CHAPITRE PREMIER
D^rmiTIOIIS. - ATTRACTION OKS tPHftilCS MAT^IIIBLLBS.
150. On aippeWe pesanteur la propriété qu'ont les corps placés à la surface du globe d'être attirés vers la terre par une force déterminée, qui leur fait exercer une pression sur leurs appuis, s'ils sont en équilibre, ou qui les fait tomber y s'ils sont abandonnés à eux-mêmes. Tous les corps sont pesants. A la vérité, on trouve certains corps^ dits corps légers, qui peuvent se maintenir en Vair sans tomber à la surface du sol; mais ce phénomène est dû à la présence de Tair atmosphérique, qui exerce une poussée de bas en haut sur tous les corps qui y sont plongés; dans le vide, un corps léger tomberait comme un corps lourd, et le mouvement des deux corps présenterait les mêmes variations de vitesse. Dans Tair, la force due à la pesanteur est diminuée de la poussée du gaz, et le corps n'est sollicité en réalité que par la différence, positive ou négative, de ces deux forces contraires ; la résultante peut, dans certains cas, être dirigée de bas en haut.
151. Les lois de la pesanteur sont fort compliquées, et elles ne peuvent être entièrement étudiées que dans la dynamique. La pesanteur est variable pour un même corps avec la latitude et avec la hauteur au-dessus du niveau de la mer ; elle varie en direction d'un point à l'autre de la surface du globe ; si on labse tomber un corps d'une grande hauteur, ce corps ne par* court la vertkaley direction de la pesanteur, que pendant les premiers instants de sa chute : la rotation du globe a pour effet de Ten faire dévier. Nous laisserons de côté pour le mo-
ment l'examen de ces variations, et nous simplifierons Tétude de la pesanteur en supposant qu'il s'agisse d'un corps de petites dimensions, en repos, placé à peu de distance de la surface des mers, comme cela a lieu généralement pour les corps entrant dans la construction des machines. La pesanteur exercera sur les parties de ce corps des actions verticales, toutes parallèles entre elles. Supposons le corps solide. Toutes ces forces parallèles et de même sens pourront se composer en une seule force égale à leur somme ; c'est cette résultante qu'on appelle le poids du corps; elle a pour point d'application le centre des forces parallèles^ qu'on nomme dans ce cas particulier le centre de gravité du corps.
Remarque. — Bien que la composition des forces suppose que les points d'application appartiennent à un môme système solide, un système matériel non solide peut être considéré comme ayant un centre de gravité; c^est le centre de gravité du système qu'on aurait rendu solide par la pensée, sans en alté* rer la forme. Si le système matériel se déplace et change de forme, à chacune de ses formes successives correspond un centre de gravité particulier.