‹ Traité de Mecanique industrielle, ou exposé de la science de la mécanique déduite de l'expérience & de l'observation, principalement à l'usage der manufactures & des artistesChapitre 21 sur 73 · I.eslie · texte numérisé non relu

I.eslie

Le même.

Kirwan.

Le même.

Crawford.

Nous ne nous attacherons pas à montrer comment on est parvenu à former cette table ; nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer aux traités modernes de physique et de chimie. Nous remarquerons cependant, i\ que l'eau est de tous les

corps compris dans cette table, celui qui a le plus de calorique spécifique.

a0. Que le nombre qui correspond à chacun de ces corps ; le nombre 0,110 au fer battu, par exemple, indique qu'un poids donné de ce métal qui se refroidit t¥ un degré abandonne une quantité de calorique suffisante pour élever de o°, no la température d'un poids égal d'eau \ qu'un poids donné d'étain échaufferait de o°,o475 un poids égal d'eau; d'où il suit que pour élever de i degré la température du fer battu , il ne faut que les -^-rh de la quantité de calorique qu'exigerait une masse d'eau du même poids que le fer.

3°. Que pour connaître de combien la température d'un de ces corps serait élevée par un des autres qui se refroidirait de i degré , il faut diviser le nombre qui exprime la chaleur spécifique de celui-ci, par le nombre qui exprime celle de l'autre; le quotient donnera la valeur de l'augmentation de température. Ainsi pour savoir de combien une masse de fer battu , ijui se refroidirait d'an degré , élèverait la température d'un poids égal d'étain, il faut diviser o,t ioo par 0,047 5 \ 'e quotient exprimera cette valeur quelle que soit l'échelle dont on se serve, attendu qu'elle est la même pour les deux termes du rapport.

4°. Enfin si l'on multiplie, dit M. Biot , les nombres de cette table par ^ qui exprime la chaleur spécifique absolue de l'eau en degrés de Réaumur {Voy. éclaircissemens et développements, article 1. ), on aura le poids de la quantité de glace qu'un poids i de ces substances peut fondre en se refroidissant d'nn degré de cette même division ; que si l'on faisait la multiplication par ou on aurait le résultat analogue pour un degré centisimal. On trouverait ainsi la chaleur spécifique absolue des substances désignées dans la table précédente. Maintenant si nous récapitulons les faits principaux qui se

i5G DE LA VAPEUR COMME FORCE MOTRICE, sont présentés dans l'examen que nous venons de faire de l'action de la chaleur sur les corps solides et des phénomènes qu'elle produit, nous trouvons, i°. que tous les corps solides sont pénëtrables à la chaleur, sans l'être au même degré; que tous jouissent de la faculté de la conduire , de la transmettre , mais que cette faculté varie pour chaque corps.

2°. Qu'un corps pénétré de chaleur la perd par le contact et par le rayonnement, que l'état de la surface des corps et la pression du milieu environnant influent beaucoup sur la promptitude avec laquelle cette perte se fait, comme l'état de celte surface influe sur la facilité plus ou moins grande qu'ils ont de recevoir de la chaleur par voie de rayonnement , ou à distance.

3°. Que le calorique une fois arrivé dans un corps , tend de lui-même à en sortir pour établir l'équilibre de température qui finit par avoir lieu dans les corps compris dans un certain

4°. Que les corps solides se dilatent en général par la chaleur, mais inégalement, suivant leur nature et même suivant le degré de température pour un même corps; qu'ils passent de l'état solide à l'état liquide avec des quantités différentes de calorique.

5°. Que dans ce changement d'état , une partie de calorique se combinant avec le corps, n'est plus sensible au thermomètre et devient latente; que cette portion de calorique peut reparaître lorsque le liquide repasse à l'état solide; qu'une masse de glace à o de température exige un poids égal d'eau échauffée à 75 degrés centigrades pour se fondre, et que le mélange liquide qui en résulte est à ode température; d'où il suit que pour produire ce changement d'état il a fallu 75 degrés de chaleur qui est devenne latente.

6°. Que pendant le temps que dure la fusion du corps solide,

ET DES MACHINES A VAPEUR. l57

pendant le temps qu'il change d'état,sa température n'augmente pas, bien qu'il reçoive de nouvelles quantités de chaleur ; tout ce qu'il reçoit devient latent et disparaît pour les mesures thermométriques ; ce n'est que lorsque le changement d'état est entièrement opéré que la température commence à s'élever si le feu est continué.

7°. Enfin que les corps , bien qu'à la même température , ne possèdent point les mêmes doses de calorique j qu'une certaine quantité est affectée à chaque corps suivant sa nature et selon les changemens d'état qu'il éprouve, et qu'on appelle cette quantité affectée à chaque corps calorique spécifique; d'où il suit que pour élever un corps à une température déterminée, il ne faut pas la même dose de calorique que pour un autre corps ; qu'il en faut plus à un corps qui, par sa nature, a beaucoup de calorique spécifique , ou , si l'on veut , de capacité pour le calorique qu'à un corps qui en a moins ; qu'ainsi il faut moins de chaleur pour échauffer de l'étain à ioo degrés, par exemple, que pour échauffer le cuivre ou le fer battu.

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