‹ Traité de mécanique générale, comprenant les leçons professées à l'Ècole polytechniqueChapitre 38 sur 77 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

1 1. — Des principaux types de générateurs.

12. Chaudières cylindriques. — Notions sur (a construction des chaudières. — Les générateurs les plus simples pour les machines fixes se composent d'un corps cylindrique à axe horizontal [Jig. 64), terminé par deux calottes sphériques, le tout en tôle de fer.

Fig. 64.

Le cylindre, placé dans un massif en maçonnerie, repose sur des supports en fonte ou en briques ayant pour points d'appui la partie inférieure du massif. Ces supports sont reliés entre eux par une cloison en maçonnerie.

Au sommet se trouve une ouverture, le trou d'homme, fermé pendant la marche par une plaque de fonte, et qui a pour objet de permettre à un ouvrier de visiter et de nettoyer la chaudière.

Pour éviter que la vapeur puisée à la chaudière n'entraîne avec elle une trop forte proportion des gouttelettes d'eau projetées par l'ébullition, on fait aboutir le tuyau de prise de vapeur vers l'extrémité d'une capacité cylindrique verticale, le dôme, qui surmonte le sommet de la chaudière. Le dôme porte souvent le trou d'homme. Il est muni d'un tuyau d'échappement de la vapeur avec robinet que l'on fait fonctionner pour faire tomber la pression dans la chaudière lorsqu'on veut la vider. La vidange a lieu par un robinet adapté à la partie inférieure de la chaudière.

Le combustible est placé sur une grille dont le plan méridien de la chaudière est un plan de symétrie. Les gaz provenant de la combustion se meuvent de l'avant à l'arrière entre les deux supports, en léchant la partie inférieure de la chaudière jusqu'à son extrémité. A partir de là : i° ou ils reviennent sur le devant par un canal ou carneau latéral dont la chaudière forme une paroi, retournent ensuite à l'arrière pour se rendre dans la cheminée par un carneau semblable au précédent et auquel on donne souvent une section un peu plus faible en raison de ce que les gaz étant moins chauds sont moins dilatés; 2 ou ils se rendent dans deux carneaux latéraux qui se réunissent sur le devant en un seul qui se rend à la cheminée.,. Le ciel de chaque carneau doit se trouver plus bas que le niveau de l'eau, pour un motif que nous ferons connaître ultérieurement.

On place souvent, dans le trajet des gaz de la chaudière à la cheminée, un, deux ou trois réchauffeurs, en désignant sous ce nom un tube chauffé par la fumée et où circule l'eau d'alimentation pour se chauffer avant de pénétrer dans la chaudière.

Nous croyons devoir entrer ici dans quelques détails techniques sur la construction de la chaudière, ce qui nous sera utile plus loin lorsque nous traiterons la question relative à la résistance des générateurs.

Le corps cylindrique est composé de tronçons ou viroles. Une virole, selon le diamètre qu'elle doit avoir, est formée d'une ou deux feuilles de tôle auxquelles on donne à chaud la forme cylindrique, do manière que le sens du laminage soit perpendiculaire aux génératrices.

Dans la région des bords qui doivent s'appliquer l'un sur l'autre, se trouvent percées deux lignes longitudinales de trous, qui se correspondent de l'une à l'autre, et qui ont le même diamètre; ces trous sont destinés à recevoir des rivets, clous à tige cylindrique d'un diamètre légèrement inférieur à celui des trous et dont la tête affecte la forme d'une calotte sphérique ou d'un cône très-ouvert.

Pour placer un rivet, on le chauffe au rouge blanc, le plus souvent dans un petit four portatif; on le fait pénétrer ensuite dans le double trou qu'il doit occuper, la tête dans l'intérieur, à l'aide d'un vérin ou d'un levier appuyé sur un chevalet selon le diamètre de la virole; on appuie la tête du rivet contre la tôle, puis on refoule la tige au marteau, de manière qu'elle exerce une pression sur la paroi des trous et qu'en même temps elle forme l'ébauche de la tête extérieure, que l'on termine en frappant sur un outil appelé bouterolle, qui présente en creux la forme de cette tête, forme identique d'ailleurs à celle de la tête intérieure.

Généralement, le rebord de la tête du rivet est égal au rayon de la tige (*)•

Pour que les bords de la tôle s'adaptent bien l'un sur l'autre entre deux rivets consécutifs, il faut faire en sorte que les rivets soient placés aussi près que possible l'un de l'autre; l'extrême limite serait atteinte si les têtes se touchaient d'un rivet au suivant, et alors la distance des centres de deux trous consécutifs serait égale au double de leur diamètre; mais en

( l ) Pour cintrer la tôle, on la chauffe au rouge, puis on l'introduit entre trois cylindres à axes parallèles. Deux de ces cylindres, qui servent de supports et reçoivent le même mouvement de rotation, sont identiques, et leurs axes sont situés dans un même plan horizontal. Le troisième, placé symétriquement par rapport aux deux autres, peut au moyen de vis en être plus ou moins éloigné selon la courbure que l'on veut obtenir.

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