TRANSFORMATION D*UN MOUVEMENT DB ROTATION CONTINU, ETC
Lorsqu'il s'agit d'élever des fardeaux d'un poids considérable, on ajuste une manivelle à chaque tourillon, de manière à permettre de faire agir simultanément deux hommes et parfois deux couples d'hommes. Pour des motifs que nous ferons connaître plus lard, on s'arrange ordinairement de manière que les deux manivelles, quisont d'ailleurs identiques, soient à angle droit, c'est-à-dire que les perpendiculaires abaissées de Taxe du treuil sur les axes des manettes comprennent un angle de 90 degrés.
la roue à chevilles {Jig. 56) des carriers n'est autre chose qu'un treuil dans lequel la manivelle est remplacée par une
Fig. 56.
roue montée sur l'arbre, de même axe que lui, et traversée par des chevilles horizontales équidistantes. L'homme détermine par son poids l'ascension de la charge, en agissant successivement çur les chevilles avec les pieds et les mains, comme s'il montait sur une échelle verticale. Dans la chèvre ordinaire (Jig. 57 ) dont le bâti est soutenu
par le hauban c, la^ corde partant de l'arbre passe sur une poulie avant de se terminer par la charge.
Fîg. 57.
Le cabestan (Jig. 58) est un treuil à axe vertical qui est em-
Fig. 58.
ployé, principalement dans les ports de mer, pour exercer de
TRANSFORMATION b'uN MOUYEHBNT BB ROTATION CONTINU, ETC. 87
grands efforts dans une direction horizontale ou presque horizontale. La manivelle est remplacée par un levier traversant le tourillon supérieur prolongé en conséquence, sur lequel l'homme ou les hommes exercent leur action.
30. Du treuil à engrenages et de- ses principales applicO' iions. — Encliquetage. — Lorsque l'on a à élever des charges considérables, on substitue avec avantage au treuil ordinaire ci-dessus décrit le treuil à engrenages, dans lequel les manivelles sont montées sur un arbre spécial parallèle au tour. Un train d'engrenages, commençant par un pignon monté sur l'arbre des manivelles et se terminant par une roue ajustée sur le tour, réunit les deux arbres. Le treuil dont nous nous occupons est ordinairement muni d'un encliquetage {Jig. 59),
organe qui se compose : i** d'une roue dentée A (dite à rocket) montée sur l'arbre de la manivelle; le proGl de chaque dent est formé d'un arc de courbe peu incliné et d'une droite très-inclinée sur la circonférence; 2° d'un cliquet ou tige mobile autour d'un axe parallèle à celui du tour, pressée par une lame de ressort L. Le cliquet peut glisser sur la partie courbe des dents et non sur l'autre, et ne permet ainsi le mouvement de rotation que dans un seul sens, celui qui se rapporte à l'élévation de la charge. Si, par une circotistance quelconque, l'action du moteur vient à cesser, l'encliquetage fonctionne, la charge se trouve arrêtée au lieu de descendre avec une vitesse croissante, de sorte que le travail employé dans l'élévation n'est pas perdu, et l'on n'a pas à redouter d'accident (*).
(*) L'encliquetage dont il s'agit, et qui est employé dans un grand nombre de machines-outils, offre le double inconvénient de donner lieu à des chocs
88 QUÀTRlftME PARTIE. — CHAPITRE lY.
La chèvre représentée par la Jig. 6i se compose d'un tour à engrenage dont la corde passe sur trois poulies fixes et sup-
Fig. 6i.
porte finalement une poulie mobile à la chape de laquelle est accrochée la charge.
La grue fixe {fig. 62) ne diffère en principe de la machine
bruyants entre le cliquet et la roue et à des pertes de temps résultant de ce que le cliquet n*est presque jamais exactement en prise à la position du repos. L'enctiquetage de Dobo, dont nous allons dire quelques mots, est exempt de ces inconvénients. La roue à rocbet est remplacée par une roue folle A (fig, 60) recevant directement le mouvement pour le transmettre à un arbre qui porte quatre ailes, dont une seule B est indiquée sur la figure ; cette aile est articulée en C à une pièce reliée invariablement à l'arbre dont Taxe est projeté
TRANSFORMATION b'uN MOUTEMKNT BB mOTATION CONTINU^ KTC. 89
précédente qu'en ce que la corde ne passe que sur une poulie ûxe et que le support, au lieu d'être fixe, peut tourner autour
Fig. 63.
d'un axe vertical, ce qui permet de pouvoir accrocher et éle-
CD 0; sons l'action du ressort R, Taile s'appuie en m, vers l'extrémité de la
courbe mn qui la termine, contre '^* °* la circonférence intérieure de la
rpue A.
Si cette roue tourne de la droite vers la gauche, elle glissera sur la courbe m/i, puisque l'élément de cercle que pourrait décrire le point m autour de G est intérieur à la circonférence de A ; par suite l'arbre ne sera pas entraîné dans le mouvement; mais si la rotation de A a lieu de la gauche vers la droite le glissement est impossible, puisque le point m en tournant autour de G tendrait à pénétrer dans la roue. Il se produit donc un arc-boutement qui détermine la solidarité entre la roue et l'arbre dans le mouvement de gauche à droite.
go QUATRIÈME PÀBTIE. — CHAPITRE lY.
ver des fardeaux dans toutes les directions, en déplaçant en conséquence le support.
La fig. 63 représente une grue mobile^ dont le bâti est
Fîg. 63.
supporté par des roulettes qui permettent de transporter la machine à Tendroit où Ton doit s'en servir. Elle porte deux treuils, mais sur la figure celui de droite seul est censé fonctionner : la corde de ce treuil passe successivement sur une poulie fixe à droite, puis sur une poulie fixe à gauche où se trouve la charge à élever.
31. Crémaillère. — L'engrenage à crémaillère, dont nous avons donné le tracé aun*» 15, permet de transformer un mouvement circulaire continu en rectiligne continu et inversement.
Le cric^ qui sert à soulever à une faible hauteur des corps très-pesants {fig. 64), réalise l'emploi de la crémaillère pour effectuer la première de ces transformations. La crémaillère engrène avec un pignon monté sur le même axe qu'une roue dentée engrenant elle-même avec un second pignon qui fait corps avec une manivelle. L'axe de la manivelle est muni d'un encliquetage. En agissant dans le sens voulu on augmente la
TRàI^SFORHàTION B on MOUYBMENT de rotation continu y ETC. gi
longueur de la partie extérieure de la crémaillère, dont Texirémité placée sous le corps a pour effet de le soulever.
Fig. 64.
32. Vis. — Considérons une vis, dont le noyau est maintenu de manière [fig. 65) qu'il ne puisse se déplacer qu'autour de son axe, terminée à Tune de ses extrémités par une roue, une manivelle ou un levier qui traverse la tête de Taxe. Si
Fig. 65.
récrou est guidé parallèlement à l'axe de la vis, en faisant tourner cette dernière, Técrou se déplace parallèlement à cet axe. Soient R la longueur de la manivelle ou le rayon de la roue; A le pas de Thélice; pour un tour de vis, Técrou se déplace de h; le rapport de la vitesse de l'écrou à celle de l'extrémité de la manivelle ou de la circonférence de la roue
est par suite égal à — rr-
g2 QUATRIÈME PAITIB. — CHAPITRE lY.
33. Mouvements différentiels. — i** Treuil différentiel. — Celte machine (fig. 66) diffère du treuil simple eu ce que le tour est formé de deux parties T, T' de diamètres différents, auxquelles viennent se fixer les deux extrémités de la corde; cette corde, qui s'enroule en sens opposés sur les deux parties du tour, supporte une poulie mobile P à la chape de laquelle est accrochée la charge à soulever.
Fig. 66.
Soient R le rayon de la manivelle; r, r' le plus grand et le plus petit rayon de l'arbre. A un tour de la manivelle, déplacée dans un sens convenable, correspondra Tenroulement de la longueur 27rr de corde sur le cylindre de rayon r et le déroulement de 27rr' sur Tautre cylindre. Si les cordons de la poulie mobile sont parallèles dès l'origine et s'ils restent suffisamment longs pour qu'on puisse les considérer encore comme tels à un instant quelconque, la charge se sera élevée de 2 71 (r— r') ; le rapport des vitesses de la charge et de l'extré-
TIANSFOllMÂTION D'uif MOUTBIIBIfT DS ROTATION COlCTINUy ETC. g3
mité de la manivelle.
27rfr— K^ r—r'
peut être rendu
27rR "" H
aussi petit que Ton voudra par une valeur déterminée de R, en donnant une valeur convenable à la différence r— r\
2*» Vis différentielle. — Cet organe (yîgf, 67 ) se compose d'un arbre portant vers ses extrémités deux pas de vis identiques A, A' traversant deux supports qui forment écrous Gxes.
Fig. 67.
^^^^;Sim>;!;.m^:Sfl^iIStc^a
Le milieu de Tarbre est muni d'une vis B, d'un pas A' différent de celui h des précédentes, et porte un écrou C qu'un guide empêche de tourner. Les trois vis sont de même sens. Pour un tour, l'écrou s'avancerait de h! si la vis était fixée dans des collets; mais elle s'avance elle-même de A : le déplacement absolu de l'écrou est donc h! — h, quantité que l'on peut rendre aussi petite que l'on voudra tout en conservant aux deux filets de vis la solidité voulue.