dysenterie lorsqu'aux souffrances de cette affection s'ajoutera de la chaleur et de la stupeur, symptômes qui se rencontrent parmi les effets primitifs de l'opium.

De même il ne triomphera des douleurs de la colique de plomb qu'après avoir détruit la constipation extrême qui accompagne cet état, constipation qui se trouve encore dans les effets pâlhogénétiques du médicament. Dans ce cas, il n'agit point par sa vertu stupéfiante, mais bien par les évacuations qu'il procure. Il suffit alors de l'employer à doses faibles et incapables de produire la stupeur. En résumé, Topium ne peut faire cesser immédiatement une douleur par voie palliative sans faire surgir une multitude de symptômes accessoires toujours inquiétants; il est, au contraire, un des médicaments les plus utiles dans le traitement des maladies qui s'accompagnent de stupeur, et où la sensibilité est émoussée.

II ne faut jamais oublier que les maladies douloureuses, qu'elles soient aiguës ou chroniques, ne peuvent être guéries d'une manière durable que par les médicaments dont les effets pathogénétiques sont semblables aux symptômes qui les caractérisent, et qu'il faut, en outre, que le genre de douleur offre une étroite similitude avec celles que produit le médicament sur l'homme en santé. Dans ce cas, la maladie et la douleur disparaissent rapidement ensemble, ce que l'expérience permet de constater.

Lorsqu'au contraire on fait appel à l'action antipathique de l'opium, lorsqu'on l'emploie d'après le principe contraria contrariis curanlur, on s'expose à voir l'usage de cette substance amener de graves inconvénients, par exemple la stupeur, la constipation ou d'autres effets artificiels importants, lesquels devaient nécessairement apparaître puisque ce sont des phénomènes inhérents à l'opium, et qui constituent son action spécifique.

En outre, on a mal interprété la valeur de ces symptômes accessoires, en les regardant comme dépendant de quelque vertu dont il fallait à tout prix débarrasser ce médicament. De là cependant est né l'usage des correctifs qu'on a coutume d'associer à l'opium afin d'arriver à calmer les douleurs et les spasmes sans faire naître le délire et la constipation, à supprimer le vomissement et la diarrhée sans plonger le malade dans la stupeur, à faire dormir sans développer une chaleur exagérée, sans susciter les maux de tête, le tremblement, la langueur, la sensibilité extrême au froid et l'abattement.

Or, c'est à cette intention qu'on a ajouté à l'opium, dans une même

OPIUM

formule^ des aromates échauffants destinés à combattre la tendance à se refroidir, tendance qui se manifeste dans la période de réaction; les laxatifs, pour empêcher le resserrement du ventre, etc. C'est pour ce motif aussi qu'on a inventé de dissoudre plusieurs fois le médicament dans l'eau, de le filtrer, puis de l'épaissir, afin de lui enlever une résine considérée comme inutile; qu'on l'a soumis à la digestion dans Teau pendant des mois entiers pour lui enlever un principe narcotique réputé vénéneux; qu'enfin on a prétendu, par le grillage au feu, le convertir en une véritable panacée contre les douleurs, les insomnies, les diarrhées, supposant qu'après de telles purifications il ne resterait aucun principe vénéneux.

Malheureusement on se trompait. En agissant ainsi, on rendait l'opium moins actif sans en modifier la nature, ce qui obligeait à augmenter les doses pour arriver au même résultat; et quand on donnait des quantités excessives, le médicament développait des effets artificiels, preuve que l'opium peut toujours devenir nuisible lorsqu'on fait appel à son action palliative au lieu de rechercher en lui l'action curative et homœopathique.

L'opium offre ceci de particulier, que si on le donne à des sujets très irritables et qui n'en ont point l'habitude, surtout si on le prescrit à très hautes doses, on voit survenir presque instantanément des effets de réaction, effets très passagers, mais qu'il ne faut pas confondre avec l'effet primitif. Celte réaction initiale, rare, momentanée, ressemble presque complètement à celle que produit l'organisme quand il est soumis à l'action de doses modérées d'opium, elle en est pour ainsi dire l'ombre. Voici les symptômes qui la caractérisent : Pâleur mortelle, froid des membres ou de toute la surface du corps, sueur froide, anxiété, tremblement et trépidation, selles muqueuses, vomissement instantané, tussîculation et très rarement sensation douloureuse sur quelque partie du corps

Dans les cas d'empoisonnement par l'opium à fortes doses, on ne constate presque aucun des effets primitifs particuliers à ce médicament; la réaction dont je parlais tout à l'heure commence de suite et se trouve bientôt remplacée par la mort, ainsi que Willis en a rencontré des exemples, et que j'en ai observé aussi.

Ceci arrive aux Orientaux, qui àbusent si largement de cette substance, et sont, au sortir de leur ivresse, dans un état continuel

1. Ceci arrive aux sujets qui disent ne pouvoir supporter les narcotiques et n'éprouvent même pas le soulagement que ceux-ci devraient leur procurer.

GÉNÉRALITÉS

de réaction. Leurs facultés intellectuelles sont en ce moment beaucoup diminuées; les fumeurs sont frileux, blêmes, bouffis, tremblants, sans courage, faibles, stupides, anxieux et portent le cachet d'un malaise intérieur. S'ils vont de bonne heure à la taverne pour reprendre de nouvelles doses de leur poison favori, c'est dans l'intention de ranimer leur calorification et leur circulation, réveiller leurs esprits abattus, retrouver quelques idées dans leur imagination presque éteinte, et rendre un peu d'énergie à leurs muscles paralysés.

Les symptômes dont on va lire la liste, sont pour la plupart des effets consécutifs, dus à la réaction de l'organisme. Les médecins qui ne savent pas renoncer à l'usage des fortes doses d'opium employées comme moyens palliatifs, feront bien de méditer ces graves résultats de la réaction.

Les antidotes des doses toxiques d'opium sont : L'ipécacuanha, le camphre, surtout une forte infusion de café noir administrée en boisson, même en lavements. Il est bon d'associer à ces moyens des frictions pratiquées sur la surface du corps. Mais si l'empoisonnement est plus avancé,. qu'il y ait déjà un froid glacial de la peau, rinsensibililé, un défaut d'irritabilité de la fibre musculaire, un bain chaud, joint aux antidotes indiqués plus haut, peut être utile.

Quand l'opium employé à fortes doses, pour calmer des douleurs ou supprimer un flux de ventre, a produit, ce qui n'est pas rare, une vraie paralysie des membres, il n'est pas plus facile de guérir cette dernière que celle que déterminent parfois les violentes commotions électriques.

Quelques-uns des effets primitifs de l'opium ne durent qu'une couple d'heures ; d'autres, surtout ceux qui sont produits par de fortes doses, se prolongent davantage, quand ils ne tuent pas.

Lorsque l'opium est bien homœopathique à la maladie contre laquelle on l'emploie, la dose suffisante est une petite partie d'une goutte de la décillionième dilution.

Concordances. — Le médicament qui se rapproche le plus de l'opium est BELLADONNA, viennent ensuite : 1** Aconit, arnica, arsenic, BRYONiA,Hyosc.,LYCOPOD.,PULSATiLLA,RHUSTOXic.,STRAMON., suLFUR, VERATRUM. 2<» Cham., china, can.y ignat.^ kali, nux vomicayphosph.y sepia, silic.S'' Ani. tari., calcarea carb.,cocculus, cassia, cuprum, digilalis, hepar s.,lachesis, Lauro-cerasus,merc. s., natrum murât., nux moschata, phosph. acid., sec. cornut.

Antidotes. — Hahnemanu indique le camphre et l'ipécacuanha.

OPIUM

l'infusion de café; Jahr et Bœnninghausen, camph., coffea, conium, ipeca^ mercur.y Plumbum. Plus le vin et la vanille.

litste des auievr». — Cubitz (Ct2), Grîmm (Grofi), Gutmann (Gtm). Fr. Hoffmann (Hfm), Hunter (Htr), Matthœi (Mli), MuUer (Hlr)^ Huzell (Mzl), éphémérides des curieux de la nature (N.C.)? Reineggs (Rng), Schelhammer (Slm), Schôaike (Sche), Stapf {Sif), van Swieten (Sw), Wedel (Wdl), Wepfer (Wpf).

SYMPTOMATOLOGIE

Symptômes gémévmMm. — (382-464). — On ne peut supporter le grand air, il semble qu'on va prendre froid. — D'abord diminution de la sensibilité, puis diminution de l'excitabilité. — Tremblement de tout le corps comme si Ton avait eu peur, avec secousses du corps et vulsion des membres, où les muscles fléchisseurs sont seuls actifs ; en même temps froid à la surface du corps. — Démarche lente, chancelante. — Sentiment de force. — Accablement (aub. de 8, 12 h.). — Sentiment de malaise physique et moral (au b. de 8, 12h.)(S.H.)

Douleurs épouvantables, qui traversent la moelle des os (Chardin). — Amaigrissement du corps {Bergius). — État hyJropique du corps (Rng). — Engourdissement et insensibilité des membres (Stûtz). — Engourdissement et insensibilité des membres avec froid de tout le corps (au b. de 2 h.) (Slm). — Froid et raideur du corps (Pyl). — Tétanos (Mzl). — Commencement d'opisthotonos (Aepli). — Le tronc est courbé comme un arc, par suite d'un mouvement de trépidation dans les membres, qui tiraille tous les nerfs (Juncker et Boëhmer), — Raideur de tout le corps (au b. d'I h.) (Levesque, Blasource). — Tétanos et convulsions épileptiformes (peu de temps avant la mort) (Stentzel). — Convulsions (par de fortes doses) (Sw, Schweickert). — Mouvements violents et douloureux, qui cessent souvent pendant des heures, mais reviennent d'autant plus forts (chez un enfant) (d' Outrepont). — Mouvements spasmodiques, accompagnés de cris (Levesque, Blasource), — Mouvements convulsifs. — Épilepsie. — Accès épileptiques avec beaucoup de délire (Mzl). — Écume à la bouche (Rng). — Agitation dans les membres sains, qui ne peuvent rester une minute en place (Mti). — Tremblement convulsif des membres (Aepli). — Tremblement spasmodique des membres (Slûlz). — Mouvement de trépidation dans tous les membres, qui tord tous les nerfs (Juncker

Bôhmer). — Chancellemenl {Rng^ Grm). — On ne peut marcher qu'en chancelant (S/m). — Lassitude agréable, cammedans Tivresse. — Lassitude insurmontable (Mti). — Paresse (Hfm, Stiltz). — Grande propension à s'appuyer partout, à étendre les pieds nonchalamment et à soutenir la tête avec une main (Sche). — Affaissement, paresse (Rng). — On se meut avec paresse. — Lassitude, on ne prend plaisir à rien autour de soi ; on est endormi, étourdi, triste et perd la mémoire (lorsque l'action primitive de l'opium est dissipée) (Murray). — Langueur {Bergiti$)y — immédiatement (Willi$). — L'opium met les muscles volontaires hors d'état^d'agir, il diminue la sensibilité et porte ainsi au sommeil. — L'opium dimiuue (chez les personnes robustes) la force des muscles soumis à la volonté ; il rend la téte lourde et affaiblit beaucoup (*). — Vieillesse précoce (Bergius), — L'opium fait tomber visiblement les forces et prive les parties résistantes de ton et de mouvement (ff^^m). — Relâchement des membres et faiblesse (Hamberger), — Perte de la motilité des muscles {Ettmûller). — Pesanteur des membres (au b. d'I h. 1/4) (fitm). — Chule des forces par l'abus quotidien de l'opium (Kâmpfer) — allant jusqu'au point d'entraîner la mort {Clarck, Willis). — L'apoplexie n'est pas un effet rare de l'opium (Wpf, Sw, Mead, Lorry), — Débilité, anéantissement des forces (Rng). — Lassitude et faiblesse, on n'est apte à aucun travail (Chardin), — On peut à peine remuer les pieds, on ne peut avancer que lorsqu'on y est impérieusement forcé (Slm), — On est couché, dans un état de faiblesse extrême (Tralles), — Prostration des forces et incapacité de se mouvoir (Hfm). — Les muscles se contractent plus difficilement (Berger). — Les membres sont plus difficiles à mouvoir (Slm), — Les muscles ont perdu leur tonicité, il s'ensuit une sorte de paralysie (Freind). — Flaccidité de tous les muscles (Lassus), — Paralysie (Baglio). — Les membres ne peuvent se mouvoir et restent étendus où on les a posés (Kilian). — Grande faiblesse, anéantissement de toute force vitale (Willis), — Syncopes (Mlr, Hfm). — Syncope tous les quarts d'heure : on ferme les yeux, laisse aller sa tête et tombe sans connaissance, avec la respiration faible mais sans altération

1 . Ce n'est que par sou action secondaire que Topium affaiblit les muscles soumis à la volonté et quMl les paralyse mÔme complètement, mais par son action primitive il les excite; cependant si celte action primitive est interrompue par de l'étourdissement et un sommeil lourd, l'un ou l'autre membre a des tressaillements pendant ce sommeil narcotique.

OPIUM

du pouls; ensuite le corps a quelques secousses spasmodiques et l'accès se termiae par un soupir au bout de quelques minutes; à cet état succède de Tanxiété (effet d*un mélange de teinture d'opium et d'esprit de corne de cerf) (Mir). — Hémorrhagie (mortelle) par une veine récemment saignée (Borell). — Se sentant plus fort, on veut sortir du lit, mais on a aussitôt des vertiges et Ton tombe en syncope ; la vivacité revient aussitôt après qu'on s'est recouché (Mti). — Besoin de se coucher (Grm). — L'opium émousse les sens et quelquefois les paralyse complètement. — Le sujet ne sait pas ce qui se passe autour de lui et ne donne aucun signe de sensibilité; les articulations sont flexibles et les muscles en résolution (chez une femme) (Lassus). — On conserve intacts les sens de la vue et de l'ouie, mais on n'est plus mis en rapport avec les objets extérieurs par ceux du goût, de l'odorat et du toucher; cependant on sent bien le froid de son propre corps (au b. d'I h. 1/2) (Slm).

Sommeil. — (465-533). — Tout en étant éveillé on a une somnolence semblable à celle de l'ivresse. — Paroles inintelligibles pendant un assoupissement semblable à celui de l'ivresse. — Sorte de sommeil lourd, avec les yeux à demi-ouverts, tournés en haut sous la paupière supérieure, avec la bouche plus ou moins ouverte et l'inspiration ronflante. — Ronflement pendant le sommeil, au moment de l'expiration. — Gémissements pendant le sommeil (au b. de 2 h.). — Cris, plaintifs pendant le sommeil. — Sommeil plein de rêves. — Accès d'étouffement pendant le sommeil (cauchemar). — Rêves très vifs et contrariants, dans lesquels rien ne réussit et tout contribue à donner du dépit et de la colère (au b. de 2 h.) (S.H.).

Bâillements pendant plusieurs heures avec douleur dans les articulations des mâchoires, comme si elles allaient se briser (Stf). — Envie de dormir (BergiuSy Mti). — Forte propension au sommeil. — On s'endort subitement (au b. de qq. min.) (Charvet). — Eavie de dormir, somnolence, engourdissement (Freind). — Assoupissement {SauvageSy Buchner). — L'opium donne un assoupissement maladif au lieu d'un bon sommeil {Tralles). — On est étendu et comme plongé dans un profond sommeil (Slm). — Sorte de coma continuel pendant la nuit, avec augmentation de la soif, langue presque nette et d'un rouge foncé sur les bords, lèvres sèches et gercées {Juncker et Bœhmei\ Mti). — Engourdissement et somnolence {de la Croix). — Le sommeil provoqué par l'opium dégénère^

SOMMEIL

en un engourdissement insolite {Riedlin). — Sommeil si absorbant qu'on ne peut donner aucune réponse (Stalpaart van der Wiel). — Sommeil très profond avec respiration stertoreuse, comme dans . l'apoplexie (aub.de 6 h.) (Lassus). — Pendant un sommeil presque continuel avec les yeux à demi ouverts, on fait le geste d'éplucher et l'on tâte partout autour de soi (Rademacher), — Sommeil lourd avec râle dans la poitrine (Kilian), — Sommeil sans perte de connaissance : on entend tout autour de soi, mais on ne peut secouer sa torpeur; on se réveille au bout de 2 heures (Charvef). — On peut réveiller le malade en le secouant et en lui parlant, alors il se plaint et demande à mourir (chez une femme) (Leroux), — Apoplexie et insensibilité avec chaleur suffisante, respiration et pouls naturels (Willis). — Sommeil invincible, pendant lequel on reste sensible à la douleur et Ton ouvre les yeux lorsqu'on est pincé (Sauvages). — Sommeil invincible (immédiatement après l'ingestion de 2 grains et plus), mais il est troublé par des rêves et loin d'être réparateur, il ne laisse après le réveil qu'un état nauséeux {Thuessink), — Sommeil non réparateur avec sueur générale (Grm). — Lassitude après un sommeil prolongé, provoqué par l'opium. — Prostration au moment du réveil. — Envie de vomir après le réveil (Young). — Après le sommeil de l'opium, lassitude, lourdeur de tête et sécheresse de la gorge (Bergius), — Érection pendant le sommeil et impuissance après le réveil (r. d. Wiel). — Bégaiement après le sommeil provoqué par l'opium (Plater). — Après le réveil les mouvements de la langue sont difficiles (Slm). — Après le réveil, obnubilation de la tète {Jôrdens). — Sursauts pendant le sommeil ; après le réveil on est comme ivre et à moitié fou. — Après le sommeil, ivresse et vertige. — On est plus épuisé après le réveil parce qu'on a eu toute la nuit des rêves qui agitaient (Traites). — Un homme qui n'avait pas de rêves depuis longtemps s'est rerais à rêver après avoir pris de l'opium (Riedlin). — Le sommeil provoqué par une dose un peu forte d'opium n'est pas exempt de rêves.

— Toute la nuit, on est assailli pendant le sommeil par des visions et des rêves (Tralles). — Le sommeil provoqué par l'opium est toujours associé à des rêves (Lindeslolpe). — Rêves lascifs (de Ruef).

— Rêves tantôt agréables, tantôt tristes, tantôt inquiélants et effrayants (Tralles). — Sommeil troublé par des rêves tantôt agréables, tantôt effrayants, et dégénérant soit en coma soit en apoplexie mortelle avec convulsions (Murray). — L'opium attaque le cerveau et donne des rêves agités (Bellonius). — Sommeil lourd,

OPIUM

profond, avec respiration râlante, comme dans l'apoplexie (Lassus).

— Ronflement (de la Croix). — Sommeil agité, avec soupirs et gémissements (Young). — Sommeil inquiet, plein de rêves (au b: de 7 h.)- — Rêves inquiétants {de Buef). Sommeil inquiet, troublé • par des rêves très tristes, de sorte qu'on paraît être continuellement en délire (Grm). — Sommeil plein de visions effrayantes et de rêves terribles. — Rêves effrayants (Hfm). — Sommeil plein de frayeur; quand on ferme les yeur, il semble qu'on a perdu l'esprit (au b. de

3 h.) (Slm), — Réveil en sursaut pendant le sommeil {Tralles). — Assoupissement doux et agréable, dont on est tiré brusquement par >des secousses effrayantes dans les membres (Ctz). — Sommeil interrompu par des réveils en sursaut (Young). — Nuit agitée, sans sommeil (Hti). — Malgré toute l'envie qu'on a de dormir, on ne peut y parvenir, en même temps le pouls est lent (Grm). — La propriété soporifique de l'opium est fort amoindrie par une vive douleur ou par un grand chagrin (Young). — Nuit sans sommeil, avec agitation et paroles incohérentes (Mti). — Insomnie pleine de visions désagréables, on voit des objets tout différents de ceux qu'on a autour de soi, comme si l'on avait le délire. — Rêves et visions dans un état intermédiaire entre la veille et le sommeil, apparition de dragons, de squelettes, de fantômes affreux et grimaçants (Tralles). — Nuit agitée, sommeil profond alternant avec l'insomnie, beaucoup de paroles incohérentes, chaleur de la peau et engourdissement (Mti).

— Sommeil et rougeur de la face (Bergius).

Symptômes fébriles. — (534-597). — (La circulation du sang est diminuée de moitié) (*). — Pouls lent. — Pouls plus fort (S.H.).

— Le pouls tombe de 108 à 7â pulsations, en même temps froid et frisson, diminution de la vivacité de l'esprit, grande lassitude et pourtant appétit meilleur (Ward). — L'opium ralenlit le pouls et la respiration (Thuessink). — Le pouls se raleniit d'abord de 14 pulsations (les 4 prem. h.), puis (au b. de 10 h.) il s'accélère de 30 pulsations (Bard)(^). — Le cœur bal quatre fois plus lentement (chez une grenouille à laquelle on avait donné de l'opium) (Whytt). — Pouls plus plein et plus lent, avec respiration profonde et pénible (de la Croix). — Pouls plus plein et plus lent, avec respiration lente, difficile, ronflante (Crampe). — Pouls plein

1. Âlston a observé ce fait, à Taide du microscope, dans le pied d'une grenouille à laquelle il avait donné quelques gouttes de teinture d'opium.

2. Sympl6me survenu cinquante minutes après une friction de deux drachmes d*opium.

et lent au début, faible ultérieurement (Bergius). — Pouls lent, avec respiration lente, gémissante, face extrêmement rouge et bouffie, et sueur très abondante, avec convulsions (Mzl) (*). — Pouls plein, régulier, lent, avec respiration profonde et râlante (Saurvages). — Pouls faible, petit, lent, intermittent (Hfm). — Pouls fort, très accéléré, qui devient à la fin (au b. de 8 h. 1/2, peu de temps avant la mort) faible et intermittent (il/«^on)('). — Pouls fréquent et extraordinairement faible avec respiration rapide, gênée, anxieuse (au b. de plus, h.) (Grm.). — Pouls fréquent avec mal de tête (Young). — Pouls fréquent, fort, un peu dur, avec rougeur foncée de la face. — Pouls fort, fréquent, dur, avec respiration pénible et embarrassée (Vicaf).

Diminution de la chaleur. — Froid dans le dos. — Froid aux membres. — Soif pendant le froid (S. H.). — Froid à la surface des membres (Willis). — Froid avec engourdissement (Chardin). — D'abord élévation de la température (constatée au thermomètre), ensuite augmentation de la transpiration {Rolandsony Martin).

Alternatives de chaleur modérée et de froid. — Chaleur. — Vive rougeur de la face avec chaleur brûlante du corps pendant 8 heures; puis secousse convulsive du bras et du pied droits, accompagnée d'un cri perçant avec respiration difficile, froid de la face et des mains et sueur qui perle sur la peau (peu de temps après avoir pris l'opium) (S.H.). — Circulation du sang accélérée avec sensation de chaleur (Afwrra y). — Augmentation de la chaleur {Mnrray, Young), — Six soirs de suite, chaleur brûlante à la face et sensation de chaleur surtout dans les yeux, sans soif (Ctz). — Chaleur avec soif [Clarck). — L'opium augmente la chaleur de tout le corps et laisse de la sécheresse de la bouche avec soif. — Chaleur du corps avec grande anxiété (Berger). — Parfois sécheresse et chaleur de la peau, parfois légère sueur (Young). — Chaleur insupportable avec grande anxiété. — Pendant un accès d'agitation avec serrement de cœur, trouble des idées et étincelles devant les yeux, une chaleur brûlante, désagréable monte à la tête et se propage ensuite dans tout le corps (Mti), — Fièvre chaude avec délire, qui survient après un court sommeil et dure 12 heures; ensuite on est très faible, a des nausées et le pouls languissant; au bout de 3 heures le délire revient et dure 48 heures, avec pouls fort et plein ; enfin sommeil qui dure 8 heures (Hunter).

Page 1