‹ Traité de Mecanique industrielle, ou exposé de la science de la mécanique déduite de l'expérience & de l'observation, principalement à l'usage der manufactures & des artistesChapitre 19 sur 73 · II · texte numérisé non relu

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i!\6 DE LA VAPEUR COMME FORCE MOTRICE, sensible à mesure que la température était plus élevée, et quoiqu'on n'eût pas dépassé, dans les expériences relatives à ce métal, le quatre-vingt-unième degré du thermomètre centigrade; mais, suivant la remarque de ces célèbres physiciens, l'acier trempé à froid doit éprouver probablement un commencement de recuit lorsqu'on chauffe à 81 degrés, et la dilatabilité doit se rapprocher graduellement de celle de l'acier non trempé, qui, comme on sait, est moins considérable. Quoi qu'il en soit, la dilatation totale de l'acier trempé entre o et 8in25 parut être de 0,0010067. [Voy. Annales de Chimie et de Physique, tome 1, page 10 1 et 101.)

On voit, par ces tables, que les corps solides se dilatent inégalement, bien que placés dans les mêmes circonstances ; l'étain se dilate plus que le cuivre , et le cuivre plus que le fer.

11 y a plus : MM. Dulong et Petit ont trouvé que chaque corps solide en particulier se dilate d'une manière inégale pour le même nombre de degrés pris sur les différentes parties de l'échelle thermomélrique , et que pat* conséquent la dilatation d'un de ces corps n'est jamais proportionnelle au degré de chaleur qu'il éprouve : elle croît avec la température; de sorte qu'un métal, par exemple, se dilate un peu plus en passant de 200 degrés à 3oo degrés, qu'en passant de 100 degrés à 200 degrés. Cet accroissement devient surtout très-sensible un peu avant la fusion du corps. On a trouvé que la dilatation du verre est plus prompte que celle du mercure. {V ojr. Annales citées plus haut, tome 11, page a54 et suivantes. )

La dilatation n'est pas le seul changement que les corps solides éprouvent lorsqu'ils reçoivent l'action du calorique, puisque tous peuvent passer à l'état liquide.

La conversion des corps solides en liquides s'opère, dit Thompson, tout d'un temps, et sans aucun intervalle entre la

ET DES MACHINES A VAPEUR. i/p solidité et la fluidité dans quelques cas; dans d'autres cas, cette conversion n'a lieu que graduellement. Le solide devient d'abord mou , et passe lentement par tous les degrés d'amollissement , avant d'être parfaitement fluide.

La conversion de la glace en eau est un exemple de changement dans le premier cas; à l'égard de cette substance , il n'existe pas d'état intermédiaire entre la solidité et la fluidité.

La fusion du verre, de la cire, du suif, etc., fournissent des exemples de changement dans le second cas ; car tous ces corps deviennent progressivement de plus en plus mous, avant d'être entièrement liquides. En général, tous les corps solides qui sont susceptibles de cristalliser ou de prendre la forme prismatique régulière, passent, suivant Thompson, sans intervalle de cet état à celui de fluidité ; tandis que ceux qui n'affectent pas ces formes se montrent successivement dans tous les états intermédiaires entre ceux de la solidité et de la liquidité parfaite.

Les corps solides ne commencent jamais à devenir liquides que lorsqu'ils sont chauffés à une certaine température : cette température est déterminée et bien connue pour la classe de ces corps dont le changement d'état se fait sans intervalle ; mais quoique à l'égard des autres elle soit également constatée, il n'est pas possible de l'évaluer avec la même précision, à raison du nombre infini de nuances d'amollissement que ces corps éprouvent avant d'arriver à leur plus grand état de fluidité; on peut néanmoins s'assurer que , dans cette dernière espèce de corps , la même température produit toujours le même degré de fluidité.

Les températures auxquelles le changement de la solidité à la fluidité a lieu sont indiquées sous diverses dénominations suivant l'état ordinaire du corps qui l'éprouve. Lorsqu'un corps

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est habituellement à l'état liquide , on appelle la température à laquelle il prend la forme d'un solide , son point ou son terme de congélation. Ainsi on donne ce nom à la température à laquelle l'eau arrive à l'état de glace. On désigne par point ou terme de fusion la température qu'exige un corps ordinairement à l'état solide pour sa liquéfaction.

On verra dans la table suivante les points de fusion de quelques corps solides, avec les noms des observateurs qui les ont déterminés ; nous extrayons cette table du Traité de Physique de M. Biot.

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