IV. i
T la durée en secondes du travail journalier, qui est généralement coupée par plusieurs repos (relais ou haltes) dont la durée ne doit pas être comprise dans T.
Le travail journalier développé par le moteur est
py T k,m
Les moteurs animés peuvent être considérés comme des réservoirs de travail qui doivent s'épuiser plus ou moins rapidement et qui ont besoin d'être fréquemment entretenus. Le degré de fatigue, éprouvé par un moteur de cette nature, semble être proportionnel au travail intérieur développé en lui : c'est ce degré de fatigue que l'on paye réellement dans les divers travaux qui ne réclament ni une adresse ni une intelligence particulières; il est, en un mot, l'un des éléments essentiels du prix de la journée dans chaque pays. On voit ainsi que, pour le chef d'usine, la question n'est pas de faire produire au moteur animé le maximum absolu de travail journalier, mais bien d'utiliser de la manière la plus avantageuse toute la part d'action intérieure que la nourriture et le repos rendent disponibles, ce qui revient à dire qu'il faut rendre maximum le produit PVT à égalité de fatigue journalière.
L'expérience seule peut faire connaître les rapports qu'il convient d'établir entre les facteurs de ce produit pour arriver au but voulu.
Les quantités V, P, T ont des limites absolues que les animaux ne peuvent dépasser et dont s'écartent notablement les valeurs qui correspondent au maximum d'effet utile dans chaque cas. Ainsi, par exemple, la limite de T paraît correspondre à 18 heures par jour, soit le double de la durée ordinaire ou la plus avantageuse au travail; en d'autres termes, un moteur, quelque petite que soit la tâche journalière qu'on exige de lui, ne peut supporter plus de 18 heures sur 24 de présence dans l'atelier. La limite de l'effort varie entre le triple ou le quintuple de celui qui convient au maximum d'effet, selon les circonstances ou la durée plus ou moins prolongée de l'effort. Enfin la vitesse limite paraît varier en raison inverse de la durée totale du travail et être comprise pour
DBS MOTEURS ANIMÉS. 3
l'homme entre 4 et 6 fois, pour le cheval entre 12 et i5 fois la vitesse la plus convenable au travail.
Entre ces limites extrêmes, le moteur peut faire varier, pour ainsi dire arbitrairement, son effort et sa vitesse, pourvu que, quand l'un augmente, l'autre diminue, et que, si tous deux excèdent les valeurs les plus convenables, la durée T soit diminuée en conséquence et d'autant plus que le travail PV relatif à chaque seconde a reçu une plus grande augmentation. En effet, dans de pareilles circonstances, la fatigue croît plus rapidement, nécessite de fréquents repos qui entraînent des pertes de temps et ne permettent plus au produit PVT d'atteindre sa plus grande valeur, sans que la santé de l'ouvrier ne soit compromise en peu de jours.
Cette faculté qu'ont les êtres animés de pouvoir accroître jusqu'à un certain point la quantité de travail PV relatif à la seconde est souvent précieuse dans l'industrie; mais, dans un pareil emploi du moteur, l'effet utile journalier PVT est inférieur à celui que l'on obtiendrait d'un travail bien réglé.
2. Dans le tableau suivant les valeurs des efforts et des vitesses sont des moyennes observées pendant le travail.
Tableau des quantités de travail journalier que peuvent fournir les moteurs animés dans différentes circonstances.